Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

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jeudi 10 juin 2010

Carton jaune à TF1

Aller interviewer le Président Iranien à Téhéran pour lui permettre de s'exprimer sur TF1, la plus grande chaine de télévision en Europe, me paraissait déplacé. En effet, ce dictateur ayant été renouvelé dans ses fonctions après une élection truquée, ne méritait pas tant d'honneur. Quand on sait combien la répression fait rage en Iran, quand on sait le sort réservé à ceux qui expriment la moindre opposition, quand on connait la violence avec laquelle la police du pouvoir, prête à donner la mort, s'acharne sur un peuple qui aspire au respect des libertés et à celui de la dignité humaine, on ne peut que condamner la mise en valeur de celui qui en est le responsable.

L'Iran qui se prépare à l'arme atomique, l'Iran qui combat toutes les valeurs humanistes auxquelles nous sommes tant attachés, l'Iran qui appelle à la destruction d'Israël, l'Iran qui nie l'existence même de la Shoah, cet Iran là ne mérite pas d'être fréquenté. Son peuple oui, nous avons le devoir de l'aider à se libérer mais ses représentants actuels doivent être condamnés et ne doivent pas, grâce à nos moyens, pour faire de l'audience, bénéficier de nos micros pour distiller leur propagande.

Je suis choqué par cette interview et j'aurais préféré qu'elle n'ait pas eu lieu. Elle n'honore pas la télévision Française. Découvrir Laurence Ferrari voilée sur nos écrans face au tyran Iranien a produit un véritable malaise chez tous les démocrates et les humanistes qui étaient face à leurs téléviseurs. Je terminera sur une note d'humour, excellement exprimée par Nicolas Canteloup hier matin sur Europe 1, qui commentait cette image en disant: "TF1 a baché la Ferrari". Mieux vaut en rire même si le sujet est grave et mérite notre indignation!

mercredi 27 janvier 2010

Le débat politique est toujours aussi caricatural

Le Président de la République est intervenu sur TF1 l'autre soir dans un style d'émission nouveau. Après une interview classique avec Laurence Ferrari, il a ensuite dialogué avec un panel représentatif de Français au cours d'un échange sans complaisance. Les personnes présentes sur le plateau de télévision n'ont fait aucun cadeau au Chef de l'Etat. Ils lui ont exposé leurs problèmes tels qu'ils les ressentent et avec sincérité. Nicolas Sarkozy a ensuite répondu à ses interlocuteurs sans langue de bois et en faisant un exercice de pédagogie nécessaire. Il est vrai que ce type de débat est difficile car il est impossible, en direct, devant des millions de téléspectateurs, d'apporter des solutions à des problèmes particuliers. Du moins a-t-il exposé les différents aspects de la politique mise en oeuvre depuis 2007 et qui devrait, à terme, remettre la France en ordre de marche. Tout cela sur fond de crise financière, économique et sociale, une crise que la France affronte mieux que la plupart des autres pays.

Mais j'aurais pu vous écrire les réactions de l'opposition qui, avant même d'avoir entendu le Président de la République, avait déjà préparé la riposte. "Pas convainquant, discours d'autosatisfaction, la France est dans l'impasse, etc"...Tels sont les qualificatifs des oiseaux de mauvais augures de l'opposition en réaction à la prestation de Nicolas Sarkozy. Dans une période aussi difficile qui appelle à l'unité nationale, les oppositions n'ont pas compris qu'avec un tel discours, elles ne sont pas crédibles. De Hollande à François Bayrou, de Montebourg à Le Pen, le mot d'ordre est le même: "démolissons, démolissons, il en restera bien quelque chose!" Je ne pense pas que les Français soient d'accord sur ces attitudes qui ne visent jamais à construire l'avenir du pays. On peut être dans l'opposition et contester des choix politiques. Mais alors, au lieu de démolir, il vaut mieux proposer. Et dans ce domaine, force est de constater qu'il n'y a aucune créativité! Ceci donne de la vie politique Française une image caricaturale qui n'est pas à l'honneur d'une grande démocratie comme la nôtre. Chacun devrait méditer cela et tenter d'y remédier. La politique aurait tout à y gagner, l'opposition mais plus généralement les Français également.

jeudi 12 novembre 2009

Nicolas Sarkozy était-il à Berlin le 9 novembre 1989 au soir?

