Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

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mardi 6 janvier 2009

Solidarité avec les "naufragés du TER" de la Côte d'Azur

Le droit de grève est inscrit dans la Constitution. De ce fait il serait incongru de le nier ou de le combattre en soi: c'est un droit social qui ne saurait être discuté. En revanche son usage abusif lui est critiquable et mérite d'être dénoncé. En effet, la grève devrait être le recours ultime, celui auquel on aurait recours après que toutes les voies de la négociation auraient été épuisées. Mais malheureusement la grève est souvent utilisée, dans notre pays, comme un préalable ce qui est anormal. En effet, brandir dès le départ l'arme suprême de la grève, paralyse nombre d'activités et dévalorise même ce moyen de pression. Les usagers ne considèrent plus la gravité d'un conflit au déclenchement d'une grève, surtout si l'usage de celle-ci est systématique et répétitif.

J'en veux pour preuve ce qui se passe à la SNCF et plus particulièrement sur la Côte d'Azur. Les grèves dans les chemins de fer sont devenues chroniques. Désormais, à chaque fois qu'on prend le train, on se demande au préalable si la SNCF n'est pas en grève. Et dire que la réputation de cette grande maison était basée sur la ponctualité...c'était il y a bien longtemps! En effet, sur la ligne TER Côte d'Azur, l'une des plus anciennes du réseau SNCF mais aussi l'une des plus fréquentées de France, les grèves se répètent et se ressemblent. Depuis plusieurs semaines une grève paralyse le réseau. Elle s'inscrivait dans un mouvement national qui touchait d'autres régions. Mais alors que la reprise du travail s'est manifestée ailleurs, la grève se poursuit ici. Je pense à tous ceux qui sont lourdement pénalisés dans leurs vies quotidiennes, dans leurs trajets pour aller travailler, et qui n'ont aucune alternative. Une journée ou deux d'absence c'est difficile à gérer mais passe encore...Mais plusieurs semaines, c'est tout simplement insupportable. Les grévistes ne se rendent pas compte de leur responsabilité en la matière. Ils perturbent la vie de milliers de personnes qui n'ont pas la possibilité de se mettre en grève pour réagir à une telle situation. Et dans le même temps ces cheminots scient la branche sur laquelle ils sont assis. Car il faut qu'ils soient conscients qu'une telle situation ne pourra durer ainsi indéfiniment. Dans le système de concurrence dans lequel on s'oriente, le privé viendra bientôt s'installer là où la SNCF ne remplit plus sa mission. Et il n'y aura alors plus aucun usager pour venir défendre la cause de ceux qui aujourd'hui conduisent ces grèves.

J'espère que chacun saura se ressaisir et que cette grève s'achèvera dans les meilleurs délais. J'appelle de mes voeux à la reprise du travail dans le réseau TER de la Côte d'Azur. En attendant je manifeste mon total soutien et ma solidarité à tous les naufragés du TER qui se débattent quotidiennement et en silence dans la galère des transports.