Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

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samedi 25 avril 2009

Ségolène parle, Martine se tait: le PS est aphone

Curieux le Parti Socialiste à la recherche de son identité, à la recherche de son leader, à la recherche de son catalyseur, à la recherche de lui-même tout simplement. Entre les "sorties" incontrôlées et intempestives de Ségolène Royal qui lutte pour exister médiatiquement et les silences prolongés de Martine Aubry qui semblent traduire à eux seuls tout le malaise du PS, chacun ressent, sans qu'il soit besoin de l'expliquer, que ce parti traverse une crise grave, probablement la plus grave de son histoire. Il est décidément bien loin le temps où François Mitterrand rassemblait tout le monde pour gravir les marches du pouvoir. Aujourd'hui, malgré quelques apparences et quelques succès électoraux, l'esprit n'y est plus, l'ambiance encore moins. Chaque individualité crée son propre courant pour exister mais personne n'essaie vraiment de mener un combat collectif basé sur des convictions.

Le PS est aphone, sa voix ne porte plus. Qui pourrait encore dire ce que propose le Parti Socialiste comme projet d'avenir? Qui pourrait expliquer ce qui relie encore des personnalités aussi diférentes que Martine Aubry, Ségolène Royal, François Hollande, Jack Lang, DSK, Laurent Fabius ou autre Claude Allègre? Il serait assez facile de rappeler tout ce qui les sépare mais la liste des points communs serait relativement courte à établir.

Alors quel avenir a encore le Parti Socialiste? Nul ne peut répondre à cette question. Qui peut entendre son message pour autant qu'il en ait encore un? Les électeurs de gauche sont désabusés et se réfugient un peu plus chaque jour dans l'abstention voire dans une gauche extrême de plus en plus véhémente. La décomposition de la gauche est consommée. Où s'arrêtera-t-elle? Personne ne peut le dire. Le Congrès du Parti Socialiste à Reims aurait du donner de la clarté, il a rendu le message encore plus inaudible qu'hier. C'est triste pour la gauche mais c'est encore plus préoccupant pour la démocratie. Car je préfère avoir en face un PS qui tienne debout plutôt qu'une gauche en ruine qui renaisse dans les habits de mouvement révolutionnaires. Mais ça n'est pas à nous de dire au PS comment se ressaisir. Alors laissons les socialistes à leur nombrilisme et avançons dans la voie des réformes car l'avenir de la France et des Français ne peut pas attendre la fin de ces péripéties.