mercredi 31 octobre 2007
Salaire du Président: arrêtons l'hypocrisie

Alors que la discussion budgétaire se déroule, on évoque la possibilité d'augmenter le salaire du Président de la République, voire même de le doubler. J'imagine les réactions que cela peut soulever dans l'opinion publique en terme de réprobation. Comment peut-on même évoquer un tel sujet alors que le pouvoir d'achat des Français est à la baisse. On peut toujours épiloguer sur ce thème et trouver de nombreux détracteurs. Sauf qu'il ne s'agit pas d'augmenter le salaire du Président mais de rendre sa rémunération plus transparente. En effet, à l'heure actuelle le Président de la République est payé la moitié de ce que touche son Premier Ministre et même moins qu'un Secrétaire d'Etat. A cette simple évocation, chacun comprend, sans même qu'on ait à développer, qu'il s'agit d'une situation pour le moins incongrue. Mais alors pourquoi donc un tel écart? Parce qu'il y a la rémunération officielle et celle qui ne l'est pas. Je vous rappelle, qu'il y a quelques années, les Ministres avaient vu leur salaire doublé pour mettre fin aux financements occultes qui provenaient des fameux "fonds secrets". Ainsi fut-il mis de la transparence dans les salaires ministériels mais en outre les Ministres ont-ils du déclarer au fisc leur rémunération réelle. Je trouve cela normal et juste. Aujourd'hui, et pour les mêmes raisons, il est question d'augmenter le Président de la République. C'est là une mesure saine et de bon sens démocratique où le contrôle et la transparence doivent primer.
D'ailleurs, le Député Socialiste René Dosières qui est un spécialiste du financement de l'Elysée et qui à de multiples reprises s'est élevé contre les pratiques de financement "non officiel" du Palais Présidentiel dans le passé, souhaite cette augmentation du salaire du Président, au nom de la transparence. Je me félicite qu'au moins un membre de l'opposition s'exprime dans ces termes car il ne s'agit pas, en l'occurrence du salaire de Nicolas Sarkozy mais de la rémunération du Président de la République Française d'aujourd'hui et de demain. Je souhaite qu'on évite de faire de la politique politicienne sur un tel sujet car cela conduit, dans une surenchère de mauvais aloi, à donner une mauvaise image de la politique alors que cette démarche souhaite instaurer plus de transparence. J'en appelle au sens des responsabilités de chacun pour que l'on puisse aborder l'examen de ce type de questions avec sérénité. Il y a, en effet, bien d'autres sujets qui suscitent l'affrontement pour qu'on ne le recherche pas systématiquement.
Ce billet, écrit à 06:30 par Rudy Salles dans la catégorie Politique a suscité :









