Israël: la proportionnelle qui paralyse
Par Rudy Salles, mercredi 29 octobre 2008 à 06:25 :: Politique :: #847 :: rss
Je ne suis pas un opposant systématique au scrutin proportionnel. En effet, une dose de proportionnelle permet la représentativité politique. C'est le cas, par exemple, dans les Conseils Municipaux où l'ensemble des courants présents ayant obtenu plus de 5% des voix au second tour sont présents dans les Assemblées Communales. Je ne connais personne qui conteste aujourd'hui ce mode de scrutin. En revanche, la proportionnelle intégrale est certes un système qui permet la représentation de tous les courants de pensées mais qui peut paralyser gravement l'action politique. Le meilleurs exemple en la matière est le système Israélien. En effet, dans ce pays, le Parlement "la Knesset" est élu à la représentation proportionnelle intégrale. Des listes nationales sont présentées aux suffrages des électeurs et il suffit d'obtenir 2% des voix pour obtenir un Parlementaire. Ainsi ce système amène à une dispersion des voix et empêche la formation de majorités absolues cohérentes.
Dès lors, à chaque scrutin, le parti arrivé en tête doit parvenir à former une coalition avec d'autres partis qui étaient, pendant la campagne électorale, ses adversaires. Ceci donne des majorités fragiles et dont le programme repose sur un tout petit dénominateur commun. Cela ne donne qu'un poids très relatif au Gouvernement qui peut être mis en minorité à tout moment. Pire, il est des moments où le Premier Ministre nommé par le Président ne peut même pas constituer de Gouvernement, faute de majorité. C'est le cas actuellement. En effet Tsipi Livni qui a été chargée par le Président Israélien de former le futur Gouvernement ne trouve pas suffisamment d'alliés pour former sa majorité. Certes un accord a été engagé avec les travaillistes mais cela n'est pas suffisant. Le parti religieux reffuse d'entrer dans la coalition et bloque le système. Dès lors Tsipi Livni est contrainte de "jeter l'éponge" et de réclamer des élections générales. Il faut souhaiter que celles-ci seront en mesure de clarifier la situation mais rien n'est moins sur. Car si les électeurs éparpillent leurs voix comme ils le font traditionnellement alors la formation d'un Gouvernement sera toujours aussi difficile.
Ceci est un problème d'autant plus contraignant que la politique en Israël est un élément déterminant. Dans une région en guerre où les décisions ne peuvent attendre et où le Gouvernement doit être fort pour pouvoir être respecté de l'extérieur, on voit combien un tel système peut poser de problèmes. Les Israéliens en ont bien conscience. Une délégation de la Knesset était venue, il y a quelques années, à l'Assemblée Nationale pour étudier notre mode de scrutin. J'avais bien senti, à l'époque, l'opposition à tout changement dans ce domaine de la part des partis religieux. Et comme il faut un consensus pour changer le mode de scrutin, cette question n'est pas à l'ordre du jour. On comprendra mieux la politique Israélienne qui consiste en permanence à rechercher le compromis improbable. Tout un art!
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