vendredi 26 octobre 2007
Retrouvailles
J’ai accompagné le Secrétaire d’Etat aux Entreprises et au Commerce Extérieur dans le déplacement qu’il effectuait pour l’inauguration de la foire d’Oran. Outre l’accueil chaleureux des autorités locales que j’appréciais, j’étais heureux de constater la compétitivité de nos entreprises qui exposaient leurs productions dans le pavillon Français, particulièrement important au sein de la deuxième foire d’Algérie. On sent combien les liens qui existent entre nos deux pays peuvent favoriser les échanges car 132 ans d’une histoire commune ne s’effacent pas. Il demeure une relation toute particulière entre la France et l’Algérie faite d’amour et parfois de haine mais jamais d’indifférence. Chacun ressent bien d’ailleurs, de part et d’autre, que le resserrement de cette relation est nécessaire. Les Algériens eux-mêmes nous le disent alors que leur pays est de plus en plus visité par les Chinois. Mais ces derniers sont des étrangers au pays alors que les Français…c’est autre chose.
Et justement, un voyage en Algérie pour moi et à Oran en particulier, n’est pas un voyage comme les autres. J’ai moi aussi des racines dans ce pays. Mon épouse est Oranaise mais aussi ma mère et l’ensemble de ma famille maternelle. Je regardais l’architecture de cette ville dont nombre d’immeubles « belle époque » me rappellent ceux du quartier des « Musiciens » à Nice. La douceur du climat, les orangers, les oliviers et bien sur la Méditerranée créent cette proximité avec l’environnement que nous côtoyons du côté de la Baie des Anges. Mais en regardant cette ville, qui vit naître Camus, du haut de Notre Dame de Santa Cruz, je ne pouvais m’empêcher de penser à ces familles de pieds-noirs qui escaladaient à pied pour Pâques cette montagne sacrée qui sépare Oran de Mers El Kebir. Cette ville dont on disait qu’elle était la plus animée d’Algérie, un « melting pot » qui rassemblait dans une même communauté les Français de métropole, les Espagnols, les Juifs, les Arabes. Et puis vint la guerre avec ses déchirures, avec ses morts, avec ses haines. Cette guerre et la longue après-guerre ternirent des relations qui pourtant furent heureuses. Mais le temps a passé. Et aujourd’hui une brise d’apaisement souffle à nouveau entre la France et l’Algérie. Les Algériens attendent les Français et les accueillent avec la chaleur de l’accueil Méditerranéen que l’on connait bien. Il était temps qu’une page se tourne pour permettre ces retrouvailles. J’étais heureux de ressentir un climat de confiance et d’amitié retrouvé. Le voyage de notre Ministre y a certainement contribué. Mais c’est à nous d’intensifier ces rencontres afin de redonner à nos deux peuples le goût de fraterniser à nouveau. Et en ma qualité de fils et d’époux de « pied-noir » je sais combien cette attente est grande dans le cœur de tous ceux qui ont aimé cette terre, qui ont connu la déchirure de 1962 et qui espèrent enfin pouvoir à nouveau la retrouver.
Ce billet, écrit à 06:30 par Rudy Salles dans la catégorie Coup de cœur a suscité :

