Jack Lang: un homme libre
Par Rudy Salles, mercredi 23 juillet 2008 à 06:26 :: Politique :: #779 :: rss
On peut penser ce qu'on veut de Jack Lang mais au moins faut-il lui reconnaitre sa liberté de penser et d'agir ce qui en a fait un personnage politique atypique de ces vingt-cinq dernières années. Ce fut l'une des trouvailles de François Mitterrand qui le nomma Ministre de la Culture et qui aura laissé dans cette fonction une très forte empreinte. J'en veux pour preuve deux exemples de natures très différentes: la Fête de la Musique ou encore le classement de la façade du Palais de la Méditerranée. Dans le premier cas cette idée fut tellement populaire qu'elle fut reprise dans de nombreux pays du monde. Dans la seconde, la façade à laquelle les Niçois étaient très attachés fut sauvée grâce à son intervention expresse. Et de cela je tiens à le remercier. Et même si je n'ai pas toujours partagé ses points de vue, je respecte Jack Lang pour ses initiatives souvent novatrices et pour son indépendance d'esprit.
Et sur ce dernier point il vient d'apporter une nouvelle démonstration. En effet, Jack Lang ainsi que nombre de socialistes, ont souvent appelé à la réforme de la Constitution de la Vème République. Ainsi, quand il lui fut proposé de participer à la commission de réflexion présidée par Edouard Balladur sur ce sujet, il accepta d'apporter sa contribution. Cette attitude fut dès lors condamnée par un PS sectaire et qui se complait dans la critique systématique sans jamais faire de proposition. Le projet de Loi Constitutionnelle arrivant au terme de son examen au Parlement réuni en Congrès, c'est tout naturellement que Jack Lang vota favorablement rappelant qu'il en était l'un des co-auteurs. Le projet ayant été adopté à une voix de majorité, les regards se sont tournés vers lui mais surtout la vindicte de ses collègues socialistes ne se fit pas attendre. Il est au bord de l'exclusion mais compte tenu de son aura dans le parti le PS préfèrerait qu'il démissionne.
Ces attitudes sont lamentables et indignes. S'acharner contre un homme libre est vil. Ca n'est certainement pas comme cela qu'ils lui feront changer d'avis. Ca n'est pas non plus ainsi qu'ils ressortiront grandis d'une mauvaise passe politique dans laquelle ils se sont fourvoyés. Alors le Président de la République a dit, au sortir du vote, qu'il n'y avait ni gagnant ni perdant. Mais j'apporterai une correction pour dire que l'état major du Parti Socialiste est tout de même le grand perdant de cette affaire en mettant au placard ceux qui ont encore la volonté de donner leur opinion en dépit de toutes les menaces.
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