Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

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dimanche 30 avril 2006

Déportation: ne jamais oublier.

Ce matin, comme chaque dernier dimanche du mois d'avril, je me suis rendu au monument aux morts pour rappeler la mémoire des déportés. Il y avait hélas fort peu de monde. C'est comme si ces manifestations du souvenir rappelaient des événements très anciens d'un passé totalement révolu. Or, cet hommage et cette cérémonie, s'ils s'adressent à ceux qui ont souffert et qui ont disparu, victimes d'idéologies racistes, xénophobes et antisémites, ils s'adressent encore plus aux générations futures et à celles d'aujourd'hui. En effet, on ne fera jamais assez de pédagogie pour mettre en garde nos enfants contre les dangers qui pèsent sur l'humanité à cause des bas instincts qui sommeillent en l'homme. Il suffit de regarder autour de nous pour comprendre que la cruauté n'a pas disparu et qu'elle menace toujours autant des femmes, des enfants et des hommes innocents. Au moment où je déposais ma gerbe tricolore devant le petit monument aux morts de La Trinité, je pensais à ces millions de déportés qui partaient vers les camps de la mort sans savoir où ils allaient ni pourquoi ils se trouvaient là. A ce même moment, mon coeur murmurait "plus jamais ça"! Pas une simple exclamation, un appel à ce que l'humanisme triomphe enfin.

mardi 25 avril 2006

Immigration: soyons sérieux!

A la veille des élections majeures de 2007, le thème de l'immigration semble revenir sur le devant de la scène, mais probablement pas par la bonne porte. En effet, il s'agit d'un vrai sujet mais qui mérite de vraies réponses. Et pour résoudre les problèmes posés il faut, à mons sens, rassembler les Français et non les opposer entre eux comme on cherche à nouveau à le faire. Pour reprendre une formule devenue célèbre de Michel Rocard, la France ne peut pas accueillir toute la misère du Monde. Mais elle ne peut pas non plus créer des lignes Maginot virtuelles qui servent à communiquer dans les médias mais qui n'ont aucune efficacité sur le terrain. Et ces lignes Maginot sont érigées avec une rare constance par le Front National, rejoint depuis quelques temps par De Villiers, voire par quelques autres. Ces discours à l'emporte pièce flattent les égos de quelques uns et servent Le Pen en lui donnant une certaine légitimité. Mais après, oser faire croire que l'immigration zéro peut exister, c'est de la foutaise de bas étage. Il me semble que ce sujet mérite une réflexion sérieuse, de la cohésion nationale et une vision à long terme. La politique d'intégration doit être renforcée. Mais aussi et surtout une politique ambitieuse de coopération doit être développée à destination des pays d'origine pour leur permettre un développement harmonieux. Il faut pour cela promouvoir la démocratie, lutter contre la corruption et permettre à l'aide internationale d'arriver vers ceux qui en ont réellement besoin. Mais c'est là un sujet moins "vendeur" médiatiquement, donc personne n'en parle! Souhaitons que sur ce sujet, comme sur beaucoup d'autres, le débat politique en vue de 2007 saura faire une petite place à un si grand sujet, au lieu de tomber dans la démagogie et dans la caricature...

