Quand l’idéologie et l’ambition partisane l’emportent sur l’intérêt général
Par Rudy Salles, mardi 21 octobre 2008 à 06:51 :: Politique :: #839 :: rss
Le Gouvernement a décidé d’instaurer un service minimum d’accueil dans les écoles afin de pouvoir répondre à la demande des nombreux parents qui se trouvent très pénalisés les jours de grève. Après un essai de la part des Mairies volontaires –dont Nice-, il a été décidé de généraliser ce système en le rendant désormais obligatoire par la Loi. Les socialistes, opposés à cette initiative par idéologie, et aussi pour céder aux pressions de certains syndicats, ont refusé d’assurer le service minimum volontaire. Mais une fois la loi votée, ne pas répondre à l’injonction légale serait se mettre en infraction.
Certains Maires socialistes ont bravé l’interdiction, d’autres ont décidé de se soumettre à la loi comme le Maire de Paris. Nombreux de ses « camarades » ont critiqué son attitude en lui demandant de ne pas mettre en application une telle mesure. Ainsi, lors de la dernière grève des enseignants, Paris figura parmi les villes accueillant les enfants conformément à la loi. Mais cela ne dura que « ce que durent les roses, l’espace d’un instant ». En effet, sous la pression des militants socialistes et des différents courants, Bertrand Delanoë vient de battre en retraite et d’abandonner le service minimum d’accueil dans les écoles. Ainsi se met-il avant tout au service de l’idéologie et des pressions des militants socialistes, élection au poste de Premier Secrétaire oblige.
Mais dans le même temps il se met hors la loi. Est-il acceptable qu’un candidat à un poste de responsabilité politique de ce niveau puisse ainsi enfreindre la loi ? Cela me parait peu compatible avec la fonction. En attendant, ce sont les Parisiens qui vont « trinquer » et qui trouveront, lors des prochaines grèves dans les écoles de la capitale, porte close. Ils ne viendront pas remercier leur Maire et je suis même convaincu que cette volte-face fera date. Car au fond, Bertrand Delanoë est certainement convaincu du bien fondé de cette mesure, sa première réaction de l’appliquer en témoigne. Mais au PS l’intime conviction compte peu. Il est en effet plus important de placer l’intérêt du parti avant celui de nos concitoyens. Entre les socialistes et nous il peut y avoir des similitudes ou des différences, c’est selon la nature des sujets. Mais sur ce point précis, il y a une profonde divergence de fond quant au respect que les élus doivent à l’intérêt général. Que je sache nous ne sommes pas simplement les représentants d’un parti politique, nous sommes avant tout les élus du peuple. Le moins que l’on puisse faire pour marquer ce respect c’est d’appliquer la loi votée par le Parlement issu du suffrage universel !
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