samedi 13 février 2010
Au chevet du Proche Orient
Je n’ai pas l’habitude d’être défaitiste car je préfère voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. Mais je dois dire que la situation au Proche Orient, si elle ne me rend pas désespérée –car je veux croire jusqu’au bout qu’un jour la paix sera possible-, me laisse à penser qu’on est encore loin du but à attendre. La Communauté Internationale est pour une fois d’accord sur la nécessité de tout mettre en œuvre pour parvenir à la paix dans la Région et à poser les bases de la création d’un Etat Palestinien aux côtés d’un Etat Israélien. Ce principe acquis, c’est là que commencent les difficultés.
Israël, échaudé par tant de déconvenues avec des interlocuteurs peu fiables et devant les attaques violentes dont sa population a été victime, a radicalisé ses positions. Les Palestiniens divisés entre eux ne sont plus à même de désigner un porte parole qui permettrait de dialoguer sur des bases confiantes avec ses voisins.
La Conférence que le Parlement de la Méditerranée vient de réunir à Malte sous ma présidence a, hélas, mis en valeur ces difficultés et a révélé la situation de blocage dans laquelle nous nous trouvons. Depuis plus de 20 ans où Israéliens et Palestiniens se côtoient et tentent un dialogue impossible, on a l’impression décourageante qu’on n’a pas avancé d’un pouce. Pensez donc : il y a quelques années encore les dirigeants Palestiniens et Israéliens se rencontraient régulièrement et avançaient, timidement certes, mais avançaient tout de même sur des points concrets. Désormais ils ne se rencontrent plus. Tout au plus quelques échanges ont-ils lieu par intermédiaires interposés.
A mon avis la situation tient aux hommes ou plutôt à l’absence d’hommes suffisamment charismatiques pour pouvoir entrainer leur opinion publique et oser d’aller de l’avant. Au sortir de la dernière guerre, De Gaulle et Adenauer ont été des hommes d’exception permettant de transformer un champ de guerre en zone de paix et de prospérité. Grâce à eux l’Europe se trouve en paix, les frontières pour lesquelles des générations se sont battues ont désormais disparues. Il y a près de 20 ans l’apartheid sévissait en Afrique du Sud et créait une situation de haine entre les noirs et les blancs de ce pays. Mandela et De Clerc ont su réconcilier leur peuple et bâtir ensemble l’avenir de ce pays.
Il n’y a malheureusement pas de De Gaulle, d’Adenauer, de De Clerc ou de Mandela au proche Orient. Il y a des hommes crispés sur leurs positions, sur leurs peurs, ou manipulés par des apprentis sorciers qui ne pourront faire évoluer la situation de façon positive. Je le regrette profondément car au Proche Orient les peuples, comme ailleurs, aspirent à vivre en paix. Il n’y a pas d’autre solution que la paix et le respect mutuel entre les uns et les autres.
C’est pourquoi, loin de désespérer, je souhaite mettre l’espoir au service de la paix en faisant en sorte que le Parlement de la Méditerranée apporte sa modeste contribution et crée les conditions de rencontres entre ceux qui aujourd’hui se combattent ou s’ignorent. C’est une entreprise difficile mais cela rend encore plus belle la mission Parlementaire que nous nous sommes assignés.
Ce billet, écrit à 00:49 par Rudy Salles dans la catégorie Politique a suscité :