lundi 24 avril 2006

91ème anniversaire du Génocide Arménien

Comme chaque année nous nous sommes retrouvés sur la Promenade des Anglais en cortège pour aller déposer une gerbe au monument aux morts à la mémoire des vicitimes du génocide Arménien de 1915. L'an dernier, pour le 90ème anniversaire, je me trouvais en Arménie, à Erevan, avec François BAYROU pour participer à cette commémoration avec l'ensemble du peuple Arménien. C'était un moment très fort et chargé d'émotion. J'étais alors très fier d'avoir voté à l'Assemblée Nationale en janvier 2001 une loi reconnaissant le génocide Arménien. C'était comme si, ce jour là, on érigeait une stèle à ces femmes, hommes et enfants qui avaient été assassinés parce qu'ils étaient Arméniens. C'était le premier génocide du XXème siècle qui fut hélas suivi de la Shoah puis de quelques autres exterminations ethniques basées sur les mêmes principes. Nous devons dire haut et fort que de tels actes ont existé et peuvent encore se reproduire. Nous devons faire oeuvre de pédagogie auprès des nouvelles générations pour que personne ne puisse dire dans l'avenir: "je n'étais pas au courant". Nous devons nous battre pour empêcher le négationisme de ceux qui veulent faire croire que de tels faits n'ont pas existé. Nous devons imposer cette attitude jusqu'au plus haut niveau des Etats, je pense à la Turquie en particulier. Il faut que ce pays, comme l'Allemagne l'a fait, ait un regard lucide sur son histoire. Ca n'est pas pour faire peser une quelconque humiliation rétrospective sur la Turquie d'aujourd'hui, elle n'est pas responsable de son passé. C'est même le contraire, à condition qu'elle accepte de reconnaitre son passé pour le condamner. Une démocratie se construit sur une démarche de vérité et de transparence, mais aussi sur un respect absolu des valeurs humanistes. La Turquie a ce travail à faire. Soyons fermes et faisons lui comprendre que sur ce point historique il n'y a aucune négociation à attendre de notre part.

mercredi 19 avril 2006

Ségolène et la médiacratie

Que les socialistes en viennent à se raccrocher à Ségolène Royal, phénomène de mode lancé par les médias comme on lance une lessive est navrant et révélateur de la pauvreté du débat politique. Que pense la Présidente de la Région Poitou Charente des grands problèmes de la France et du Monde? On ne l'a jamais entendu se prononcer. Quelle vision a-t-elle de l'avenir pour notre pays? On n'en saura pas d'avantage. Alors pour être un(e) bon(ne) candidat(e) pour la Présidence de la République il faudrait se taire, faire des sourires devant les objectifs des caméras et laisser planer le doute sur ses intentions. Ceci est une mascarade et si on n'y prend garde, on risque de se faire avoir une fois de plus. Alors de grâce, j'en appelle à tous les démocrates, aux journalistes attachés aux principes républicains, d'ouvrir le débat politique en demandant aux politiques, à ceux qui ont des intentions présidentielles de dire qui ils sont, ce qu'ils ont au fond d'eux et ce qu'ils veulent réellement faire pour notre pays. L'élection présidentielle n'est pas le festival de Cannes où l'on traine sa frimousse pour se faire photographier avec l'espoir de décrocher des contrats. Le contrat avec les Français doit être basé sur une relation de confiance, sur un projet pour l'avenir. Car l'après 2007 ouvrira une période très difficile pour la France et pour le monde. Pour la France dont les institutions ne fonctionnent plus, dont l'économie est chancelante, dont le malaise gagne une majorité de nos compatriotes. Pour le Monde dont l'instabilité augmente, dont les risques de conflits s'accroissent, dont la crise énergétique menace. Nous n'avons pas le droit de nous tromper dans notre choix de 2007. Nous aurons besoin d'un Chef d'Etat qui incarnera la France. Nous n'aurons pas besoin d'un rôle de composition. Disons le dès aujourd'hui haut et fort avant que les esprits n'aient été manipulés et que les Français n'aient cru qu'on avait déjà choisi à leur place. Ne laissons pas priver les Français de leur liberté de choix.

