Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

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mercredi 15 avril 2009

Les sondages préfèrent l'inaction

J'ai toujours été frappé par les sondages, toujours très favorables aux personnalités consensuelles, de préférence celles qui ne dérangent personne ou qui n'ont aucun rôle à jouer. On a tous des exemples en tête que je n'aurai pas la cruauté de rappeler. Mais il y a un nouveau venu dans le club des bons sondages, c'est Jacques Chirac. Tant qu'il était Président de la République, il était au plus bas dans les enquêtes d'opinion, le Chef de l'Etat le plus impopulaire. Il lui a suffit de quitter l'Elysée et de ne plus faire parler de lui pour qu'il devienne la coqueluche des sondages. Ainsi désormais a-t-il la faveur de ceux qui le vilipendaient hier. Allez comprendre quelque chose dans ces retrounements de tendances.

Ceci m'interpelle: les Français préfèreraient-ils l'inaction à l'action? On peut sincèrement se le demander et en même temps s'en inquiéter. En effet, la situation économique et sociale du monde est à ce point préoccupante qu'elle exige de nos dirigeants une hyper activité permanente. L'inaction de ces derniers entrainerait immédiatement la disqualification de nos pays. Le Président de la République Française doit faire face à tout instant à des problèmes qui surgissent et qu'il faut régler sans tarder. Un soupçon d'inaction plongerait notre pays dans les pires difficultés. Mais les responsabilités et les problèmes effraient les sondés. Il en est même qui se prennent à rêver d'un monde meilleur où il suffirait d'un coup de baguette magique pour mettre fin aux difficultés auxquelles nous sommes confrontés. Donner des sondages favorables à Jacques Chirac aujourd'hui revient à regretter le temps passé et à idéaliser une période où les difficultés étaient moindre que celles que l'on rencontre maintenant. C'est en quelque sorte idéaliser le passé...

Il est légitime de ne pas faire table rase du passé mais il est impératif de regarder devant soi. L'avenir se construit avec des femmes et des hommes d'actions qui assument leurs responsabilités du moment. Sur le moment ils ne sont pas populaires, ils ne font pas rêver. Et pourtant leurs actions sont courageuses et leurs combats méritent d'être menés. Alors un jour, lorsqu'ils seront retirés des affaires, viendra le temps de les regretter et de les faire, à leur tour, monter dans les sondages. Ne serait-il pas plus juste d'apprécier, dans l'action, les mérites de ceux qui assument leurs responsabilités plutôt qu'à titre posthume? Cela permettrait au peuple d'être plus en phase avec ses dirigeants. Cela créerait aussi un élan national plus fort que celui que nous connaissons. Il y a encore bien du chemin à faire avant de parvenir à cette concorde nationale...