Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

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mardi 31 octobre 2006

La Justice en flottement

Après l'affaire d'Outreau qui a incarné le plus grand naufrage judiciaire que la France ait connu, jetant plusieurs personnes en prison pendant des années pour enfin les innocenter, l'émotion a été si forte que l'ensemble de la classe politique et médiatique a réagi. Tout le monde a condamné le système, pointé du doigt les responsables, adressé des messages de sympathie aux victimes, bref, il fallait réhabiliter l'honneur de la République qui venait d'être gravement atteint. Le Parlement a alors créé une Commission d'Enquête pour examiner le problème et proposer des solutions. Ce travail, fortement médiatisé, déboucha sur des propositions concrètes de réformes de l'institution judiciaire. Puis le Garde des Sceaux, qui assurait avoir entendu cet appel, indiquait qu'il fallait prendre un peu de recul pour pouvoir prendre les bonnes décisions, insistant sur le fait que ces décisions devraient être consensuelles. Mais passé le jour, éteints les sunlights de l'actualité, le sujet retomba, d'autres préoccupations venant occuper le devant de la scène. Ces jours derniers, à la faveur de quelques déclarations du Ministre de l'Intérieur, on reparla de la responsabilité des magistrats. Le Garde des Sceaux indiqua qu'on allait s'occuper de ce problème. Puis, après réflexion, il indiqua qu'il faudrait mieux agir après les élections, en dehors de toute agitation politique. Mais le Premier Ministre reprit l'intiative pour informer l'opinion que ce projet allait venir devant le Parlement dans les prochains jours. Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il y a manifestement un problème de lisibilité et de coordination au niveau du Pouvoir Exécutif sur ce sujet. Il semble que la campagne électorale approchant, chacun cherche à garder l'initiative. Mais, dans cette période de flottement on en est à se demander au juste quel est réellement le projet dont il s'agit et quelle leçon a-t-on tiré du naufrage judiciaire d'Outreau. Quelle vision a-t-on de la Justice de notre pays? Va-t-on, encore une fois, entreprendre une énième réforme de l'institution judiciaire? Avec quel résultat, quand on voit ce que les précédentes ont donné comme conséquences. C'est une réforme d'ampleur dont la Justice a besoin et des moyens suffisants pour réussir sa mission. Mais, ne nous faisons aucune illusion, ce chantier ne se réalisera pas sous ce mandat. On essaiera tout au plus de colmater les brèches les plus apparentes pour qu'il ne soit pas dit que l'on n'a rien fait. L'émotion est tombée...il semble que la volonté aussi!

lundi 30 octobre 2006

Violence : l’impuissance publique !

Un engin explosif blessant un pompier au stade du Ray à l’occasion de la rencontre Nice Marseille, des voitures brûlées tous les jours, des véhicules de police caillassés, des autobus incendiés et enfin celui de Marseille qui fera date dans la longue liste de ces violences quotidiennes. Une horde de voyous entrent dans un autobus, aspergent le véhicule d’essence, y mettent le feu et puis s’en vont. Immédiatement la panique s’empare des passagers qui s’enfuient comme ils le peuvent. Une malheureuse jeune femme a moins de chance et se trouve immédiatement immolée. Consternation, révolte, horreur devant autant d’atrocités. La population était jusque là habitée par le doute et l’incompréhension, elle est aujourd’hui envahie par la peur. Jusqu’où cette spirale peut-elle nous mener ? Que peuvent faire les pouvoirs publics. Après les déclarations d’indignation et de condamnation, le Ministre de l’Intérieur envoie des renforts de CRS. C’est bien mais cela suffit-il à régler les problèmes ? La réponse est non et d’ailleurs la démonstration nous en est faite chaque jour. Les pouvoirs publics, depuis près de 25 ans, nous apportent la preuve de leur impuissance. Y a-t-il manque de volonté de leur part ? Je ne le crois pas. En effet, chaque Ministre de l’Intérieur de droite comme de gauche a eu certainement à cœur de régler les problèmes mais ils sont enfermés dans leur logique d’affrontement droite-gauche. Il suffit que l’on propose pour que le camp adverse condamne. Pourtant la seule question qui devrait animer les politiques sur de tels sujets est de savoir si telle mesure peut être efficace pour régler un problème ou non. Et puis la réponse est beaucoup plus générale que ponctuelle. Pour régler de tels maux il faut rassembler le pays et engager un véritable « plan Marshall » touchant à l’école, l’emploi, l’intégration, la citoyenneté, l’urbanisme et la sécurité bien sûr mais pas seulement. Et dans ce débat il n’y pas de place pour l’affrontement droite-gauche, je dirais même qu’il faut le fuir pour aller enfin vers des résultats concrets. Car l’impuissance publique qui aujourd’hui paralyse notre pays favorise les extrêmes et mine la République. Et pourtant, la gauche et la droite vont oser vous dire, une fois encore, qu’ils pourront résoudre demain les problèmes, ce qu’ils n’ont pas réussi à faire depuis 25 ans. C’est exactement cela que dénonce François BAYROU en proposant l’union nationale afin de faire taire les affrontements inutiles. Ca n’est que par ces moyens, par ces nouvelles méthodes de gouvernement, que l’on arrivera à mener à bien les réformes dont le pays a besoin. Non je ne crois pas à la fatalité de la violence. Mais je suis certain que si l’on continue sur les erreurs commises par les deux camps qui gouvernent alternativement le pays, alors rien n’arrêtera cette spirale infernale. Prenez garde aux discours des candidats qui depuis 25 ans sont aux responsabilités de notre pays et qui voudraient vous faire croire qu’ils disposent de la clef des problèmes de la France. Si c’était vrai, alors pourquoi donc la situation se serait-elle dégradée à ce point ?

dimanche 29 octobre 2006

Un programme au fil de l'eau

La campagne interne au PS tendant à désigner un candidat pour les prochaines élections présidentielles est révélatrice de l'opportunisme auquel contraint un tel exercice. Je donnerai deux exemples pour illustrer mon propos. Laurent Fabius, tout d'abord, qui a décidé de porter le costume du candidat le plus à gauche des trois. Pourquoi pas? Sauf que certains se souviennent l'époque où il fut Premier Ministre et où il refusait d'avoir dans son Gouvernement des Ministres Communistes. Certains se souviennent aussi qu'il fut un Européen convaincu alors qu'il veut apparaitre aujourd'hui comme un Eurosceptique voir plus. Dans sa logique d'homme de gauche, il propose la généralisation des 35 heures et le SMIC à 1.600 euros tout de suite! On sent que la démagogie l'emporte sur la conviction ou alors il y a des retournements de tendances qui ressemblent à de la contorsion. Du côté de Madame Royal, ça n'est pas mieux. La candidate promène "sa suffisance" dans les réunions qu'elle daigne honorer de sa présence. Et alors, avec de grands airs, elle assène quelques réponses vides de sens et d'une démagogie affligeante. Jugez plutôt: Sur l'entrée de la Turquie, elle indique qu'elle est d'accord avec les Français. En fait, elle a toujours été favorable à l'intégration de la Turquie dans l'Union Européenne mais comme les Français sont contre, alors elle peut changer d'avis. Ce qui aurait été intéressant c'était pourquoi elle était pour hier, et pourquoi elle serait contre aujourd'hui. Mais n'insistez pas car vous pourriez la mettre en colère et elle trouverait très vite vos remarques sexistes! Autre proposition, elle souhaite soumettre les élus au contrôle de jurys populaires. Ainsi, le suffrage universel ne serait-il plus l'unique sanction de l'élu. Vous imaginez la floraison des jurys populaires, sortes de machines à dénoncer en permanence l'action des élus qui interviendraient à tout moment! Si on veut permettre aux extrêmes de voir leur popularité augmenter, alors il faut se diriger vers un tel système. On a l'impression que lesdits candidats sont poussés en permanence par un opportunisme qui tient lieu de programme. Je ne sais pas qui l'emportera à l'issue de cette compétition interne mais je puis dire, sans risque de me tromper, que cette affaire aura servi la démagogie, pas la démocratie.

samedi 28 octobre 2006

Pour qui Jack Lang prendra-t-il position? Un suspense insupportable!

