Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

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mercredi 24 septembre 2008

Reconquérir la ville

Il y a quelques années, il fallait adapter la ville à l’automobile. C’était l’époque des grandes autoroutes urbaines qui détruisaient une partie de nos cités pour permettre aux voitures de circuler. C’était aussi le temps où il fallait élargir les espaces réservés à la circulation automobile au détriment de ceux des piétons. C’est à ce moment là que la Promenade des Anglais s’élargissait au point de devenir une avenue à 10 voies de circulation. C’est aussi cette période qui vit monter au dessus de nos têtes, dominant le centre ville, la fameuse « voie rapide », ce long ruban de béton gris qui dépasse des immeubles de plus de six étages. Les Niçois de l’époque de manifestaient pas et accueillaient ce « progrès » avec fatalité. Ils pensaient qu’on ne pouvait sans doute pas faire autrement…Notons au passage qu’à cette époque, toutes les autres villes en faisaient à peu près autant !

Trente ans ont passé et les mentalités ont évolué. Désormais ce type de construction soulèverait des protestations considérables qui viendraient empêcher de telles réalisations. Avec l’arrivée de transports en site propre comme le tramway, avec la mise en place de vélos en libre service, avec aussi l’augmentation du prix du pétrole qui qualifie la voiture au rang d’objet de luxe, les habitudes changent, les orientations urbanistiques aussi. Il n’est pas grand monde pour s’en plaindre, au contraire. L’écologie a gagné les esprits au point que chacun en redemande. La place Masséna débarrassée de ses « bagnoles », les quais du port Lympia bientôt réaménagés et mis à la disposition des promeneurs, viennent compléter le réseau des zones piétonnes de la rue Masséna ou du Cours Saleya qui sont devenus de hauts lieux d’animation. Et enfin l’emblématique avenue Jean Médecin piétonne dans sa partie basse et qui s’apprête à le devenir maintenant dans sa totalité ! C’est une idée qu’en ma qualité d’Adjoint au Tourisme j’avais proposée au Maire dès notre élection. Nous en avons fait l’essai qui s’est révélé concluant. C’est pourquoi l’idée de sa pérennisation est désormais admise. Etant depuis longtemps riverain de cette avenue par la présence de mon bureau Parlementaire, je me souviens de l’époque où l’on ne pouvait pas parler les fenêtres ouvertes. Désormais le silence est simplement souligné par le passage des tramways à intervalles réguliers, glissant sur leurs rails.

Les piétons sont partis à la reconquête de leur ville et leurs élus sont décidés à les accompagner. Ce mouvement va dans la direction d’une qualité de vie améliorée qui séduit les Niçois comme les touristes. Le Maire de Nice Christian Estrosi a fait de la « ville verte de la Méditerrané » plus qu’un programme de campagne électorale, un véritable crédo devant s’appliquer à tous les projets. C’est une évolution sans précédent qui va métamorphoser la ville pour la rendre plus douce, plus humaine.