mardi 18 avril 2006

Elle s'appelait Marcelle, elle était Niçoise, elle a été assassinée à Tel Aviv

J'ai eu souvent à condamner des attentats terroristes qui ont endeuillé des milliers de familles israéliennes. A chaque fois c'est la même chose: des personnes innocentes qui vont au marché, qui se déplacent en autobus, qui partagent un repas en famille ou entre amis dans un restaurant, bref des scènes de la vie quotidienne qui sont interrompues par un attentat suicide qui vient semer la mort. Aucune cause ne peut servir de prétexte à ce genre d'acte odieux et lâche. Ceux qui poursuivent ce cheminement ne servent aucun idéal, ils sont manipulés par des gens qui ont décidé de livrer masqués et dans la plus grande des lâchetés une guerre totale. Il est évident que face au terrorisme les démocraties paraissent faibles. Et pourtant ce ne sont pas ces fanatiques qui nous feront devenir fanatiques à notre tour. Nous devons nous battre avec détermination pour les faire échouer. Et tous ceux qui entretiennent le terrorisme qu'ils s'appellent le Hamas, Al Qaïda, l'Iran ou la Syrie doivent être poursuivis et combattus sans relache afin de terrasser ces leaders de la haine.

Elle s'appelait Marcelle elle était Niçoise. Elle se trouvait en Israël pour les fêtes de Pessah. C'était une femme appréciée de tous qui avait passé sa vie à faire du bien autour d'elle en tant que mère de famille ou en qualité de militante d'associations de bienfaisance. Nul ne pouvait se douter que sa vie allait être interrompue aussi tragiquement dans un restaurant de Tel Aviv. La mort aveugle provoquée par un kamikaze palestinien est venue mettre un terme à sa vie. Aujourd'hui Israël est en deuil, Nice aussi. Nous sommes tous en deuil de Marcelle, ceux qui la connaissaient et qui l'aimaient et ceux qui ne l'avaient jamais rencontrée mais qui compatissent car cette mort aveugle qui rode autour de ceux qui aiment la vie nous menace tous. Les ennemis d'Israël sont nos ennemis, ce sont les ennemis de la vie, ce sont les ennemis des valeurs humaines et de la Justice, ce sont les représentants de la haine et du mal. Alors en pensant à Marcelle qui est morte en martyr, nous devons nous engager de toute notre énergie pour empêcher que de tels actes ne se reproduisent et que les forces du mal soient combattues avec la plus grande détermination.

dimanche 16 avril 2006

France-Algérie: oui à l'amitié, non au chantage

Le Ministre des Affaires Etrangères s'est rendu récemment en Algérie pour relancer le projet de traité d'amitié entre la France et l'Algérie proposé par le Président de la République il y a quelques années. Si nous sommes évidemment favorables à ce que l'amitié se renforce entre nos deux peuples qui ont ensemble une longue histoire et qui ont aujourd'hui des liens très forts, en revanche on ne saurait accepter un traité qui demande à la France une repentance unilatérale. Or je me rends compte que les dirigeants algériens réclament ce traité à condition que la France accepte de jouer le mauvais rôle, celui de l'ancienne puissance coloniale qui aurait asservi le peuple algérien et qui désormais viendrait demander pardon. Chacun sait que l'histoire ne s'écrit pas comme cela. Dans le passé colonial de la France il y a eu du bon et du mauvais. Et dans la guerre d'indépendance il y a eu aussi beaucoup de zones d'ombres qui ne reflètent pas exactement la qualité des peuples. C'est pourquoi un traité d'amitié doit partir sur des bases nouvelles où chacun, les Algériens et les Français n'ont pas à rougir ou à baisser la tête mais à se regarder droit dans les yeux comme des peuples qui décident d'avancer ensemble vers l'avenir. Si le traité d'amitié consiste à humilier la France, alors que l'on ne compte pas sur nous car nous n'avons aucune raison de l'accepter. J'ai encore en mémoire le discours de Monsieur BOUTEFLIKA à l'Assemblée Nationale qui venait critiquer le rôle de notre pays pendant les 132 ans de présence française en Algérie. J'étais d'ailleurs l'un des seuls Députés à me lever et à quitter l'hémicycle. J'ai également en mémoire l'interview du même Président algérien qui traitait les harkis de collabos! Alors un traité d'amitié, pourquoi pas puisque 44 ans après, le temps des retrouvailles est arrivé. Mais cette amitié demande des efforts réciproques ce que l'Algérie de BOUTEFLIKA ne semble pas prête à accepter. Alors n'insistons pas et attendons que des dirigeants algériens plus ouverts veuillent bien à nouveau tendre la main. La dignité du peuple français ne se négocie pas.