Jack Lang avait affirmé qu'il serait candidat à la candidature pour la présidence de la République jusqu'au bout et quoi qu'il arrive! Il avait exigé du Premier Secrétaire du PS les 30 signatures nécessaires qu'il ne parvenait pas à obtenir tout seul. Elles lui furent accordées. Et puis, au moment de déposer sa candidature, il déclarait forfait. Il était d'abord passé par le bureau de François Hollande pour se mettre d'accord sur les termes de son retrait. Il apparaissait alors sur les écrans de télévision pour dire qu'il acceptait de jeter l'éponge à la demande de son Premier Secrétaire mais qu'il le faisait la mort dans l'âme. Voilà qu'aujourd'hui Jack Lang réapparait, non pour relancer sa candidature -il est trop tard- mais pour indiquer qu'il fera connaitre sa préférence pour l'un des candidats après la Toussaint. Il aurait pu le faire spontanément sans effet d'annonce préalable mais il préfère manifestement mettre cette annonce en scène, probablement pour attirer les regards vers lui et "négocier" son ralliement au mieux. Je ne suis pas dans le secret mais j'ai comme l'impression qu'une prise de position en faveur de Madame Royal tiendrait la corde. En effet, l'entretien préalable dans le bureau de François Hollande semble avoir été déterminant. Mais peut-être que la négociation n'a pas été assez approfondie et donc François Hollande mériterait un rappel à son bon souvenir. En indiquant que sa décision n'est pas prise, Jack Lang ferait-il monter les enchères pour être mieux considéré et avoir des assurances pour l'avenir. François Hollande a donc les cartes de Jack Lang entre les mains. Un soutien à Madame Royal est probable, c'est même une hypothèse qui tient la route. Ceux qui pouvaient penser que ce soutien s'appuierait sur des convictions en seront pour leurs frais!

vendredi 27 octobre 2006

Rencontre avec Kofi ANNAN

Accompagnant le Président BALLADUR à New York pour une mission ayant pour thème principal la situation au Proche Orient mais aussi la non prolifération des armes nucléaires, j'ai eu l'opportunité d'être reçu par le Secrétaire Général des Nations Unies Monsieur Kofi ANNAN. Ca n'était pas la première fois que je le rencontrais mais j'avoue que cette visite ne laisse jamais indifférent. En effet, l'ONU est critiquable, perfectible, souvent impuissante mais ça demeure la seule enceinte où se retrouvent tous les pays de la planète. C'est donc dans ce cadre que sont évoqués tous les problèmes géopolitiques du Monde et c'est également là que l'on essaie de les régler de façon pacifique. Et ceux-ci ne manquent pas actuellement: le Proche Orient, l'Afrique (notamment la situation en Côte d'Ivoire ou au Darfour), la Corée du Nord, l'Iran et je passe sur tous les autres sujets de préoccupations qui sont à l'ordre du jour du Conseil de Sécurité. L'occasion m'a donc été donnée de pouvoir exprimer mes inquiétudes relativement à la situation au Proche Orient et notamment à la question qui concerne le désarmement du Hezbollah. J'ai dit au Secrétaire Général de l'ONU que l'inefficacité de la FINUL risque de rendre sa mission dérisoire au regard du respect de la résolution 1701 du Conseil de Sécurité qui prévoit ce désarmement. Or un échec dans ce domaine tendrait à renforcer le Hezbollah et derrière lui son encombrant allié Iranien. Par ailleurs, j'ai souhaité attirer son attention sur la situation des otages Israéliens du Hezbollah qui ont été enlevés le 12 juillet dernier. Depuis lors, leurs familles, que j'ai rencontrées, n'ont plus aucune nouvelle: sont-ils en vie? sont-ils en bonne santé? Personne n'en sait rien. J'ai sollicité le Secrétaire Général de l'ONU pour qu'il puisse obtenir des nouvelles des otages en demandant qu'à tout le moins la Croix Rouge soit autorisée à leur rendre visite. Il m'a indiqué qu'il venait de nommer un médiateur chargé précisément de suivre cette situation et d'obtenir des informations les concernant avec en ligne de mire leur libération. Bien sûr cette intervention est une goutte d'eau par rapport aux enjeux du Proche Orient mais n'est-ce pas aussi la mission d'un Parlementaire Français, quand les Droits de l'Homme sont ainsi aussi ouvertement bafoués, de le rappeler à tous ceux qui, à un niveau ou à un autre, peuvent faire quelque chose?

jeudi 26 octobre 2006

Circulation danger!

Depuis plusieurs jours la presse fait état du danger que représente la circulation automobile devant certains établissements scolaires. En effet, les véhicules ne respectent pas la signalisation routière et roulent à vive allure au risque de provoquer des accidents. Et nous savons qu'aux abords des écoles ce danger est accru car les enfants traversent souvent la rue en courant et sans regarder. Pour ma part, je m'insurge que l'on puisse encore s'interroger sur les remèdes à apporter à une telle situation. La réaction de bons sens est d'installer des obstacles pour ralentir la circulation. La Ville de Nice s'y refuse au motif que les "dos d'ane" seraient interdits car il peuvent eux-mêmes constituer une source d'accidents et aussi poser problème pour les services d'urgence, notamment les ambulances. Néanmoins, il existe certains aménagements parfaitement adpatés à ce genre de situations et qui sont éprouvés dans d'autres secteurs de l'agglomération Niçoise. J'en veux pour preuve les plateaux traversants qui ont été réalisés sur la promenade du bord de mer de Cagnes sur Mer. Nous sommes là dans le cadre d'une voie à grande circulation où logiquement les "dos d'ane" sont interdits. Mais les plateaux traversants sont pourtant les bienvenus. Ils s'agit, en effet, de plateformes plus larges, légèrement dénivelées, qui ne peuvent causer d'accident mais qui obligent au ralentissement. Je ne comprends pas pourquoi ce qui marche à Cagnes ne pourrait fonctionner à Nice. En installant des plateaux traversants au droit des écoles Niçoises, on règlerait le problème de la vitesse des voitures et donc on renforcerait la sécurité des élèves et tout cela pour un coût extrêmement modeste. Il serait peut-être temps que le bon sens fasse école dans l'ensemble de l'agglomération et que le Président de la Communauté l'agglomération ait un oeil ouvert sur ce qui se fait au delà de sa propre commune...dans l'intérêt général!

mercredi 25 octobre 2006

Les pompiers en grève

Vous l'aurez remarqué comme moi, quand vous croisez un camion de pompiers, vous pouvez lire en grosses lettres blanches: "en grève". Rassurez-vous, cette grève est virtuelle et donc, les pompiers n'ont pas arrêté de travailler. Simplement, pour attirer l'attention du public, ils ont décidé de lancer ce mouvement qui en dit long sur les conditions de travail difficiles de cette profession. Au delà de la vétusté de certaines casernes (je pense à la caserne Hancy ou même à celle de Magnan), voire de celle du matériel, il faut reconnaitre la pénibilité des activités de sapeurs pompiers. Le stress, la précipitation dans le déclenchement des opérations, les risques auxquels les personnels sont exposés constituent des éléments de contraintes que l'on retrouve dans peu de professions. Ajoutez à cela le nombre de sapeurs pompiers victimes d'accidents du travail auxquels les Ministres viennent remettre, le jour de leurs obsèques, une médaille à titre posthume, avec discours de circonstance. Et bien justement, les pompiers expriment leur ras le bol devant cette situation et demandent que soit enfin reconnu enfin le caractère pénible et dangereux de leur profession. Ils ne demandent pas de la compassion. Ils ont choisi ce métier et ils l'exercent avec passion et dévouement. Pour autant, ils ont aussi une vie de famille, ils sont époux, pères de famille. Leur vie ne peut être mise en danger sans que les pouvoirs publics n'en tiennent compte. Alors, quand vous croisez un camion de pompiers, n'hésitez pas à envoyer un message ou un signe de sympathie à ces professionnels qui veillent sur notre sécurité. En espérant que très vite, leurs revendications seront entendues.

mardi 24 octobre 2006

Internet, utile pour la démocratie

J'ai été frappé, il y a quelques jours, par un e-mail envoyé par l'un des internautes visitant le site et le blog, qui me révélait les problèmes graves qu'il rencontrait. Il concluait en me disant: "je sais que vous ne lirez par mon e-mail et que vous n'y répondrez pas personnellement mais je vous l'envoie comme une bouteille à la mer". Dès réception de ce courriel, non seulement je répondais personnellement à l'intéressé mais je lui demandais de prendre contact avec mon secrétariat pour lui fixer un rendez-vous à ma permanence dès que possible. Je cite volontairement cet exemple pour vous dire que je tiens le plus grand compte des courriers électroniques que je reçois et mets un point d'honneur à y répondre. En effet, si Internet permet ce contact direct et personnel, il convient donc de ne pas faire semblant et de profiter de cette fenêtre de contact et de convivialité. Mais je tiens aussi à vous dire que les différents billets publiés sur ce blog ne sont pas l'oeuvre de mes collaborateurs mais sont l'expression de mes réflexions, de mes humeurs, de mes coups de gueule, de mes coups de coeur. C'est important pour moi de vous les faire partager comme c'est important de pouvoir lire ensuite vos réactions. Internet est un outil qui doit pouvoir rapprocher les gens et notamment dans le domaine politique. C'est pourquoi j'essaie de vous apporter chaque jour un point de vue, une information de façon à ce que mon site et mon blog constituent un forum vivant permettant de maintenir un lien entre vous et moi. Et le nombre croissant de visiteurs m'incline à penser que vous l'appréciez. Je l'apprécie aussi et je trouve ce moyen de communication extrêmement utile pour la démocratie.

