Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

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mercredi 18 février 2009

La reine déchue

La sondagite politique dans notre pays nous apprend une donnée constante: les challengers voient le plus souvent leur popularité au plus haut tandis que les personnalités au pouvoir n'arrivent pas à enregistrer une cote d'amour positive. Par exemple, Jacques Chirac qui fut très impopulaire pendant sa présidence est aujourd'hui très aimé des Français. Nicolas Sarkozy qui était populaire du temps de sa candidature l'est beaucoup moins une fois au pouvoir. François Mitterrand lui-même était un Président aimé quand il était en opposition au Gouvernement pendant la cohabitation. Quant aux personnalités qui ne sont pas en charge de responsabilités, elles flirtent avec des cotes d'amour constantes. C'est le cas de Simone Veil depuis des décennies, de Bertrand Delanoë qui n'a aucune responsabilité nationale ou encore de Dominique Straus Khan. Mais c'est aussi le cas des leaders de l'opposition comme Besancenot ou François Bayrou. Cette popularité ne signifie pas qu'au moment des élections ces personnalités soient en mesure de l'emporter. C'est donc là un paradoxe.

En revanche, quand vous êtes dans l'opposition, que vous taclez le Président de la République en permanence et que vous êtes ancienne candidate à la présidentielle, comment comprendre la chute de popularité? Ségolène Royal descend dans l'enfer des mauvais sondages car les Français ne comprennent plus à quoi elle sert. Le "show" du Zénith il y a quelques mois, l'apparition à Washington pour l'investiture d'Obama, la main tendue à l'extrême gauche depuis le Brésil au détour d'une furtive photo avec le Président Lula, tout ça ne contribue pas à installer une image sérieuse. Désormais, l'ex candidate battue au poste de Premier Secrétaire du PS se cherche et les Français, quant à eux, ne la trouvent pas. Aujourd'hui, même Martine Aubry lui est préférée par les Français. C'est ainsi! La question est de savoir si ce phénomène est conjoncturel ou bien s'il est durable. Ses propres amis penchent pour la deuxième hypothèse ce qui crée un climat délétère dans le clan Royal. C'est la dure loi de la politique. Madame Royal semble ne "servir à rien" dans la politique du pays. Déchue dans son propre parti elle l'est maintenant dans le coeur des Français. Et il sera très difficile de remonter la pente car sa crédibilité sur les grands problèmes du pays est proche du minimum. Et encore je ne veux pas être méchant!