Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

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Un NON paradoxal

Qu’on ne vienne pas me dire que les Irlandais ont des reproches à faire à l’Europe. En effet, voilà un pays qui, avant d’entrer dans l’Union Européenne, était le pays le plus pauvre de l’Europe, la lanterne rouge. Son entrée dans l’Union a permis à ce pays de connaitre un développement spectaculaire le projetant au rang des pays les plus dynamiques parmi les 27. Et pourtant ce pays vient de rejeter, par référendum, le projet de Traité simplifié accueilli favorablement par l’en semble des autres Etats.

Mais alors que s’est-il passé ? La même chose qu’en France en 2005, un vote sanction et c’est l’Europe qui en a fait les frais. L’Europe est devenue le bouc émissaire des citoyens qui entendent se faire entendre d’une façon ou d’une autre. Cette fois, l’augmentation du prix des matières premières et notamment de l’énergie a du peser lourd dans le vote des Irlandais et pourtant on ne peut pas dire que, dans ce domaine, l’Europe ait quelque chose à se reprocher. C’est même le contraire. L’Euro fort a eu pour principal mérite d’endiguer l’augmentation du prix du pétrole qui se facture en dollars. Mais ceci ne saurait être pris en compte tant l’exaspération des citoyens est importante.

Il faut dire aussi que l’Europe est depuis très longtemps un exutoire facile pour les gouvernements. En effet, quand quelque chose marche bien dans un pays, alors les Gouvernements en revendiquent la paternité. Et quand il y a un problème, les mêmes en rejettent la responsabilité sur l’Europe. Ainsi, l’Europe a bon dos pour assumer tous les travers de nos sociétés sans jamais pouvoir être gratifiée de ses réussites. C’est là une grande injustice qui désormais se paie de scrutin en scrutin. Cette spirale anti Européenne est inquiétante et dangereuse pour notre avenir. Face à la montée de géants comme la Chine ou l’Inde, les Européens doivent prendre conscience qu’il n’y a de salut que par la construction d’une Union Européenne forte et organisée.

Mais pour revenir au NON Irlandais, s’il est un nouveau coup de semonce, il ne doit pas mettre en péril l’une des plus belles aventures humaines de notre histoire. L’Irlande ne représente qu’un pour cent de la population Européenne. Ce qui vient de se passer est un échec mais il faut savoir relativiser cet événement et poursuivre la construction Européenne. Il faudra se pencher sur l’Irlande qui aura besoin d’y voir plus clair dans sa lanterne Européenne. Mais il ne saurait y avoir d’alternative à l’Europe. Alors serrons les dents et « haut les cœurs » l’Europe a traversé d’autres crises qu’elle a su surmonter. Nous devons nous mobiliser pour qu’elle parvienne à sortir de cette nouvelle ornière.

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Commentaires

1. Le samedi 14 juin 2008 à 17:50, par claude raybaud (droits du piéton)

C'est vrai, comment un pays qui doit tant à l'Europe peut se retourner contre elle? L'Europe a été un formidable vecteur de paix et de croissance économique depuis sa création. Mais au delà de cette question générale, se pose celle de la démocratie globale. Je ne comprends pas pourquoi le traité de Lisbonne serait caduque parceque - comme le dit Rudy Salles - 1 % de la population européenne (en réalité, 54% du corps électoral irlandais - ce qui est encore moins) le rejette. Et les autres pays qui ont voté pour, soit par référendum soit par la voie de leur représentants parlementaires? Leur voix -ultra majoritaire - ne compte-t-elle pas? Il s'agit en réalité d'un déni de démocratie.

Faire revoter les irlandais en leur forçant la main serait indigue et mesquin. On pourrait en revanche donner à l'Irlande un statut provisoire de membre associé à l'Europe, laquelle serait organisée désormais selon les termes du traité de Lisbonne dument approuvé par les autres Etats membres. A moins que l'on organise - comme le suggère M. Barroso- une consultation globale de tous les électeurs européens sur des question claires qui pourraient s'articuler comme suit "voulez vous d'un Président européen élu, voulez vous que le parlement européen ait plus de pouvoir dans tels domaines...

2. Le samedi 28 juin 2008 à 10:43, par jeanne

Monsieur Rudy Salles? Connaissez vous le droit international? Lequel engage notre pays?

Que vous soyez pour l'UE, très bien. Que vous désiriez que l'idée européenne soit pérenne, très bien. Je le souhaite aussi.

Mais prétendre faire avaler aux citoyens que lorsqu'il s'exprime, ils n'ont droit que de dire "oui" sous peine d'être considérés comme des parias, est particulièrement odieux de votre part.

Vous dites que le référendum qui a eu lieu en Irlande est un vote "sanction". Idée charmante ! Comme bien sur, le vote des Français reposaient uniquement sur un "non" à Jacques Chirac ! Ne vous êtes vous pas dit que ce que peut être les Français, les Irlandais, les Neerlandais, comme tous les peuples d'Europe qui auraient souhaité s'exprimer, mais qui n'ont pu le faire, c'était envoyer un "message" à l'adresse non des gouvernants nationaux...Mais de l'Union Européenne elle même? Car, excusez moi, mais que fait l'Union Européenne en matière de produits pétroliers? Rien. Que fait l'Union Européenne contre les délocalisations? Rien. Que fait l'Union Européenne pour aider les salaires à aller vers le haut? Rien. Je vous engage à regarder la priorité des "européens" pour l'année 2008. Ce n'est pas l'immigration...C'est le pouvoir d'achat.

Je gage que si la seule réponse de l'Union Européenne est de faire comme en France, un coup de com, pour inviter les citoyens à être "patients", parce qu'on ne peut "rien faire" ! Il ne faut pas s'étonner du discrédit d'Institutions qui s'intéressent plus à comment faire entrer la Turquie en douce qu'à comment faire pour protéger les citoyens européens !