dimanche 22 octobre 2006

35h : Le gouvernement n’a pas eu le courage d’entendre les propositions de l’UDF

Les difficultés auxquelles sont confrontées les hôteliers, les cafetiers et les restaurateurs à la suite de la décision du Conseil d’Etat d’annuler les dispositions règlementaires qui mettaient en œuvre l’accord sur les 39 heures dans la profession, sont la conséquence directe de la faiblesse et donc de l’incapacité de la majorité UMP et de ses gouvernements depuis quatre ans, de procéder aux révisions des lois Aubry sur les 35 heures.

Ces lois constituent une triple erreur : une erreur économique, car ces lois sont extrêmement coûteuses et malthusiennes, une erreur sociale, car elles empêchent ceux qui veulent travailler plus pour gagner plus de pouvoir le faire, une erreur culturelle car elles affaiblissent la valeur travail.

L’UDF, n’a cessé depuis 2002 d’exiger une adaptation en profondeur des lois Aubry. Hervé MORIN avait affirmé en octobre 2002 que la loi Fillon serait un coup d’épée dans l’eau. Aujourd’hui ce sont les hôteliers, les cafetiers et les restaurateurs qui vont devoir payer l’addition du manque de courage politique de la majorité.

La proposition de l’UDF est inchangée : maintenir la durée légale du travail à 35 heures tout en offrant la possibilité de pouvoir travailler 39 heures, en dehors du contingent d’heures supplémentaires, avec une bonification de 25% pour le salarié. Et pour que cela ne coûte pas plus cher pour l’entreprise, il faut également réduire à due proportion les charges sociales des entreprises.

La France ne peut espérer retrouver une croissance vigoureuse en restant le pays développé qui travaille le moins au monde, il faut casser le carcan des 35 heures.

samedi 21 octobre 2006

François Bayrou : un candidat très tendance

Je vous l’annonçais il y a quelques jours sur ce blog, la cote de popularité de François BAYROU est dans une courbe ascendante. En effet, dans le baromètre de Paris Match de la semaine dernière, le Président de l’UDF dépassait pour la première fois le Président de l’UMP. Ceci venait en quelque sorte confirmer une tendance que l’on peut constater depuis plusieurs semaines sur les sites et les blogs politiques sur internet. Cette semaine, Paris Match mesure, dans la publication d’un nouveau sondage, les intentions de vote. François BAYROU se situe aujourd’hui entre 12 et 15%, un résultat encore jamais obtenu par le candidat centriste. Je n’ai jamais tenu compte des sondages pour guider mon action politique, ça n’est donc pas aujourd’hui que je commencerai. Il ne faut donc pas croire que le résultat d’un sondage remplace une élection. Mais disons que cette concordance dans une tendance ascendante commence à interpeller les observateurs qui désormais considèrent que François BAYROU pourrait bien se retrouver au second tour.

En effet, dans la course à la présidentielle, les favoris de l’été Sarkolène et Ségozy, se sont déjà beaucoup agités et semblent marquer le pas. Il y a comme un phénomène d’usure ou de lassitude perceptible qui menace la suite de leur parcours. A contrario, François BAYROU incarne une « force tranquille », qui continue de tracer son sillon, en parlant de la France et des Français et en lançant des pistes sérieuses pour l’avenir. Cette démarche à la fois forte sur les convictions et modeste sur la forme, loin du tintamarre médiatico politique des autres, est en train de marquer la différence et d’entraîner l’adhésion de nos concitoyens. Je suis convaincu de la capacité à progresser de François BAYROU dans les intentions de vote ce qui devrait l’amener à se situer dans la fourchette des candidats qualifiables pour le second tour. Et alors, nous aurons droit à un vrai débat entre ceux qui se réclament de la rupture mais qui vivent du système depuis 25 ans et qui ont amené la France dans l’impasse ou bien François BAYROU qui proposera le vrai changement, celui d’une France que l’on écoutera enfin et qui osera prendre son destin en main, une France réconciliée et rassemblée qui fera fi des affrontements stériles droite-gauche et qui sera prête à faire face aux défis du futur. Voilà la démarche originale du leader centriste qui décidément est si différent des autres qu’il étonne et surprend agréablement les plus sceptiques d’hier. La classe politique parisienne, les journalistes changent d’attitude à son égard et commencent à respecter son combat, il était temps ! Les rangs de ses supporters augmentent de jour en jour. Alors, n’hésitez pas à nous rejoindre pour participer à cette belle aventure présidentielle. Vous êtes les bienvenus !

vendredi 20 octobre 2006

Le combat contre les sectes continue

Depuis 1995, le Parlement Français fait preuve de ténacité vis-à-vis du phénomène sectaire. En effet, j’ai participé en l’espace de 11 ans à trois commissions d’enquêtes sur les Sectes, une en 1995 intitulée « Les Sectes en France », une seconde en 2000 sur le thème « les sectes et l’argent », enfin la troisième, en cours actuellement, chargée plus spécialement d’étudier l’emprise des sectes par rapport aux enfants et de proposer des mesures pour renforcer la protection des mineurs face à ce fléau.

Longtemps, le phénomène sectaire a évolué dans notre pays, dans une relative impunité. S’agissait-il d’une complaisance de la part des pouvoirs publics ou de l’inadaptation des lois Françaises ? En réalité, ni l’un, ni l’autre. Les lois existaient mais n’étaient pas toujours appliquées avec fermeté vis-à-vis des sectes, non par indulgence, mais plutôt parce que les personnes chargées d’appliquer les lois n’avaient aucune formation sur le phénomène sectaire. A la suite de notre premier rapport de 1995, nous avons conclu à la nécessité de former les magistrats, les policiers, les gendarmes, les travailleurs sociaux, aux problèmes sectaires de façon à ce qu’ils sachent les appréhender lorsqu’ils y sont confrontés. C’est déjà une amélioration notable.

J’ai d’autre part fait adopter par l’Assemblée Nationale, à l’unanimité, une mesure permettant aux associations reconnues d’utilité publique luttant contre les sectes, de se porter partie civile en lieu et place des victimes. En effet, ces dernières sont souvent dans un état moral et psychologique affaibli ne leur permettant pas de porter plainte et ainsi aucune action n’est portée à la connaissance de la Justice. Par cette mesure, les affaires peuvent désormais être transmises à la Justice par un tiers. C’est un progrès considérable.

Enfin, nous travaillons actuellement sur la protection des mineurs face aux sectes. C’est un dossier très délicat car les mineurs sont sans défense et parfois sous la coupe de l’un ou des deux parents. Une fois encore, nous avons décidé de réfléchir pour proposer des mesures qui permettront, je l’espère, de desserrer l’étau dans lequel nombre de mineurs se trouvent enfermés. Car s’il est difficile de quitter une secte quand on est un adulte, c’est encore plus difficile quand on est un mineur et qu’on a parfois grandi dans cet univers. Le combat que je mène contre les sectes depuis 11 ans à l’Assemblée Nationale est un combat pour la liberté et pour la dignité de l’individu. Je suis heureux d’y participer et de constater que sur ce combat, il n’y a pas de place pour la politique politicienne puisque nous votons tous nos rapports à l’unanimité. L’UDF répète souvent que sur certains sujets, la droite et la gauche peuvent travailler ensemble sans tenir compte des clivages politiques traditionnels. Dans ce domaine, la lutte contre les sectes montre l’exemple.

jeudi 19 octobre 2006

Une ambiance surréaliste !

