mercredi 17 décembre 2008
Le Pen inaugure son nouveau et dernier siège…
Après les déconvenues électorales du Front National, le parti de Jean Marie Le Pen doit restreindre la voilure. Le premier signe apparent de cette régression est le déménagement du siège depuis son adresse historique de Saint Cloud que son vieux capitaine appelait « le Paquebot ». Depuis ce vaste édifice qui dominait Paris depuis la colline de Saint Cloud, l’extrême droite a depuis vingt ans préparé ses combats politiques. Le Pen et son parti ont connu des succès électoraux sans jamais concrétiser quoi que ce soit. Parti d’un mouvement de mauvaise humeur, les électeurs ont souvent voté pour le FN par dépit pour manifester leurs désaccords avec des politiques de droite ou de gauche qu’ils considéraient comme inefficaces. Pour autant, si les scores étaient importants, ils ne permettaient pas, ou très exceptionnellement, aux candidats frontistes d’être élus. Et quand ce fut le cas, comme à Toulon par exemple, ce fut catastrophique. La gestion municipale par le Front fut calamiteuse et en outre elle fut menée dans un climat haineux qui consistait à monter les populations entre elles.
Le vent a tourné. Les sujets comme l’immigration par exemple sont désormais sérieusement pris en compte par les dirigeants Français. Nicolas Sarkozy a eu le courage de dire clairement comment il voyait la situation et quelles solutions il proposait. Et ce discours, qui a séduit les électeurs, est désormais entré en application. C’est vrai dans ce domaine comme dans bien d’autres sur lesquels Jean Marie Le Pen avait pris l’habitude de crier plus fort que les autres.
Alors le temps des désillusions a sonné au Front National. L’âge de son capitaine vient s’ajouter à la dégringolade du mouvement. Désormais les succès électoraux ne sont plus à l’ordre du jour. Ils ont été remplacés par les revers, les échecs. La claque prise par Le Pen aux dernières Présidentielles suivies par celle des candidats du Front aux élections législatives ont tari les sources de financement du Parti. Les déchirements internes et les dissidences qui agitent cette formation ajoutent au climat délétère de fin de règne. Alors le vieux capitaine ramené à plus de modestie dans son nouveau siège de Nanterre ne peut plus faire la moindre illusion. Je dirais même que le « tour du propriétaire » avait quelque chose de pathétique. Il a appelé ce nouveau siège le « carré ». Je crois qu’il s’agit du « dernier carré », celui de ses ultimes fidèles et de quelques membres de sa famille qui le suivent encore.
Politiquement, cette situation n’est pas pour me déplaire. Je suis et je resterai le dernier Député à l’avoir battu à des élections législatives. C’était en 1993 dans la troisième circonscription des Alpes Maritimes. Le combat fut rude, je dirai même violent. Il m’appelait « le candidat résiduel ». Je faisais celui qui ne l’entendait pas. J’ai résisté et l’ai poussé vers la sortie. Il a enfin quitté nos rivages à qui il donnait une si mauvaise image de la politique. Alors je me félicite de la débandade du Front National. Je l’attendais depuis si longtemps…
Ce billet, écrit à 06:12 par Rudy Salles dans la catégorie Politique a suscité :