Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

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lundi 14 juillet 2008

Paris centre du Monde

Ce 14 juillet 2008 restera dans les annales comme une date importante dans la diplomatie Française. En effet une quarantaine de chefs d'Etats et de Gouvernements sont venus à Paris pour travailler à l'avenir des relations entre l'Europe et la Méditerranée! Ce projet un peu fou est devenu une réalité grâce à la détermination de Nicolas Sarkozy qui en avait fait une priorité pendant sa campagne électorale et qui n'a pas perdu de temps à la mettre en oeuvre une fois élu Président de la République. Et pourtant les embuches n'ont pas manqué. En effet, tous les Européens n'ont pas la "fibre" Méditerranéenne du Président Français et ne voient pas avec les mêmes yeux l'avenir de la Région. Et dans le même temps chacun comprend qu'il s'agit d'un sujet important et ne veut donc pas en être absent. C'est pourquoi le périmètre prévu au départ comprenant uniquement les pays Méditerranéens s'est élargi à l'ensemble de l'Union Européenne. On peut à la fois s'en réjouir et le regretter. S'en réjouir car la prise de conscience Méditerranéenne de la part de l'Europe est une chose positive qui va contribuer à relancer le processus de Barcelone qui avait eu tendance à s'enliser. En revanche on peut le regretter car l'Union Euro-Méditerranéenne ne doit pas se substituer à l'Union Méditerranéenne qui était l'idée d'origine du Président Français. Nous devrons donc rester vigilants sur ce point.

Et puis on a critiqué Nicolas Sarkozy pour avoir invité le Président Syrien ou encore le Chef de l'Etat Libyen, qui finalement ne viendra pas. Mais il faut sortir de l'isolement ces Etats afin de ne pas les pousser vers l'extrémisme. C'est là où la relation diplomatique prend tout son sens. Voir à Paris le Premier Ministre Israélien en même temps que le Président Syrien ou Libanais, assis à la même table, est un signe fort. Et même si cela ne règlera pas les problèmes que nous connaissons en quelques jours, cela contribuera à créer un climat favorable à un début de dialogue voire à des négociations puis, il faut y croire, à un processus de paix.

En tout cas, grâce à cette initiative de Nicolas Sarkozy, la France est redevenue un acteur politique majeur au sein de l'espace Euro-Méditerranéen. Notre pays qui n'était plus entendu au Proche Orient revient à nouveau dans le jeu et pourra devenir, dans le futur, un pays sur lequel le Monde comptera grâce à une vision équilibrée. Cette équidistance assumée entre les différents bélligérants du Proche Orient, qui ne laisse pas de place à l'ambiguité, est la garantie, est l'assurance pour la France d'être respectée de tous et de pouvoir apporter une contribution positive en Méditerranée. Ce sommet de Paris doit être salué car il représente l'aboutissement d'un pari difficile: la participation d'un si grand nombre de Chefs d'Etat est la preuve que ce rendez-vous était très attendu.