Les séances du mardi et du mercredi à l’Assemblée Nationale sont devenues des rencontres surréalistes. Officiellement la droite et la gauche sont unies ! La réalité est toute autre. Il vous suffit de lire les journaux, d’écouter la radio et la télévision pour juger de l’ambiance qui règne au sein de ces deux camps. Etant placé au centre de l’hémicycle, il m’est facile d’entendre les remarques qui fusent à droite et à gauche, d’observer ce qui se passe réellement voire d’imaginer ce qui se prépare. A gauche, les prétendants à la Présidence de la République mettent en scène leur entrée dans l’hémicycle. Laurent Fabius s’installe à son banc, celui des « éléphants », en bordure de l’allée médiane. Ainsi, les Députés socialistes qui vont s’installer à leurs places, sont-ils obligés de passer devant lui et de le saluer. Les caméras de télévision ne manquent pas d’immortaliser ces « brèves rencontres ». DSK, retrouve ses amis qui l’entourent pour montrer qu’ils feront bloc jusqu’au bout. La « Royal » enfin arrive souvent en retard pour se faire remarquer et ainsi ne pas se mélanger au tout venant des Députés de base ! Dans le groupe socialiste, les commentaires vont bon train. Nos collègues ne sont pas avares de propos assassins à l’endroit de leurs chers camarades.

Mais la palme revient tout de même à l’UMP. Quand le Président de l’Assemblée Jean Louis DEBRE entre dans l’hémicycle, il est annoncé par les huissiers et la tradition veut qu’on se lève. Députés et Ministres, saluent ainsi l’arrivée du Président à son perchoir. Je ne dis pas que nous faisons cet exercice avec cérémonie mais je crois déceler un certain agacement chez quelques uns de ceux qui, cinq minutes auparavant, distillaient des paroles assassines à l’endroit du Président de l’Assemblée. Les regards qui s’échangent entre le Président et certains Ministres ne débordent pas toujours d’affection, loin s’en faut. Entre Ministres, le climat ne relève pas non plus de ce que l’on appelle la « solidarité gouvernementale ». Une altercation entre le Premier Ministre et un ministre proche du Président de l’UMP dont je n’avais que l’image (de ma place je n’entendais pas les propos échangés entre les deux) confirmait que la cohabitation entre Sarkozistes et Chiraquiens n’est pas un long fleuve tranquille. Et parmi les Députés, l’ambiance n’est pas meilleure. Il y a ceux qui sont les porte-voix des uns et des autres. Ils ont pour mission de rajouter chaque jour un peu d’huile sur le feu politique. Ils réussissent très bien puisqu’ils sèment la brouille et que celle-ci se répand naturellement. Et puis ils font parler d’eux dans les médias, ce qui pour certains d’entre eux est tout de même le plus important : « ça n’est pas parce que l’on n’a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule » disait-on autrefois ! Mais il y a aussi la masse des Députés qui s’inquiètent de ce climat et qui essaient de se tenir à l’écart de cette agitation de peur de recevoir une « balle perdue ». C’est un exercice difficile car plus on se rapproche des échéances et plus il faut sortir du bois. Alors, les plus habiles, jouent sur les deux tableaux en espérant que ça ne se verra pas. Mais comme tout se sait, alors ils reçoivent régulièrement des menaces de mises à l’écart voire de refus d’investiture ou autre amabilité du genre.

Pour le centriste que je suis, c’est beaucoup plus facile : nous sommes unis derrière François BAYROU et nous préparons tranquillement notre campagne électorale en pensant simplement mais totalement à la France. Je sais que notre position commence à faire des envieux parmi nos collègues de droite comme de gauche. C’est ainsi mais pour autant la campagne sera longue et difficile alors ne nous laissons pas griser par cette ambiance relativement plus sereine qu’ailleurs et travaillons pour qu’en 2007 nous puissions être les acteurs du printemps de la France.

mercredi 18 octobre 2006

Il faut sauver le festival du Jazz de Nice

A la lecture du compte rendu du Conseil Municipal de Nice dans Nice Matin, je m’interroge sur les capacités de certains élus à traiter sérieusement de certains sujets. A l’évocation du « Nice jazz Festival », les interventions fusent de toutes parts pour « flinguer » cette manifestation : trop long, trop cher, pas assez de Jazz traditionnel, baisse de fréquentation, etc. On peut et on doit effectivement discuter de tous les sujets et surtout réfléchir sérieusement pour améliorer les manifestations organisées par la ville. Mais il faut éviter de dire n’importe quoi au risque de discréditer et donc de faire disparaître l’une des dernières manifestations populaires restant à Nice. Je rappelle pour mémoire que depuis l’élection de l’actuel Maire de Nice, c'est-à-dire depuis 11 ans, le nombre de manifestations supprimées, qui pourtant assuraient une réelle renommée à notre ville et offraient de vrais divertissements, est très important. La rencontre d’Athlétisme « Nikaïa » a disparu pour laisser la place à une manifestation du même type à Monaco « Herculis », le Festival International du Folklore qui était le plus ancien festival d’Europe et qui animait la ville dans la seconde moitié du mois de juillet a été supprimé, les batailles de fleurs qui se déroulaient sur la promenade des Anglais durant les deux mois d’été ont été sacrifiées, le Carnaval est quant à lui réduit à sa plus simple expression et a été prié d’éteindre ses illuminations de la Place Masséna dont il a été chassé. Je pourrais continuer cette liste qui apporte la démonstration que l’animation de Nice, ville touristique, ne semble pas être une priorité pour le Conseil Municipal.

Cette fois c’est le Festival du Jazz qui est sur la sellette. Cette manifestation est l’une des plus anciennes dans ce registre mais aussi l'une des plus renommées. Elle a changé plusieurs fois de nom et de formule mais elle a toujours essayé de garder un aspect populaire où les Niçois et les touristes aiment à se retrouver. Il y a les nostalgiques du Conseil Municipal qui regrettent le bon vieux temps où les grands noms du Jazz, venant de la Nouvelle Orléans, se succédaient sur les scènes de Cimiez. Il se trouve que nul n’est éternel et que ces vedettes ont aujourd’hui disparu. Ce type de musique tient d’ailleurs désormais « Festival » au Théâtre de Verdure à la fin de l’été sans toutefois attirer les foules. Entendre le représentant du Front National défendre l’ancien festival est bien normal car il a, tout comme son parti, du mal à se projeter dans l’innovation. Mais on ne peut pas vivre de nostalgie en regardant seulement dans le rétroviseur de ses souvenirs. La Gauche quant à elle émet des critiques sévères qui, si on les suivait, tendraient à la disparition dudit festival. Parmi les orateurs du PC et du PS on a l’impression que l’animation de la ville ne compte pas et qu’il faut uniquement attaquer cette manifestation pour donner l’impression d’exister. Triste débat entre des gens qui n’y connaissent pas grand-chose mais qui ont une parcelle de pouvoir et qui entendent s’en servir, y compris à mauvais escient. Il faudrait un peu plus d’humilité de leur part mais aussi, si ce n’est pas trop demander, de l’imagination.

Certes le Festival du Jazz de Nice, comme les autres festivals, est devenu la rencontre de styles musicaux très différents. Mais le Jazz n’est pas seulement une musique, c’est aussi un état d’esprit, un souffle de liberté. Et cette liberté, on la retrouve non seulement dans les programmations mais aussi dans la conception même de ce Festival. En effet, la promenade musicale au Festival du Jazz à Cimiez est toujours un moment de découverte. Chacun choisit librement son style de musique, son lieu scénique (les Arènes ou le Jardin), sans oublier les nombreuses haltes buvettes, sandwich, socca ou pan bagnat que l’on trouve en abondance. On peut être adepte d’un spectacle assis ou couché dans l’herbe, c’est aussi cela l’esprit de ce festival, petit « woodstock » du Jazz en ville ! Alors arrêtons cette charge inutile et cherchons plutôt à renforcer cette manifestation et non à la détruire. Cette évolution est une règle qui s’impose à tous les Festivals de Jazz en France, ça n’est pas une raison pour les supprimer. Et si à Nice on prenait cette responsabilité, et bien j’ai cru comprendre que du côté de la Pinède de Juan les Pins on se frotterait les mains en disant, qu’une fois encore, la Mairie de Nice n’a rien compris.

