Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

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samedi 16 septembre 2006

Acropolis à la dérive

Depuis son arrivée à l'Hôtel Ville, le Maire de Nice se désintéresse d'un secteur pourtant majeur dans l'économie de la ville, je veux parler du tourisme. J'en veux pour preuve la situation du Palais des Congrès, Acropolis. Lors de sa création, il y a déjà 25 ans, cet équipement était l'un des fleurons des Palais des Congrès dans le Monde, comme l'est le Palais des Festivals de Cannes ou encore le Palais des Congrès de Paris. Depuis lors, la ville n'a cessé de se désengager, laissant le Palais à la dérive, sans pouvoir disposer des moyens nécessaires à sa rénovation ou à son agrandissement, qui passe notamment par la création d'une liaison avec le Palais des Expositions voisin. Pendant ce temps, Cannes a métamorphosé le Palais des Festivals qui a gagné des surfaces d'exposition et de spectacles et l'a doté des équipements les plus modernes. Il en est de même de Paris. Sans compter les nouveaux coucurrents qui se trouvent désormais à Monaco mais aussi à Barcelone, à Genève ou à Munich. Le Maire de Nice a accompagné sa volonté de désengager la ville d'une décision de confier la gestion d'Acropolis à une société privée. Il y eut une première tentative qui consistait à donner la direction du Palais à une société qui contrôle déjà plusieurs établissements de ce type. L'inconvénient d'une telle formule était que Nice devenait "une ligne dans un catalogue". Ainsi l'équipe commerciale chargée de "vendre Acropolis" aurait-elle pu proposer des produits de substitution...Cette formule suscita de nombreuses réserves et ce projet n'aboutit pas. Depuis, le Maire essaie de confier la gestion du Palais à une société privée par délégation de service public. Après plusieurs tentatives, la dernière en date vient de s'avérer infructueuse. Pendant ce temps, le Palais des Congrès de la ville de Nice vieillit lentement mais surement. Le volume des contrats baisse. Le personnel s'inquiète de son avenir. Les Professionnels du tourisme enragent et se désespèrent de voir un tel gâchis alors que la concurrence est de plus en plus vive dans ce domaine. C'est pourquoi je tire la sonnette d'alarme en disant au Maire qu'il est temps d'arrêter une politique de "l'à peu près" qui n'amène nulle part. Il faut que la ville s'engage à redonner à son Palais des Congrès ses lettres de noblesse afin qu'il redevienne le moteur de l'économie touristique. Je lui suggère, ce que je lui ai déjà proposé il y a quelques années, de créer une société d'économie mixte où la ville serait majoritaire mais associerait l'ensemble des professionnels du tourisme. C'est cette formule que la ville de Cannes a retenu pour gérer le Palais des Festivals. Le résultat semble démontrer que ça marche. Je pense, quant à moi, qu'une telle orientation permettrait de relancer Acropolis et le rendre performant en l'autorisant à faire les investissements nécessaires à son développement. Si des décisions volontaristes urgentes ne sont pas prises, alors la Mairie sera responsable du naufrage d'Acropolis et avec lui de la baisse d'influence de Nice dans le domaine du tourisme d'affaires.

dimanche 10 septembre 2006

De Mao à Sarko

Le trentième anniversaire de la mort de Mao donne lieu, en Chine, à un certain nombre de manifestations à la gloire du "grand timonier". Ainsi la presse relate-t-elle les pélerinages organisés dans son village natal, les "saluts" auxquels les foules sont soumises devant sa statue, la visite du musée qui lui est dédié où l'on peut examiner les tubes de dentifrice utilisés par l'illustre ou encore certains de ses sous vêtements. La presse Française relate, avec une certaine ironie, justifiée je dois dire, ce type de cérémonial. Mais tout de suite après, les infos radiophoniques passent à la rubrique suivante: Sarko. Ainsi apprend-on que le "petit maître à penser" comme le surnomme "Doc Gyneco" a été à Bruxelles proposer un "petit traité Européen", puis dans la foulée il s'est rendu auprès des agriculteurs pour leur dire qu'il était inacceptable que leurs revenus soient si faibles, le temps de prendre quelques clichés devant un tracteur et de signer des autographes. Et lundi ce sera New York pour le cinquième anniversaire de la tragédie du World Trade Center. Les journalistes consacrent décidément une énergie considérable pour "couvrir" l'agenda du nouveau Monsieur 200.000 volts. Et pendant ce temps c'est comme si les autres politiques n'existaient pas, ne faisaient rien. On élude, on éclipse tout ce qui peut se passer par ailleurs pour se gargariser de tous les faits et gestes d'un seul. Au nom de quoi? De l'information? Certainement pas ou en tout cas ça n'y ressemble pas. Au nom d'une mode? Peut-être mais ça n'est plus alors un travail de journaliste d'information. Au nom d'autres intérêts? Dans tous les cas, il y a là un problème d'éthique et de déontologie. J'ai fait le lien avec le culte de la personnalité en Chine parce que je trouve qu'au train où vont les choses, on aura bientôt dépassé les Chinois. En tout cas, avec les moyens de communication actuels, ce à quoi nous assistons, ce n'est plus de l'information mais de la propagande.