vendredi 14 avril 2006

Bravo Jean Lassalle

Après quarante jours d'une douloureuse et courageuse grève de la faim, notre ami Jean Lassalle a obtenu gain de cause pour la sauvegarde des 150 emplois de l'entreprise Toyal dans la vallée d'Asp. Pourquoi en venir à de telles extrémités, se demande-t-on, quand on est Député? Simplement parce que les Députés comme les citoyens ne sont plus écoutés ni respectés. Et pourtant, Jean Lassalle, avant de se lancer dans cette délicate privation d'alimentation avait essayé toutes les procédures. Le nombre de lettres restées sans réponse en atteste. Toutes les démarches étaient restées vaines et s'étaient soldées par l'indifférence générale. Pas un Ministre ni un dirigeant de l'entreprise n'avaient daigné résoudre le problème soulevé. La grève de la faim elle-même avait commencé par des regards moqueurs et beaucoup de condescendance comme si Jean Lassalle voulait faire "un coup". Il faut dire que dans la société de communication dans laquelle nous vivons, on est plus habitué à des contorsions médiatiques qu'à de telles démarches de désespoir. Il y a seulement quelques jours, quand l'état de santé de Jean Lassalle s'est dégradé et que tout le monde a compris qu'il irait jusqu'au bout -ce que nous savions depuis le premier jour, nous qui sommes ses amis- que les Ministres, le Premier Ministre, voire le Président de la République se sont enfin mobilisés. Il était temps et cela aurait pu venir beaucoup plus tôt. Car Jean Lassalle ne voulait pas que l'on vienne à son secours mais au secours de sa vallée menacée de désertification. Le sauvetage de la vallée semblait n'intéresser personne, la mort éventuelle d'un Député à l'Assemblée Nationale pour privation d'alimentation venait déranger finalement tout le monde et il fallait donc, in extrémis, arrêter cela. Alors on a même assisté à une compétition au plus haut niveau de l'exécutif pour voir qui allait arriver le premier à résoudre le problème. Tant mieux si l'on a pu finalement trancher cette question mais ce ballet final avait quelque chose d'indécent qui tranchait singulièrement avec l'indiférence des semaines précédentes. L'essentiel est que la volonté extraordinaire de Jean Lassalle ait permis de résoudre ce problème. Il reviendra bientôt dans l'hémicycle de l'Assemblée Nationale où tout le monde saluera son courage. Mais cette démarche restera révélatrice de ce que nos institutions sont aujourd'hui bien malades. Il y aura désormais un grand témoin pour le rappeler, il s'appelle Jean Lassalle.

mercredi 5 avril 2006

Le régime du parti unique

La crise du CPE s'est transformée en crise de régime. Alors que depuis deux mois le dialogue entre les forces syndicales, les étudiants, les lycéens et le gouvervenement est rompu, alors que le Président de la République vient de décider la promulgation de la loi et sa non application, désormais le gouvernement se déssaisit du dossier pour le transférer à l'initiative parlementaire. Ainsi, ce sont les présidents des groupes UMP de l'Assemblée Nationale et du Sénat qui vont devoir renouer le dialogue et faire des propositions.

De penser que ce sont les héritiers du Général de Gaulle qui proposent, non plus le régime des parties mais le régime "du" parti est pour le moins étrange et nous amène à penser que la 5ème République est aujourd'hui bien mal menée par ceux-la même qui disent vouloir la défendre.

Je suis convaincu que la période que nous sommes en train de vivre constituera un tournant dans le fonctionnement de nos institutions que les historiens étudierons avec attention. En tout cas, en cette fin de mandat présidentiel, il y aura un avant et un après CPE. Il y aura aussi la fin d'un mythe issu des beaux discours sur la fracture sociale. Chacun, une fois encore aura pu vérifier que les promesses n'engagent que ceux qui les entendent...