mardi 17 octobre 2006

O Jérusalem: émotion et espoir

La projection du film O Jérusalem que j'ai organisée en avant première à Nice hier soir fut un moment d'intense émotion. Devant une salle comble, le film pouvait commencer à dérouler la période de temps qui a vu la création de l'Etat d'Israël. Cette fresque magnifique montrant des femmes et des hommes sacrifiant leur jeunesse, leur vie à la réalisation d'un idéal, d'un projet qui les dépassait, celui de rendre au peuple juif la terre de leurs ancêtres, nous fait vivre cet engagement et nous le fait partager. L'émotion était perceptible dans la salle car la force des images et la ressemblance des personnages donne à ce film toute sa crédibilité. Mais au delà, Elie Chouraqui nous raconte la vie des hommes qui ont été les acteurs de cette aventure. Il y avait là des Juifs mais aussi des Palestiniens, souvent unis par des liens d'amitiés et qui se sont retrouvés ennemis, face à face, dans un affrontement qu'ils n'auraient pu imaginer. La guerre est un comportement que l'homme cultive depuis trop longtemps pour qu'on puisse imaginer sa prochaine disparition. Néanmoins, je pense que la guerre ne peut être une fin en soi et que la seule fin acceptable d'un conflit doit être la paix. C'est aussi le message de ce film. Bien sûr l'oeuvre de Dominique Lapierre et de Larry Collins dont est tiré ce film a été écrite il y a plus de trente ans. Beaucoup d'affontements se sont déroulés depuis, le terrorisme s'est développé, les positions se sont radicalisées. Et pourtant, au delà de cette conjoncture qui est défavorable, il faut continuer de rêver de paix et de se mobiliser pour que celle-ci trouve sa voie. Les Israéliens et les Palestiniens ont vocation à demeurer sur cette terre du Proche Orient et donc à vivre côte à côte sinon ensemble. L'europe qui fut un immense champ de bataille a su panser ses plaies, se réconcilier et même créer un espace de paix et de prospérité solidement basé sur le respect des Droits de l'Homme et de la Justice. C'est pourquoi je crois, plus que jamais, au rôle que nous devons pouvoir jouer au Proche Orient pour faire comprendre que la paix est nécessaire et qu'elle est même la seule issue possible pour assurer le bonheur des peuples.

lundi 16 octobre 2006

Débattra, débattra pas?

Au fur et à mesure que l'on se rapproche des échéances, les candidats doivent accepter de descendre dans l'arène. Et la première arène de Madame Royal c'est le Parti Socialiste. En effet, il ne suffit pas d'apparaitre dans les magazines à grand tirage ou de dire deux phrases en créole sur une tribune à la Réunion pour avoir l'étoffe d'un Chef d'Etat. Il y a quelques obstacles à franchir qui permettent de vérifier les capacités des uns et des autres à répondre aux problèmes du pays. Et la première de ces étapes, c'est la série de débats qui doivent se tenir au sein du PS pour départager, aux yeux des militants, les trois candidats en lice. Après des semaines de négociations pour savoir si la presse y participerait et dans quelles conditions, si les trois candidats seraient face à face, alignés ou décalés, s'ils dialogueraient entre eux ou bien s'ils n'auraient à répondre qu'à un journaliste, voire à personne, négociations où rien n'a été laissé au hasard ni la lumière, ni la hauteur des pupitres ou de l'estrade, ni la couleur du décor, après donc des discussions sans fin où parait-il les représentants de Madame Royal ont été les plus exigeants, il semble que cette dernière menace tout simplement de ne pas participer à certains de ces débats, ou même de ne participer à aucun d'entre eux. Curieuse façon de respecter les règles édictées par le parti dont elle est membre, qu'elle a d'ailleurs approuvées, parti dont, rappelons-le pour mémoire, son compagnon est le premier secrétaire. Cette attitude réjouit ses concurrents qui y voient la manifestation d'une faiblesse. Elle révèle les fragilités de Madame Royal à se déplacer du camp de l'image à celui des idées. D'ailleurs, ses récentes positions -on devrait plutôt dire son absence de position- sur l'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne, sont révélatrices des carrences de cette candidate sur les sujets qui relèvent directement de la Présidence de la République. Alors débattra, débattra pas? Le fait même qu'elle puisse se poser la question écornera durablement l'image de dialogue que Madame Royal veut se donner. Ne pas accepter de dialoguer au sein du PS où elle compte, en principe plus d'amis que d'adversaires, est annonciateur de ce que pourraient être demain ses attitudes quand il faudrait dialoguer avec les Français qui la ménageraient certainement beaucoup moins que le premier secrétaire du PS et ses militants!

dimanche 15 octobre 2006

Stade: bruit et confusion politique

Après les avatars rencontrés par l'ex futur stade de football de Nice, on pouvait s'attendre à une agitation politique soutenue. Sur ce plan, on n'a pas été déçu. Cela a commencé il y a quelques jours, avec les états d'âme au Parti Socialiste. En effet, le conseiller municipal qui avait, conjointement avec le préfet, saisi le Tribunal Administratif, déclarait dans la presse, être menacé par des gens qui lui reprochaient d'avoir contribué à faire capoter le projet. Il ajoutait qu'il n'avait dans cette affaire reçu aucun soutien de ses propres amis. En effet, il semble que certains étaient tiraillés entre la nécessité de faire respecter la légalité et le désir d'être agréables aux supporters. Le PS évolue dans l'ambiguité de ceux qui participent à toutes les commissions municipales sans manifester quelque réserve et qui soudain se rendent compte qu'ils se sont laissés enfermer dans un système sans le dénoncer.

Et puis est venu le temps du Conseil Municipal. Cette tribune a permis à la gauche de porter une nouvelle fois la charge contre Monsieur PEYRAT, ce qui est de bonne guerre. Pendant ce temps, la majorité municipale se tait, apportant ainsi son soutien au Maire dans une affaire pour le mois aventureuse: la délibération concernant ce dossier ayant été annulée par le Tribunal Administratif ainsi que par la Cour Administrative d'Appel et par ailleurs une information judiciaire ayant été ouverte par le Procureur de la République pour "favoritisme". Alors le débat s'est enflammé. Le Maire à court d'argument veut rendre tout le monde responsable solidairement, ce que ses opposants refusent. Le ton monte...Le Maire rappelle l'époque où il combattait la gauche du temps de la guerre d'Indochine! On croit rêver...Mais avec de tels arguments il ne faut pas s'étonner que le représentant du Front National retrouve quelques vieux réflexes pour soutenir son ancien compagnon de route puisque l'actuel Maire fut le responsable de ce parti d'extrême droite pendant de longues années.

Pendant ce temps, la vie des Niçois continue mais il sont de plus en plus écoeurés par ces postures. Nice a besoin d'un nouveau stade mais avec cette bande de politiciens, ce projet est aujourd'hui en panne. Le Maire autocrate a amené le Conseil Municipal sur une mauvaise orientation. Ce projet avait en effet toutes les chances d'échouer mais personne n'a osé le dire publiquement. La majorité municipale toujours prompte à critiquer le Maire dans son dos se précipite officiellement pour le soutenir sur tous les projets sans la moindre gêne. La gauche de son côté s'agite sans apporter aucune contre proposition. La ville a grand besoion d'une alternance crédible, imaginative et ambitieuse pour son avenir. Ca n'est certainement pas dans les élus qui siègent aujourd'hui au Conseil Municipal qu'elle la trouvera.

samedi 14 octobre 2006

Un changement de tendance est perceptible

Chaque semaine nous amène son lot de sondages en tous genres qui nous indiquent la « tendance du moment ». Depuis quelques mois, ces enquêtes nous semblaient toutes sur le même modèle : hors Sarko-Ségo, point de salut ! Il y avait les stars des sondages, et les autres auxquels on ne s’intéressait pas. Il suffisait de dire quelles étaient les performances de ces deux candidats pré sélectionnés et ainsi il n’était pas besoin d’aller plus loin dans le détail. Mais voilà, il arrive que même les sondages souvent commandés « sur mesure » doivent tenir compte des tendances lourdes qui se dessinent dans l’opinion. Il est vrai que jusqu’alors, il y avait Sarko l’hyper actif, Monsieur « une idée par jour » qui captait la lumière des médias. Comment l’éviter, le tout puissant Ministre de l’Intérieur, des Collectivités Locales, de l’Aménagement du Territoire, Président du Département des Hauts de Seine, Président de l’UMP avait toujours quelque chose à dire et sur tout sujet. La presse couvre l’information et la diffuse. A force, cette diffusion s’apparente à du matraquage. Un exercice qui, à la longue, a tendance à lasser le citoyen qui a besoin de respirer un peu, d’y voir plus clair entre ce qui est de l’information et ce qui n’est que de la communication. Cet essoufflement commence à se manifester, ce qui permet au clan Chirac de souffler sur les braises. Il n’en faut pas plus pour que la côte de popularité décroche et donne la « migraine » au Ministre de l’Intérieur. Du côté de Ségo, le schéma est différent. Ca n’est pas un sujet par jour mais une posture et des photos quotidiennement. Pour ce qui est de la pensée profonde de la candidate, je vous renvoie à sa position sur l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne, elle répond : je suis d’accord avec les Français ! N’importe quel Député de base ferait une réponse plus argumentée, pas elle. C’est inquiétant de la part de quelqu’un qui prétend diriger la France.