Il faut croire qu'une certaine presse n'a rien d'autre à se "mettre sous la dent" pour aborder des sujets aussi essentiels pour l'avenir de notre pays et du Monde. Franchement je suis attristé de voir la tournure de certains reportages médiatiques constatés dans la période actuelle. Et deux exemples me viennent immédiatement à l'esprit: le sujet sur la chute du Mur de Berlin et celui concernant le second fils du Président de la République. Pour ce qui concerne la présence de Nicolas Sarkozy à Berlin le soir de la chute du Mur, le Président a affirmé avoir été présent sur place. Pourquoi dirait-il qu'il y était s'il n'avait pas pu s'y rendre. Je me souviens très bien de cette période. Un certain nombre de mes collègues Députés avaient eu l'opportunité de se rendre à Berlin pour assister en direct à ce moment d'Histoire. Pour ma part je n'avais pas pu m'y rendre et je le regrette encore aujourd'hui. Si j'avais pu être à Berlin ce soir là j'aurais cherché moi aussi à m'armer d'un piolet pour participer à la destruction de ce Mur de la honte qui avait séparé pendant de trop longues années les Allemands et les Européens. Alors acceptons le témoignage de Nicolas Sarkozy comme on accepte celui des autres et arrêtons là un débat surréaliste et même ridicule!

Pour ce qui concerne le second fils du Président, on reproche à l'Elysée d'avoir fait pression sur une société qui n'aurait pas accepté un dossier déposé par lui. Baliverne! J'ai entendu à la radio le témoignage du patron de ladite société dire de la façon la plus formelle qu'il n'en était rien et que jamais l'Elysée n'avait fait la moindre pression sur lui. Comment peut-on donc entretenir un tel climat de suspicion alors que les principaux acteurs dénoncent ces allégations. On est là dans un exercice de désinformation inacceptable pour une grande démocratie. Les journalistes qui se prêtent à ce jeu dangereux feraient mieux de réviser leurs manuels de déontologie plutôt que de s'y essuyer les pieds dessus.

mardi 15 septembre 2009

Escurial : une triste fin

Pour les Niçois, l’Escurial rappelle une salle de cinéma mythique, la plus belle, la plus grande, celle qui a vu défiler des générations de cinéphiles, où les fresques des murs disparaissaient au moment où la lumière s’éteignait pour laisser parler le grand écran. Et puis, dans les années 80, la salle se transforma en discothèque et pris le surnom de « grand » Escurial, comme si cette salle avait eu besoin d’un superlatif. Hélas ce qualificatif n’apporta aucune grandeur à ce lieu mais annonça une lente agonie. Les enseignes se succédèrent et firent disparaitre peu à peu le nom « Escurial » pour afficher des appellations aussi insignifiantes qu’éphémères. Le lieu resta encore, peu ou prou, une salle de spectacle mais dont la réputation se ternit inexorablement.

Chacun gardait l’espoir d’une renaissance puisque l’intégrité des volumes était maintenue. Hélas, en début d’année, cet espoir vint se briser sur un projet bassement mercantile qui ne tenait aucun compte des aspirations de la population Niçoise ni de la Municipalité. A l’annonce, dans le journal, du projet de transformation de l’Escurial en supermarché « discount », le Maire de Nice, moi-même, l’ensemble des élus réagirent pour empêcher l’inévitable. Mais hélas rient n’y fit. Les prétentions marchandes de nos interlocuteurs restèrent inflexibles et rendirent le projet de sauvetage impossible.

Il y a des moments où l’on mesure l’impuissance d’agir et dans l’affaire de l’Escurial celle-ci a submergé les meilleures volontés. Juridiquement nous n’avions pas les moyens d’empêcher une telle réalisation. Il ne restait que l’écoute et la compréhension dont nos interlocuteurs auraient pu faire preuve... Hélas cet espoir se heurta à des considérations strictement commerciales où l’attachement au lieu était totalement absent.

Il restera ce regret immense de n’avoir pas pu sauver l’Escurial. Pourtant nous avons tout tenté. Le Maire a même souhaité dépolitiser le débat en faisant en sorte que la majorité et l’opposition puissent travailler de concert pour empêcher la surenchère qui aurait pu nuire encore d’avantage à nos tentatives. C’est triste d’assister à un tel naufrage sans pouvoir faire preuve de la moindre efficacité. Cette fois, contrairement au Titanic, l’orchestre ne joue plus, et depuis longtemps alors que le bateau s’enfonce. Nos cœurs résonnent encore des génériques. Les « toiles » s’inscrivent désormais définitivement dans nos souvenirs de jeunesse. La mémoire restera tandis que le lieu disparaitra sous les coups des pelles mécaniques qui ne connaissent pas les sentiments. Je ne remercie pas ceux qui ont signé ce faire part de décès d’un lieu qui restera irremplaçable à jamais.

jeudi 21 mai 2009

Honteux!

