mardi 9 décembre 2008
Tempête dans un verre d'eau


Le Président de la République a rencontré le Dalaï Lama à l'occasion d'une réunion de prix Nobel en Pologne. Dès lors le Gouvernement Chinois a vivement réagi, récusant le choix de Nicolas Sarkozy et insinuant que des conséquences négatives pour la France découleraient de ce rendez-vous. Je trouve cette réaction déplacée et même contre productive. Déplacée, parce que le Président Français rencontre qui il veut, quand il veut, sans être obligé de demander l'avis d'un chef d'Etat étranger. C'est là un principe de base qui ne saurait connaitre d'exception. Déplacée également car la Chine n'a pas réagi de la sorte à l'égard des autres Présidents ou Premiers Ministres Européens ayant rencontré le Dalaï Lama. Je pense notamment à Angela Merkel qui a reçu le moine Tibétain à Berlin sans que cela ne soulève la moindre remarque de la part des dirigeants Chinois. Je pense aussi aux dirigeants Américains qui reçoivent le Dalaï Lama à Washington régulièrement sans que Pékin ne réagisse. Cette réaction anti Française est certainement consécutive au passage chaotique de la flamme olympique à Paris au printemps dernier qui avait soulevé une vive polémique dans notre pays et qui avait profondément vexé les autorités Chinoises. Mais dans une démocratie le Gouvernement ne peut réprimer des manifestations de rues. C'est la liberté qui domine, n'en déplaise aux autorités Chinoises.
Je trouve également ces réactions contre productives car l'entretien de trente minutes entre Nicolas Sarkozy et le Dalaï Lama n'a pas été une rencontre anti Chinoise. Le Président Français a voulu écouter les arguments du religieux qui a la réputation d'être un non violent. D'autre part, Nicolas Sarkozy n'a jamais exprimé la moindre idée en faveur du séparatisme du Tibet. Il a cherché, par des propos apaisants, à encourager l'instauration d'un dialogue entre les dirigeants Chinois et les Tibétains. Il n'y a rien de subversif dans ce type de démarche, bien au contraire. Les dirigeants Chinois devraient se féliciter de l'attitude de la France qui se veut positive et conciliatrice.
Alors les relations entre la Chine et la France vont-elles se tendre et se dégrader? Je ne le souhaite pas. Je pense que cette tension est simplement conjoncturelle et qu'elle est motivée par des contingences de communication intérieure. Mais il faudra bien que ce climat "électrique" cède la place à des relations confiantes car la France et la Chine sont deux pays qui n'ont aucune raison objective de se tourner le dos. Alors un peu de diplomatie dans les rouages, de la bonne volonté partagée et les choses rentreront dans l'ordre.
Ce billet, écrit à 06:35 par Rudy Salles dans la catégorie Politique a suscité :