Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

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dimanche 19 avril 2009

Européennes: la gauche en quête de crédibilité

Je regrette très sincèrement que l'élection Européenne passionne si peu les électeurs. Il y a une première raison à cela: il n'y a que trente ans que l'on vote au suffrage universel pour élire nos Députés Européens. Il y en a une seconde: rien n'a été fait depuis trente ans pour rendre l'Europe populaire dans l'esprit des Français. En effet, quand quelque chose marche bien, les Gouvernements successifs disent toujours que c'est grâce à eux et quand il y a des problèmes on accuse Bruxelles! La réalité est bien différente. L'Europe est le meilleur rempart contre les effets pervers de la mondialisation. La France toute seule ne pourrait pas lutter contre l'émergence des super grandes puissances comme les USA, la Russie, la Chine, l'Inde ou demain le Brésil. Grâce notamment à la création du grand marché intérieur Européen, nos entreprises peuvent s'en sortir. Enfin, on ne le dira jamais assez, l'Europe a transformé notre continent en espace de paix là où les peuples se battaient régulièrement dans des guerres fratricides.

A l'approche des élections Européennes ces sujets devront être placés au coeur de nos débats politiques. Or il se trouve que sur ces questions certaines formations politiques n'ont pas trouvé leur cohérence. Le Parti Socialiste en particulier est, depuis le référendum sur Maastricht, profondément divisé et ne parvient pas à faire émerger une ligne politique claire. Ce parti est tiraillé entre les tenants d'une Europe intégrée et les adversaires forcenés de la construction Européenne. En outre le PS ne parvient pas à gérer ses alliances de gauche et même d'extrême gauche qui combattent l'Europe avec une rare violence. De cela aucune politique claire ne peut émerger. Et ne pas avoir de cohérence sur l'Europe conditionne toute crédibilité en matière de politique intérieure Française. Les dirigeants du PS le savent bien mais le sujet est délicat. Quand certains comme François Hollande évoquent le sujet, ils sont immédiatement rabroués par la hiérarchie socialiste pour refermer le débat.

Cette absence de ligne politique Européenne fragilisera le PS durablement. On ne peut pas à la fois se dire Européen et faire des sourires à l'extrême gauche de Besancenot. Le PS est donc pris à son propre piège en recherchant à tout prix une majorité improbable pour reprendre le pouvoir.