Que des salariés manifestent contre la politique menée par leur entreprise, qu’ils fassent grève pour défendre leurs intérêts, ce sont là des procédés légaux et tout à fait normaux dans une République sociale. Ce sont d’ailleurs des droits reconnus par la Constitution que nul ne saurait remettre en cause. Néanmoins ceci ne doit pas aller au-delà d’un certain seuil qui confine à l’inacceptable. Ce fut notamment le cas avec la paralysie régulière des services publics des transports qui obligea le Parlement à légiférer afin de mettre en place un service minimum garanti. Ce fut également le cas du service minimum créé pour empêcher que les jours de grève les enfants ne soient laissés dans la rue.

Mais voilà désormais de nouvelles formes de revendications qui consistent à prendre la population en otage en provoquant des coupures d’électricité. Ce sont des procédés qu’on avait connu il y a plus de quarante ans mais qui avaient fini par ne plus se reproduire tant ces coupures pouvaient présenter de graves dangers pour la population. L’impopularité était telle que les syndicats avaient fini par abandonner de telles initiatives. Mais voilà que certains individus recommencent de façon spectaculaire en prenant en otage la ville de Cannes.

Ainsi, en plein Festival, la capitale mondiale du film a-t-elle été plongée dans le noir. Outre la désorganisation de l’ensemble de services, le Festival lui-même a du interrompre ses activités. La ville de Cannes qui, pendant cette période rassemble le plus grand nombre de journalistes au mètre carré, aura été le théâtre d’un très mauvais spectacle. C’est l’image de la France qui s’en trouve ternie et ceci portera préjudice à l’ensemble des professionnels du tourisme et des congrès qui ont pourtant fort à faire pour rester concurrentiels sur le marché international. Ce type d’initiative s’apparente à du « sabotage », à un travail de déstabilisation de la société Française. Je suis navré et très en colère contre une telle irresponsabilité des auteurs de ces actions.

Je souhaite qu’on puisse en tirer toutes les conséquences et que des mesures soient prises afin de punir sévèrement ceux qui en sont à l’origine. Et surtout j’appelle de mes vœux que des dispositions soient adoptées rapidement afin de rendre impossible toute nouvelle manifestation de cette nature qui ne ressemble en rien à des revendications syndicales. Il est temps que chacun assume ses responsabilités en toute liberté, certes, sans toutefois porter atteinte aux libertés des autres !

jeudi 5 février 2009

Scandaleux!

Le TER de la Côte d'Azur est en grève depuis deux mois. Les grévistes ont donc décidé de braver tous les principes les plus élémentaires inhérents au Service Public qui n'est plus du tout synonyme se service au public mais qui représente désormais une gène considérable à l'égard des usagers. Le droit de grève est un droit constitutionnel auquel personne ne songe à mettre d'entrave. Mais la liberté d'aller et venir est une liberté publique fondamentale à laquelle que personne ne devrait porter atteinte. Or la grève qui touche le TER depuis une si longue période constitue un obstacle majeur dans le déplacement de la population. Il y a en effet des milliers de personnes qui n'ont que ce moyen de transport pour aller travailler par exemple. Les grévistes et leurs leaders semblent s'en moquer éperdument ce qui est profondément choquant et même révoltant. C'est devenu, pour les usagers, un véritable casse tête pour savoir, chaque jour, comment se déplacer.

Le Parlement a voté un service minimum pour les transports terrestres. Il définit un cadre juridique pour assurer les moyens de se déplacer à chaque usager malgré les grèves. Les grévistes ont cherché et trouvé comment contourner la législation. L'heure est venue de réagir et de renforcer le dispositif afin de pouvoir répondre à l'attente des passagers qui ne peuvent plus supporter une telle situation. D'autant que, rappelons-le, ceci participe à la désorganisation de l'économie qui, dans la période actuelle, est également irresponsable. J'en appelle les tenants de ce conflit auquel plus personne ne comprend plus rien à bien vouloir se ressaisir et à mettre rapidement un terme à cette situation. Savoir sortir d'une grève fait partie aussi des qualités de tout syndicaliste!

jeudi 29 janvier 2009

Je ne comprends pas la position du Pape relativement aux intégristes

Que le Pape Benoit XVI veuille rassembler le peuple des catholiques peut se comprendre. L’Eglise connait ses divisions, ses tensions, ses contradictions comme l’ensemble des religions mais aussi comme tout groupement humain. Il en est ainsi des religions, des partis politiques ou des syndicats. Il faut savoir les assumer et oser les regarder en face. Chercher à rassembler est louable, mais cela ne saurait se faire à n’importe quel prix. Et je crois, très sincèrement que la réintégration des évêques intégristes ordonnés par Monseigneur Lefèbvre est une erreur pour l’Eglise mais aussi pour la morale. En effet, cette mesure est une façon de remettre en cause l’héritage de Jean XXIII ou de Jean Paul II qui, sur ces questions ont toujours affiché une position claire et exempte de tout reproche. Elle crée de la confusion pour les fidèles qui est très perceptible depuis que la décision du Pape a été annoncée. Cette confusion traduit un vrai malaise de la part de femmes et d’hommes qui pourtant pratiquent leur religion avec foi et ne comprennent plus ce message venu de Rome.