J’ai donc cité ces deux candidats qui se disputent le « star système de la politique » car le baromètre de Paris Match de cette semaine leur trouve un point commun : des sondages à la baisse : -6% pour Sarko, -1% pour Ségo. Mais il faut noter que dans le même temps la côte de ceux qui ont des choses à dire, DSK ou Bayrou augmente de façon significative. Le leader centriste voit même, pour la première fois, sa côte de popularité dépasser celle du président de l’UMP. Ca n’est qu’un sondage de plus, ça n’est qu’une image instantanée mais c’est néanmoins un retournement de tendance assez spectaculaire qui mérite d’être souligné. Pour François Bayrou c’est aussi la confirmation de ce que traduisent les blogs et autres sites internets politiques depuis déjà plusieurs semaines. Bien entendu, il faut lire ces sondages avec beaucoup de recul et garder la tête froide car les sept mois qui nous séparent de l’élection présidentielle représentent une période assez longue pour modifier les rapports de force actuels. Mais il est peut-être temps de s’intéresser à autre chose qu’aux deux candidats pré sélectionnés du départ car il se pourrait qu’ils ne soient pas en situation à l’arrivée et que d’autres viennent troubler leur jeu. Alors soyons attentifs et vigilants car c’est maintenant que les choses sérieuses vont vraiment commencer.

vendredi 13 octobre 2006

Génocide Arménien : De l’application de la Loi

En 2001, la première Loi du XXIème siècle fut la reconnaissance du Génocide Arménien, le premier Génocide du XXème siècle. Ce fut alors un très beau débat qui éleva la pensée des parlementaires pour parler non pas de politique mais de la dignité humaine. Chacun des discours prononcés à la tribune de l’Assemblée Nationale fut remarquable de mesure, de justesse et d’émotion. A la sortie de l’hémicycle, nous étions fiers d’avoir agi de la sorte malgré les pressions du Président de la République, du Premier Ministre de l’époque Lionel Jospin mais aussi de toutes sortes de groupes qui tentaient de nous intimider afin de nous faire changer d’avis.

Cinq ans plus tard, nous venons de voter une nouvelle Loi qui introduit des sanctions à ceux qui nient le Génocide Arménien. Les mêmes pressions qu’en 2001 nous ont été adressées. Nous avons répondu avec la même détermination. Il ne s’agit pas pour nous de dire l’histoire, il s’agit simplement de compléter la loi de 2001 qui était restée inachevée et qui désormais prend les traits d’une législation cohérente. A la fin du débat, le public situé dans les tribunes du Palais Bourbon qui avait suivi attentivement cette séance a laissé éclater sa joie en applaudissant, ce qui ne se fait jamais en ce lieu. On entendait même nos compatriotes d’origine Arménienne lancer à haute voix « Vive la France », des clameurs qui fusaient, des visages qui rayonnaient, nous nous sommes mutuellement applaudis pendant dix bonnes minutes. A la sortie, nos amis d’origine Arménienne pleuraient, riaient, se regardaient incrédules en disant « cette fois c’est fait ». Cette fois effectivement, la mémoire de leurs parents victimes du génocide allait enfin pouvoir être défendue par la Loi Française et par les tribunaux. C’est un progrès extraordinaire mais ça n’est pas la fin de ce combat. Il faut désormais que ce texte soit voté dans les mêmes termes par le Sénat. Et là, nous savons bien que tout sera mis en œuvre pour l’empêcher d’être inscrit à l’ordre du jour. Mais ne gâchons pas notre plaisir, le vote de l’Assemblée est un premier pas qui va dans la bonne direction. Il a fallu de la détermination pour vaincre les différents obstacles qui ont semé notre parcours. Nous aurons la même foi pour faire sauter les prochains verrous.

jeudi 12 octobre 2006

Condamner les négationistes du génocide Arménien

Aujourd'hui, nous discutons à l'Assemblée Nationale une proposition de Loi socialiste relative à la condamnation des négationistes du Génocide Arménien. Une première tentative avait été proposée à la discussion de l'Assemblée au printemps dernier. Mais pour des raisons "d'encombrement de l'ordre du jour", le texte n'avait pas pu être voté. En réalité, il s'agissait d'un artifice pour nous empêcher de légiférer car au plus haut niveau de l'Etat, la Présidence, le Gouvernement, la Présidence de l'Assemblée mais aussi les Présidents des Groupes Socialistes et UMP, il y avait une volonté commune de nous empêcher de légiférer sur ce sujet. Déjà, en 2001, la reconnaissance du Génocide Arménien avait été un long et rude combat. Les menaces, en provenance de Turquie n'avaient pas manqué. Nous étions "bombardés" de "spams" par milliers sur nos ordinateurs afin de nous intimider et nous faire éventuellement changer d'avis. Rien n'y fit. Nous avons tenu bon et avons légiféré pour que cet événement historique soit enfin reconnu. Cette Loi est un peu la sépulture des 1.500.000 arméniens sacrifiés lors de ce premier génocide du XXème siècle. Nous voulons aujourd'hui compléter cette Loi en instaurant des sanctions contre ceux qui nient ce génocide. Les mêmes menaces qu'en 2001 se manifestent auprès de nous. Mais nous sommes déterminés à faire passer la vérité avant quelque intérêt d'Etat que ce soit. D'autant que lesdites menaces, curieusement, s'évanouissent une fois le vote intervenu. Alors nous allons nous battre dans l'hémicycle pour pouvoir discuter et voter ce texte de Loi. A moins qu'un artifice de procédure ne nous en empêche...

mercredi 11 octobre 2006

Plus de cigarette dans les lieux publics

Je me réjouis de l'annonce faite par le Premier Ministre d'interdire dès 2007 le tabac dans les lieux publics. En effet, chacun sait combien la consommation active ou passive du tabac représente un danger pour la santé. Nombre de personnes qui ne fument pas mais qui subissent la fumée des autres sont malades du tabac. Il faut donc désormais prendre les mesures pour que cette situation cesse. Je comprends l'inquiétude de certains commerçants qui ont peur de perdre des clients qui refuseraient d'éteindre leur cigarette dans les bars, les restaurants ou les boites de nuits. Néanmoins, dès lors que cette mesure est de portée générale, elle ne va pas empêcher les gens de vivre, au contraire, tout au plus contraindra-t-elle à changer certaines habitudes. J'en veux pour preuve ce qui se passe dans des pays voisins de la France, l'Italie et l'Irlande. Dans la péninsule, le tabac a été interdit dans les lieux publics avant la France de même que la fumée est désormais proscrite des pubs Irlandais. Cela paraissait impensable avant que les mesures ne soient prises. Certains annonçaient même l'impossibilité de les appliquer sur le terrain. Et bien non seulement ça marche mais en outre cela n'a rien changé au chiffre d'affaire des commerces concernés. Alors je crois qu'il faut se rassurer sur les conséquences d'une telle mesure. Il faut surtout dire et répéter que l'interdiction du tabac dans les lieux publics va contribuer à sauver de nombreuses vies humaines et que cela n'a pas de prix. Ca n'empêchera pas les Français de sortir et de faire la fête, d'apprécier un bon repas dans un restaurant ou un "petit noir" sur le zinc. On peut effectivement tout faire sans être obligé de s'intoxiquer en tirant sur une cigarette et en viciant l'air que respirent nos voisins. Alors je dis à tous les fumeurs, à tous ceux qui envisagent d'arrêter de fumer et qui chaque jour cèdent à la tentation de ces quelques bâtonnets blancs, à tous ceux que leurs enfants implorent de jeter leur cigarette, qu'ils auront bientôt un bon prétexte pour le faire définitivement. Mais s'ils sont encore plus raisonnables, plus forts de caractère et n'aiment pas s'en laisser imposer, alors ils peuvent arrêter de fumer tout de suite, personne dans leur entourage ne leur en voudra! Au contraire, ils apparaitront comme des exemples à suivre aux yeux des autres et notamment aux yeux de leurs enfants. Et ça compte le regard qu'un enfant porte sur ses parents.

