Europe: le feu vert
Par Rudy Salles, samedi 31 octobre 2009 à 06:28 :: Politique :: #1153 :: rss

Le Traité de Lisbonne aura suscité espoir et inquiétude. Espoir car son adoption permettra de donner enfin un cadre à la mesure d'une Europe à 27 avec des procédures plus démocratiques. D'autre part l'Europe sera enfin visible. En effet, jusqu'ici l'Union est présidée par l'un des pays membres et cette présidence tourne tous les six mois. Ainsi, la population Européenne ne sait jamais qui préside. Cela ne donne aucune visibilité à l'Union Européenne. Il y a une trentaine d'années le Secrétaire d'Etat Américain Henri Kissinger, quand il était interrogé sur l'Europe, répondait: l'Europe, quel numéro de téléphone? L'Europe a besoin de cette identification, l'Europe a besoin d'un visage comme l'ont les Etats. Obama pour les Etats Unis, Sarkozy pour la France, Merkel pour l'Allemagne incarnent leur pays. L'Europe a besoin d'un Président. Le Traité de Lisbonne prévoit cette présidence pour deux ans et demi renouvelables une fois, soit une durée de 5 ans.
D'autre part, l'Europe a besoin d'exister sur le plan de la politique internationale. En effet, l'Union est l'une des plus grandes puissances mondiales sur le plan économique, mais c'est un nain sur le plan politique. Il faut un "Ministre des Affaires Etrangères" incarnant la politique extérieure de l'Europe même s'il portera une autre appellation. Ceci est également prévu par le Traité de Lisbonne.
Alors puisque ces mesures sont tant attendues et nécessaires pourquoi ne sont-elles pas encore en vigueur? Parce que les procédures d'adoption sont longues et compliquées. Il faut que tous les Etats membres le votent. Certains Etats peuvent adopter le Traité par la voie Parlementaire. C'est ce que la France a fait et aussi ce que la plupart des autres pays ont réalisé. En revanche l'Irlande a l'obligation de passer par la voie référendaire. Un premier référendum a donné une majorité au NON. Il aura fallu que les Irlandais s'y reprennent à deux fois et organisent un second référendum pour adopter le Traité. Il faut dire que lors d'un référendum, le peuple exprime souvent son mécontentement sans répondre vraiment à la question qui lui est posée. Après l'Irlande, le processus a été bloqué par la République Tchèque. Dans ce pays le Parlement a adopté le Traité mais le Président, euro-sceptique patenté, refusait de signer la promulgation de la loi. Ce pays a été très vite montré du doigt par l'ensemble de l'Union Européenne. Les Tchèques eux mêmes avaient honte de cette situation incongrue. Cette situation vient de trouver son aboutissement en lâchant quelques concessions mineures au Président Tchèque. Tout ça pour ça! Cela n'est pas très glorieux pour Vaclav Clauss mais si c'était le prix à payer pour débloquer l'Europe, il fallait le faire. Désormais la voie est libre pour permettre à l'Europe d'avancer. Le Traité de Lisbonne devrait être opérationnel d'ici la fin de l'année. Je me réjouis de cette bonne nouvelle qui éclaircie l'avenir de l'Europe, c'est à dire notre avenir.
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