Mais au-delà il y a un problème éthique et moral qui creuse un véritable fossé entre la religion et l’opinion publique plus largement. Réintégrer un évêque qui ose remettre en cause l’existence des chambres à gaz concourt à renforcer tous les mouvements négationistes et extrémistes que les démocraties combattent avec détermination et à défier les principes qui fondent la religion Catholique. J’avoue rester pantois devant une telle décision qui ranime certains débats nauséabonds. Le Pape ne pourra en rester là. Ses déclarations portent gravement à conséquence. Alors j’en appelle à toute la hiérarchie catholique mais aussi à tous les Chrétiens pour transmettre ce message de concorde que nous attendons du Pape. Le schisme avec Monseigneur Lefèbvre et ses adeptes avait une signification qui honorait l’Eglise. Cette « réconciliation » est vécue comme une trahison et comme un coup d’arrêt à la longue marche de réconciliation Judéo Chrétienne qu’avait remarquablement poursuivi Jean Paul II. Loin de rassembler l’Eglise, cette décision malheureuse conduit à une division encore plus profonde. Pour ma part, je le regrette très sincèrement et j’espère, j’attends un geste de réconciliation vis-à-vis de ceux, et ils sont très nombreux, qui sont aujourd’hui meurtris et choqués.

mardi 13 janvier 2009

Une gare digne de ce nom

Je me suis rendu avec la presse à la découverte de la gare SNCF de Nice Thiers. De l'extérieur, le bâtiment de style Napoléon III a plutôt fière allure. Mais de l'intérieur c'est autre chose! En entrant dans le hall vous vous trouvez au milieu d'un chantier. En effet, les travaux de réfection du lieu sont en cours depuis...trois ans! Et pourtant le hall n'est pas très grand. Alors que se passe-t-il? Tout d'abord le retrait du faux plafond a été exécuté pour pouvoir remettre à jour l'ancien plafond. Ceci partait d'une très bonne idée. Hélas la réhabilitation n'a pas reconstitué les couleurs des fresques telles qu'elles étaient à l'origine. Mais cela n'est pas le plus grave. Les travaux avancent au ralenti depuis près de trois ans faute de crédits. Il semble que ceux-ci ont été bloqués à Marseille pour cause de rénovation de la gare Saint Charles. Mais nos problèmes ne s'arrêtent pas là. En effet, une disgracieuse passerelle et un escalier métalllique sont venus s'imposer au centre du hall ce qui vient défigurer l'ensemble. Renseignements pris, l'escalier n'est pas conforme! Ajoutez à cela la "bulle" ou guichet d'accueil des voyageurs minuscule qui ne peut accomplir sa mission faute de place suffisante, l'absence d'escalators qui rend l'accès aux quais très difficile aux voyageurs chargés de valises et impossibles aux handicapés, le niveau des quais qui n'est plus adapté à la hauteur des trains modernes et la saleté générale des lieux et vous aurez compris la révolte de l'Adjoint au Tourisme que je suis.

Ceci est d'autant plus inacceptable que le trafic de la gare de Nice est l'un des plus importants de France. Avec plus de huit millions de passagers par an, cette gare est l'une des entrées majeures de Nice, capitale de la Côte d'Azur et cinquième ville de France. La SNCF ne fait donc aucun effort alors que dans le même temps elle réalise des travaux d'embellissements tout à fait remarquables dans la plupart des grandes gares de France. Et j'ajouterai, cerise sur le gâteau, que les TER sont en grève depuis plus de cinq semaines, perturbant la vie quotidienne de milliers d'usagers.

Alors je tire la sonnette d'alarme en disant que trop c'est trop. Je viens de saisir le Président de la SNCF pour lui demander de bien vouloir nous désigner les interlocuteurs compétents pour envisager l'avenir. Car il serait tout à fait inconvenant que la ville de Nice se projette dans l'avenir avec une volonté d'améliorer son environnement et la qualité de vie de ses citoyens et que la SNCF, en plein centre de la ville s'enfonce dans une telle médiocrité. J'espère bien que notre appel sera rapidement entendu!