mardi 10 octobre 2006

Des sondages en forme de trompe l'oeil

L'approche des présidentielles enfièvre le pays. Les sondages annoncent jour après jour tout et le contraire. En l'espace d'un week-end Nicolas Sarkozy baisse dans le Figaro Magazine du samedi et augmente dans le Figaro du lundi. Comprenne qui pourra! Je préfère ne pas perdre mon temps à chercher à comprendre des balivernes qui n'ont qu'un but: faire vendre des journaux. Je ne suis pas sur que ces méthodes renforcent la démocratie. Ce qui est vrai en France l'est aussi dans d'autres pays. Il y a 15 jours la presse Brésilienne annonçait la victoire au premier tour du président sortant Lula da Silva. Alors qu'il y a eu ballotage, on commence à nous annoncer une défaite possible. En Belgique, les sondages et la presse donnaient l'extrême droite gagnante à Anvers. Le résultat des élections montre que non seulement le candidat d'extrême droite est battu mais en outre que le résultat de cette mouvance est moins bon que la dernière fois dans cette même ville. Tout cela pour dire que l'intox va aller bon train pendant toute la période électorale. Je compte sur le bon sens des Français pour résister à cette propagande et faire leur choix en toute indépendance d'esprit. Je dirais même à ceux qui croient que les jeux sont fait dans leur propre parti d'y prendre garde. En entendant Monsieur de Villepin annoncer la possibilité d'un second candidat issu de l'UMP lors des prochaines présidentielles, je subodore qu'il y a là plus qu'un effet d'annonce mais plutôt une stratégie. Chacun sait bien que dans l'entourage de Jacques Chirac, le mot d'ordre est TSS (tout sauf Sarkozy). Et il semble qu'en l'exprimant sur le plateau de RTL dimanche, le Premier Ministre a commencé à lever le voile. Et ça n'est qu'un début me dit-on. Alors je laisse à ceux qui pensent que pour 2007 "c'est plié" la légèreté de leurs propos. L'élection présidentielle devra intégrer de nombreux paramètres: le moral des Français, leur volonté de tourner la page, leur souhait de faire confiance à une nouvelle équipe mais aussi les pièges tendus non seulement par les adversaires d'un camp contre l'autre mais aussi par le camp de chacun des candidats. Et à l'UMP comme au PS les coups bas ne vont pas manquer...

lundi 9 octobre 2006

Un refus de visa honteux!

Il y a des moments qui sont faits pour la réconciliation. Et certains événements, voire des oeuvres culturelles, peuvent y contribuer. On aurait tort de s'en détourner quand ces moments se présentent car le travail de réconciliation entre les hommes doit être une priorité. Le film "Indigènes" primé au Festival de Cannes s'inscrit dans ces contributions. On pourra toujours s'interroger sur la longueur du temps qui aura été nécessaire pour reconnaitre le rôle joué par par les "coloniaux" dans la défense de la France quand elle fut gravement menacée. Ce film est plus qu'un chef d'oeuvre cinématographique, il est un appel à la réconciliation et à l'amitié entre des peuples qui se sont aimés, déchirés, combattus, haïs et qui ont vocation à se retrouver pour s'aimer à nouveau. Les politiques Français ont ainsi réagi, les artistes aussi. Je suis heureux quand des comédiens d'origine maghrébine se mettent à entonner "C'est nous les Africains" que les Pieds-Noirs considéraient comme leur deuxième hymne après la Marseillaise. Je suis heureux également quand je vois Djamel Debbouze faire la Une d'un grand hebdomadaire sur fond de drapeau tricolore en proclamant son amour de la France. Cela n'enlève rien aux sentiments symétriques qu'il peut porter au pays de ses racines. Mais c'est un lien fort d'amitié entre des peuples qui se connaissent bien et qui ne peuvent se tourner le dos. Debbouze est allé présenter le film au Maroc où il a rencontré un succès formidable. La tournée devait se poursuivre en Algérie où une avant première était prévue à Alger avec le même Djamel Debbouze. Malheureusement pour Debbouze la tournée Algérienne ne se fera pas car les autorités de ce pays lui ont refusé un visa. Ce refus, non motivé, montre la dérive des autorités Algériennes actuelles. Il y avait eu un précédent il y a quelques années avec le même refus de visa au chanteur Enrico Macias qui voulait venir chanter la paix et la réconciliation. Ajoutez à cela les discours anti Français régulièrement diffusés par ceux-là mêmes qui refusent ces visas et qui qualifient les Harquis de "collabos". Je pense qu'il s'agit plus des soubresauts d'un régime politique à bout de souffle que de la volonté d'un peuple. J'espère de tout coeur que cette page de l'histoire politique de l'Algérie sera bientôt tournée car les peuples Français et Algériens méritent mieux que ces postures d'un autre temps.

dimanche 8 octobre 2006

Il faut un Islam à la Française

J'étais invité dans l'émission "La voix est libre" sur France 3 Méditerranée sur le thème de la place de l'Islam en France. Sujet sulfureux pour les uns, difficile pour les autres, explosif pour certains. Je crois qu'il faut savoir raison garder et examiner cette question telle qu'elle se pose. Premier point: il y a environ cinq millions de musulmans en France dont la plupart sont de nationalité Française. Deuxième point: il n'y a quasiment pas de mosquées, c'est à dire de lieux de cultes officiels répondant à la demande des fidèles de cette religion. Mais si vous dites qu'il faut des mosquées en France, alors vous avez une grande partie de l'opinion publique souvent appuyée par certains politiques irresponsables, pour dire le contraire. La première question que je pose à ceux qui refusent ces réalisations est la suivante: n'existe-t-il pas aujourd'hui des lieux de prières dans nos villes? la réponse est oui. Mais ce sont des lieux situés dans des caves, dans des garages, sans aucun contrôle sur ce qui s'y passe ni sur les messages qui y sont diffusés. Nous voyons bien que cette situation ne peut plus durer, car non seulement elle est inacceptable pour les fidèles mais en outre elle est dangereuse pour la Société génèrant de l'extrémisme. Donc le meilleur moyen d'en sortir est de créer des mosquées ayant pignon sur rue, ouvertes sur la société, où les imams parleraient en Français et dont les prêches seraient également dits en Français. En tant qu'élu, je suis régulièrement invité aux fêtes des religions catholique, juive, protestante, othodoxe, arménienne. En revanche, je ne le suis pas pour le ramadan, faute d'un lieu officiel représentant la religion musulmane. Cette absence de dialogue ajoutée aux dérives islamistes auxquelles on assiste dans le monde répandent une véritable psychose dans nos populations. La présence de lieux de prières clandestins renforce ce sentiment. Il faut en sortir et mettre l'Islam au niveau des autres grandes religions monothéistes. Cela suppose des efforts de la part de tous les acteurs. L'opinion publique et les élus doivent accompagner cette évolution et l'encourager. Les musulmans doivent comprendre que pour réussir ce pari il faut rendre l'Islam intelligilble par tous. Ils doivent condamner avec la plus grande fermeté les déviances islamistes pour marquer leur refus de l'extrémisme. Il faut également assurer le financement transparent des lieux de cultes et faire en sorte que des imams Français soient formés: l'Islam ne doit pas apparaitre comme une religion sous l'influence de pays tiers mais comme un culte que chacun vit dans son coeur, dans son âme, en toute indépendance dans cette France terre de liberté, de tolérance et de fraternité. Enfin, et je crois que cette condition est très importante, les mosquées doivent être des lieux non seulement cultuels mais aussi culturels ouverts vers l'extérieur. C'est ce qui se passe, par exemple, à la mosquée de Paris et je n'ai jamais entendu quiconque se plaindre de son implantation. Dès lors que les non musulmans pourront pénétrer dans ces lieux pour mieux découvrir ou comprendre la culture de l'autre et que les musulmans sauront se montrer ouverts à ce dialogue, alors je suis convaincu que la situation s'améliorera. Notre responsabilité d'élus n'est pas de monter les citoyens les uns contre les autres mais de les aider à vivre en harmonie dans le respect des lois de la République.

