Proche Orient : la paix en ligne de mire
Par Rudy Salles, jeudi 4 février 2010 à 06:46 :: Politique :: #1230 :: rss
A l’occasion du diner annuel du CRIF qui rassemble à Paris toute la classe politique nationale,- à l’exception des extrêmes-, le Proche Orient a figuré à l’ordre du jour des discours, celui du Président du CRIF comme celui du Premier Ministre. Comment ce sujet pourrait d’ailleurs être absent d’un tel événement tant la question Israélienne préoccupe et même inquiète la communauté Juive. Le Premier Ministre François Fillon a tenu à réaffirmer de façon claire et sans ambigüité son attachement et celui du Gouvernement à la sécurité d’Israël dans des frontières sures et reconnues. Dans le même temps il a tenu à rappeler la position de la France et celle de la communauté internationale qui est favorable à la création d’un Etat Palestinien vivant en paix aux côtés d’Israël.
Ces déclarations de principe ne suffisent malheureusement pas à régler le problème. En effet, la communauté internationale est, désormais, plutôt unie sur les objectifs à atteindre mais sur le terrain les choses n’ont jamais été aussi difficiles. François Fillon a déclaré que l’année 2009 avait été une « année perdue » pour le processus de paix. Il a parfaitement raison sur ce point. Faut-il rappeler que pour faire la paix il faut être deux. Or les Palestiniens sont aujourd’hui profondément divisés entre l’Autorité Palestinienne dirigée par Mahmoud Habbas et le Hamas qui a mis la main sur Gaza et entretiens vis-à-vis d’Israël un climat de haine.
Plus que jamais le Proche Orient aurait besoin d’hommes de bonne volonté mais rien ne se dessine à l’horizon qui nous permette d’espérer des avancées significatives. La France ayant adopté depuis 2007 des positions équilibrées est à nouveau un interlocuteur écouté et apprécié. Les efforts déployés par notre pays pour renouer le dialogue avec la Syrie commencent à porter leurs fruits. D’autre part, la volonté Française de durcir le ton à l’égard de Téhéran est un point très positif car chacun sait bien que l’avenir du Proche Orient ne passe pas seulement par Jérusalem, Ramallah et Gaza.
En attendant, il faut faire face à une situation périlleuse qui contraint, par exemple, les Egyptiens à ériger une barrière de sécurité entre Gaza et leur pays. Cette initiative, comparable à celle d’Israël, permet d’établir un parallèle entre deux pays qui se sentent menacés et qui réagissent pour protéger les intérêts majeurs de leurs peuples.
Et pourtant il faut garder l’espoir. Le processus prendra probablement plus de temps à déboucher sur la paix que ce que nous espérions. Mais y a-t-il une autre issue à ce conflit que la paix ? Je ne le crois pas. Je persiste à penser que chaque camp devra faire des concessions pour parvenir à une cohabitation harmonieuse. L’exemple Européen qui, au sortir de la seconde guerre mondiale, a su construire un espace de paix et de prospérité, devrait inspirer tous ceux qui ont soif de paix dans cette région. Je pense au peuple Israélien mais je pense aussi au peuple Palestinien qui, dans leur immense majorité, espèrent la fin des combats. Le Traité de Lisbonne a donné à l’Europe un responsable des Affaires Etrangères, en l’occurrence une femme de nationalité Britannique. Je la trouve bien silencieuse et bien absente du débat. Sa nomination est certes récente mais il n’y a pas de temps à perdre pour occuper la part que l’Europe doit occuper dans le règlement du conflit touchant cette région du Monde. J’espère que très rapidement l’Union Européenne saura prendre des initiatives dans ce domaine. La contribution Européenne dans le processus de paix est attendue…depuis trop longtemps !
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