dimanche 5 juillet 2009
De l'utilité des groupes contestataires...
Les groupes contestataires doivent exister dans une démocratie. C'est normal et c'est sain. Néanmoins cela ne suffit pas à faire vivre la démocratie. En effet, contester, critiquer, c'est d'une part dresser un constat négatif, d'autre part c'est se cantonner dans un rôle d'observateur et non d'acteur. Pourtant le système "majorité-opposition" avait plutôt bien fonctionné dans la Cinquième République jusqu'à une période récente. En effet, face au pouvoir, il existait des partis politiques d'opposition qui proposaient des solutions alternatives. On pouvait partager ou non ces propositions, elles avaient le mérite d'être exposées et donnaient ensuite le choix aux électeurs.
Or, force est de constater que ces partis d'opposition sont tombés dans le registre de la contestation envers le Président de la République, parfois même une contestation obsessionnelle sans jamais faire de proposition pour l'avenir. Ainsi l'opposition est-elle passée du statut d'acteur de la vie politique à celui d'observateur, voire de commentateur. Je rappelle que cette fonction devrait appartenir plutôt à la presse qu'aux politiques. Quant à ceux qui se disaient "ni à droite, ni à gauche", ils sont nulle part. Là où ils voulaient rassembler d'une rive à l'autre, ils sont perdus dans la confusion et sont devenus virulents avec tout le monde, la droite et la gauche ne trouvant aucune grâce à leurs yeux. Vouloir rassembler quand on rejette les grands courants politiques qui représentent une majorité de Français, il y a là un paradoxe que je n'arrive pas à m'expliquer.
Au bout du compte cette contestation échevelée, sans contre projet, c'est à dire stérile, sert les intérêts de la majorité et du Président de la République. Les problèmes d'égos au PS comme au MoDem, les fractures idéologiques internes qui traversent ces mouvements rendent leurs combats encore plus dérisoires. Et cette descente aux enfers n'est pas, me semble-t-il, sur le point de s'achever. Je crois même que le processus ne fait que commencer et qu'il s'accentuera au fur et à mesure que les grandes échéances électorales approcheront!
Ce billet, écrit à 06:02 par Rudy Salles dans la catégorie Politique a suscité :