vendredi 22 mai 2009
Proche Orient: la diplomatie Parlementaire
En ma qualité de Président du Parlement de la Méditerranée, j’ai effectué une tournée au Proche Orient, accompagné du Bureau de cette Assemblée. Au terme de cette visite, nous nous serons rendus au Caire, à Gaza, à Amman, à Ramallah et enfin à Jérusalem. Je rappelle que le Parlement de la Méditerranée réunit les Parlements de tous les pays qui bordent la « mare nostrum », représentant 500 millions d’habitants. Il est donc de notre devoir de permettre le dialogue entre ceux qui ne se parlent pas. C’est vrai pour les Balkans, c’est vrai aussi pour la Grèce et la Turquie par rapport à Chypre, c’est également vrai pour l’Algérie et le Maroc dont les frontières sont fermées à cause de la question relative au Sahara occidental. Mais c’est surtout vrai pour le Proche Orient. En effet, le conflit Israélo-Palestinien vient souvent monopoliser nos travaux et comporte une dose émotionnelle et passionnelle empêchant tout dialogue constructif.
C’est contre cela que nous voulons lutter en tentant de démontrer que la volonté de se parler doit l’emporter sur la capacité de se haïr. Je me suis rendu à Gaza pour la première fois. Partant de la ville de Rifah en Egypte, on se dirige vers le « check point » donnant accès à la fameuse bande de terre située entre la mer et Israël. Le point de contrôle est une espèce de « no man’s land » où règne le silence du fait de la quasi inexistence de circulation à ce poste frontière fermé. Après les contrôles minutieux de nos passeports, les véhicules blindés de l’ONU dans lesquels nous avons pris place avancent en direction de Gaza. Passé ce site charnière appelé « le corridor de Philadelphie », la vie reprend sa place. Dans Gaza le vrombissement des véhicules, le cheminement des ânes tirant des charrettes, les enfants courant dans tous les sens rappellent que la vie d’un million et demie d’âmes dans un petit territoire ne saurait passer inaperçu. Dans le même temps les décombres de maisons bombardées, les portraits de jeunes gens armés s’étant fait exploser dans les rues Israéliennes rappellent que nous sommes dans l’un des lieux emblématiques des tensions du Monde.
La terre est riche. Ici pas de désert. Les cultures pourraient y être prospères. Les gens pourraient vivre heureux. Au lieu de cela, c’est la misère. La fermeture de la bande de Gaza rend l’économie et même la vie quotidienne très difficiles. La misère engendre le terrorisme à moins que ce ne soit le contraire.
Dans ce contexte nous sentons combien nous avons intérêt à aider les uns et les autres à ouvrir des plateformes de dialogue afin de rendre les conditions de la paix possibles. Interrogé par les télévisions Palestiniennes qui me demandaient ce que je pensais de la situation et quel message j’étais venu apporter à Gaza, je répondais qu’on ne fait la paix qu’avec ses ennemis. Qu’ainsi le devoir d’espoir s’impose à condition que chacun fasse un pas l’un vers l’autre. Ce dont je suis convaincu c’est que les Israéliens comme les Palestiniens ont vocation à vivre côte à côte, voire à vivre ensemble. C’est bien ce que les Européens ont réussi à faire alors que pendant des siècles les guerres se succédaient.
Souhaitons que des hommes de bonne volonté sauront se révéler dans cette région pour construire une paix durable à laquelle les peuples aspirent légitimement. Le travail des Parlementaires de la Méditerranée entend apporter sa contribution à cette aventure en permettant aux représentants élus des peuples de se parler, de se comprendre, de travailler ensemble voire de s’apprécier !
Ce billet, écrit à 06:35 par Rudy Salles dans la catégorie Politique a suscité :