vendredi 6 octobre 2006

Le droit de savoir

Au cours de la session du Conseil de l’Europe, j’ai reçu Madame Karnit GOLWASSER qui est l’épouse de Ehud GOLDWASSER, l’un des deux soldats Israéliens enlevés par le Hezbollah le 12 juillet dernier. Cette jeune femme s’est mariée il y a un an et espère pouvoir fonder une famille. Malheureusement, depuis le 12 juillet, elle n’a plus aucune nouvelle de son mari. Elle l’espère en bonne santé mais elle croit savoir qu’il aurait été blessé. Elle ne vit plus que pour obtenir la libération de son mari avec dans le regard des sentiments mêlés d’inquiétude et d’espoir. Cette affaire est inadmissible et met l’éclairage sur les méthodes du Hezbollah que certains voudraient nous dépeindre comme un mouvement politique presque banalisé. Alors qu’Israël a totalement évacué le Liban, le Hezbollah ne donne aucun signe tendant à la libération des otages qu’il détient. Et que l’on ne vienne pas faire l’amalgame entre les otages et les prisonniers de guerre. Ces derniers sont détenus dans le cadre de lois internationales qui permettent aux associations humanitaires de vérifier leur état de santé ainsi que leur traitement carcéral. Alors que pour ce qui concerne les otages, ni la Croix Rouge ni aucune autre organisation humanitaire ne peuvent avoir de leurs nouvelles. Je vais saisir le Ministre des Affaires Etrangères de façon à ce que tout soit mis en œuvre pour qu’au moins les familles des otages puissent être informées sur leur état de santé. J’espère que les époux GOLDWASSER seront bientôt réunis mais pour l’instant l’organisation terroriste qui le détient refuse de donner le moindre signe. C’est pourquoi nous devons en parler et agir afin que les otages du Hezbollah et du Hamas ne soient pas oubliés.

jeudi 5 octobre 2006

Le Maire de Nice espère obtenir une rallonge

2007 devait voir se dérouler de nombreuses élections : la Présidentielle, les Législatives, les Municipales, les Cantonales puis les Sénatoriales. Devant cette accumulation de nature à rebuter les électeurs les plus motivés, le Gouvernement a envisagé de repousser certaines d’entre elles. Ainsi, fut-il décidé par la Loi, que les élections municipales et cantonales auraient lieu en mars 2008 et les élections sénatoriales en septembre de cette même année. Certes le mandat municipal qui d’ordinaire est de 6 ans se transformera exceptionnellement en septennat. Quant au mandat sénatorial qui était à l’origine de 9 ans il passe pour cette fois à un double quinquennat soit une durée de 10 ans. Vous avouerez que la longueur de ces mandats n’est pas conforme à l’idée de renouvellement que beaucoup appellent de leurs vœux. Mais il faut bien convenir que notre système réserve parfois des problèmes de calendriers insolubles. Alors passons pour cette rallonge exceptionnelle ! D’autant que les Maires de droite comme de gauche applaudissent des deux mains. Ceux qui par exemple ont engagé des travaux dans leur ville et dont les réalisations ont pris du retard voient dans ce report une aubaine car ils disposent d’un sursis bien confortable. Mais ce report pourrait être remis en cause. En effet, au moins deux candidats aux présidentielles ont annoncé que s’ils étaient élus ils avanceraient à nouveau la date des élections municipales. Du coup certains s’inquiètent car ils voient avec horreur leur ville en chantier ce qui n’est jamais apprécié en période de campagne électorale. C’est le cas du Maire de Nice qui nous offre le spectacle d’une ville sans dessus-dessous. Le chantier du tram ayant pris un an et demi de retard, avancer les élections conduirait à faire campagne dans les palissades. Et déjà que la popularité du Maire est en au plancher, on peut imaginer l’état d‘esprit dans lequel il se trouve à l’idée de ce nouveau changement de calendrier. Pour ma part j’estime que rallonge ou pas, la popularité du Maire aura du mal à remonter dans le cœur des Niçois. En effet, ce ne sont pas les travaux qui sont en cause aujourd’hui, même s’il y aurait beaucoup à dire sur ce sujet qui mettrait en cause sa capacité de gérer la ville. Mais il y a un rejet de la personne qu’un report ou un raccourcissement du mandat ne pourront pas atténuer. Alors 2007 ou 2008, il faut que le Maire de Nice sache que les Niçois sont prêts à voter et que nous, nous sommes prêts à nous présenter.

mercredi 4 octobre 2006

Session d'automne au Conseil de l'Europe

C’est actuellement la session d’automne du Conseil de l’Europe dont le siège est à Strasbourg. En tant que Député Français je représente l’Assemblée Nationale dans cette enceinte Européenne qui réunit quarante six pays. Il est très intéressant de siéger parmi des pays aussi différents que la Russie, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, Chypre, la Grèce ou la Turquie. Certains de ces Etats se font la guerre et pourtant ils siègent dans la même Assemblée et acceptent de se parler et souvent de discuter des problèmes qui les opposent sur le terrain. C’est là toute la force de ces instances internationales qui permettent d’instaurer un contact politique entre des Parlementaires qui d’habitude ne se rencontrent pas. Ils se retrouvent donc sous les auspices d’un Parlement international où siègent également des pays qui ne connaissent pas de conflits et qui sont prêts à les aider à dialoguer. Cette semaine j’interviendrai sur deux sujets. Tout d’abord, je présenterai un rapport relativement aux travaux de l’OCDE sur le co-développement. Je soutiens en effet la thèse selon laquelle il faut développer la coopération en direction des pays les plus pauvres et mettre en œuvre les outils permettant le co-développement. Il est vrai que la politique d’immigration telle qu’elle est réalisée depuis une trentaine d’années a démontré son inefficacité en laissant filer l’immigration clandestine et s’instaurer la très grande pauvreté, ce qui n’est pas acceptable. Il est grand temps que sur ce sujet, la communauté internationale comprenne qu’il faut aider les peuples qui souffrent à s’en sortir et leur donner la possibilité de pouvoir vivre décemment dans leur pays. Ensuite, j’interviendrai sur le Proche Orient en exhortant la communauté internationale de donner les moyens à la FINUL afin de désarmer le Hezbollah qui représente un danger pour Israël comme pour le Liban. Le cessez le feu actuel a fait taire les armes mais pour autant les problèmes sont loin d’être réglés. Notre rôle est d’inviter la communauté internationale à assumer ses responsabilités, c'est-à-dire de prévenir en amont au lieu de réagir quand la guerre a éclaté. Ce sont là des sujets majeurs sur lesquels tous les moyens pour faire passer ce type de message doivent être utilisés. Le Conseil de l’Europe est dans ce domaine, une excellente tribune pour le faire. La session d’automne sera donc mise à profit pour que la voix des Parlementaires Français soit entendue.

mardi 3 octobre 2006

Pour le Maire de Nice c'est l'exclusion en forme de programme

Le Maire de Nice a emmené sa troupe de fidèles (à peine de quoi remplir deux voitures d'un autorial) à Tende, l'espace d'un samedi. Il y avait quelques uns de ses élus mais nombre d'entre eux s'étaient faits porter pâles. Il y avait aussi quelques anciens, notamment ceux qui le suivent depuis le temps où il dirigeait le Front National. Il y avait enfin quelques amateurs de promenades qui se disaient qu'aller passer une journée dans la vallée de la Roya pouvait être intéressant. Le Maire de Nice en profita pour lancer son "appel de Tende" qui consiste, une fois de plus, à annoncer sa candidature municipale en 2008. Loin d'être un scoop, cette nouvelle est réchauffée puisqu'il la répète, à l'envie, dès qu'une tribune lui est offerte. Il doit penser qu'il n'est pas entendu lorsqu'il fait une telle déclaration. Pourtant, moi je l'ai bien enregistrée, vous aussi peut-être. Mais surtout il a fait une annonce très intéressante et qui me concerne au premier chef. En effet, il a dit qu'il ne soutiendrait pas les Députés sortants de la ville, dont je fais partie. J'avoue avoir reçu cette déclaration avec soulagement car le contraire aurait été de nature à m'inquiéter. Il n'aurait plus manqué qu'il me soutienne aux prochaines élections législatives! J'aurais du décliner ce soutien car cela aurait présenté un handicap plutôt qu'un avantage. En effet, il suffit de se promener en ville pour comprendre l'impopularité du Maire. Si vous rencontrez une personne qui en dise du bien, donnez-moi ses coordonnées pour que je puisse le noter sur mes tablettes. Je sais, comme vous, que le rejet est massif. Et dans ces conditions, au lieu de chercher à se réconcilier avec les Niçois, il les rejette, il exclut toutes celles et tous ceux qui, plus populaires que lui, lui font ombrage. Il a commencé avec moi, il a continué avec certains de ses adjoints, il poursuit avec mes collègues Députés. La différence entre les autres et moi, c'est que moi je ne l'ai jamais soutenu et réciproquement. Ma première élection comme Député des Alpes Maritimes fut contre lui en sa qualité de Président du Front National. Depuis j'ai toujours considéré qu'il ne suffisait pas de changer de carte de parti politique pour avoir changé d'idée. Il est passé au RPR puis à l'UMP mais ses idées restent à l'extrême droite. Alors ses déclarations vont dans le droit fil de ce qu'il a toujours été et je le remercie de surtout ne pas me soutenir. Je n'ai pas eu besoin de lui jusqu'à présent, je continuerai bien volontiers dans cette voie.