Je vous rappelle à ce propos, que le vote "sanction" est une jolie manière de décrédibiliser un acte politique (oui, un référendum en est un) mais ce discrédit s'appuie sur...Rien. En 1992, les Français ont voté, par référendum, le traité de Maastricht. Ce qui ne les a pas empêché, lors des élections suivantes de sanctionner la politique de Monsieur Mitterrand. Contrairement à ce que vous sous entendez, les Irlandais ne se sont pas prononcés contre leur Premier Ministre, mais bien avec l'espoir de voir l'UE s'intéresser un peu moins au grand sujet de la fessée, mais plus à celui du cout des matières premières, par ex.

Vous dites ensuite, que l'UE patit de sa situation de bouc émissaire idéal. C'est donc, et vous l'avouez vous mêmes, les dirigeants européens qui sont responsables du discrédit européen, en priorité. Que propose votre parti, ou vous même, pour y suppléez? Avez vous l'intention, par ex, de contraindre le Gouvernement à présenter au Parlement toutes les directives une fois celles ci mises en vigueur...Et non au gré de ses envies, avec vote en urgence? Avez vous l'intention d'instaurer une "veille parlementaire" visant à "anticiper" les projets de la Commission, pour faire comme vos collègues allemands ou anglais, du "lobbying" auprès des Institutions européennes, pour défendre la position française? Et éventuellement pour proposer au Gouvernement de faire voter une loi respectant la directive, avant même la mise en oeuvre de celle ci par les Etats membres? Avez vous l'intention de condamner chacune des paroles de Monsieur Sarkozy contre l'euro, la BCE, et la Commission? Avez vous l'intention de vous insurgez contre l'attitude particulièrement néfaste de Michel Barnier, qui au lieu d'expliquer que la France a pris des engagements, laisse croire que la Commission impose un diktat en matière de pêche au thon rouge?

Vos propos sont méprisants à l'égard des Irlandais. Bien qu'étant profondément européenne, je ne puis accepter, surtout de votre part, une telle attitude.

Rappelons pour commencer que la France ne représente guère plus de 1% de l'UE...Et qu'elle a obtenu une CIG suite au "non" des Français. Donc légitimement, l'arrêt du processus de ratification. Iriez vous dire que la France a droit à un privilège par rapport à l'Irlande? Les citoyens européens ne sont ils pourtant pas censés être égaux en droit?

J'ajoute, et en tant que représentant du Peuple, et européen convaincu, votre propos est particulièrement injurieux. Ignoriez vous donc que le Peuple Irlandais est un Peuple SOUVERAIN et que dès lors, ni la taille du pays, ni l'importance du nombre de ses habitants, ne lui enlève le respect qui lui est dû? Ainsi donc, un pays comme le Luxembourg (plus petit que l'Irlande) a droit de bloquer, au niveau de l'ONU, tout processus...Mais parce qu'ici il s'agit d'un Peuple...On devrait considérer que sa voix compte peu? Et doit être méprisée?

Je vous rappelle à cet égard que l'Union Européenne n'a pas de statut juridique clair, et pas non plus de personnalité juridique. L'Irlande ne se fond pas dans une organisation économique et politique, pas plus que la France. Elle décide, librement, d'y participer ou non. Expliquer donc que parce que vingt six parlements (et là vous vous engagez trop vite, car nos "amis" allemands et anglais n'ont pas encore ratifié, le traité de Lisbonne...Comme le souligne la Haute Cour en Angleterrre! Et son équivalent allemand !) veulent d'un traité, on devrait dénier à l'Irlande sa souveraineté, cela s'appelle Monsieur Salles, une atteinte aux "droits des peuples à disposer d'eux mêmes", principe que la France, au cas où vous l'ignoreriez, a pris l'engagement de défendre ! D'autant qu'il s'agit là d'un principe français, révolutionnaire. Donc qu'en principe, un représentant du Peuple, doit défendre !

J'ajoute Monsieur Salles, que juridiquement, le traité de Lisbonne est mort...Conformément aux dispositions relatives à l'adoption d'un traité, inscrites dans le traité sur l'UE, et sur le fonctionnement de l'UE (Rome et Maastricht + Nice), ratifiés par le Parlement et par le Peuple, et qui engage notre pays, qui doit par ailleurs respecter le droit international, et donc la Convention de Vienne de 1969, et la Convention européenne sur les libertés et droits fondamentaux, laquelle stipule que la sécurité juridique est considérée comme inhérente au fonctionnement de l'UE.

Pouvez vous me dire, selon quel principe républicain, Monsieur Salles, vous fondez vous, pour laisser entendre qu'il faudrait accepter de violer le droit international, le droit européen, pour ne pas mettre en péril...L'orgueil bafoué de Monsieur Sarkozy? N'estimez vous pas qu'il y aurait là un irrespect profond, tant envers le Parlement, que le Peuple (lequel a adopté Maastricht par référendum), si l'Union Européenne, qui prétend évoluer dans un Etat de Droit...Viole tant le sien, que l'international, qui l'engage pourtant?

En vertu de quel principe, estimez vous par ailleurs que ce traité a été "bien accueilli" par les Etats? Un Etat se fonde sur une Nation. Or, l'Irlande est la seule Nation a avoir été consultée. Prétendre que les parlementaires expriment la volonté populaire est faux, puisque lesdits Français ont exprimé un "non" à 55% face au plébisicite de leurs élus.

Je terminerais en vous disant que si l'Union Européenne a beaucoup apporté à l'Irlande, prétendre que les seules aides de l'UE sont l'explication de la performance du pays, est particulièrement injurieux. Il a fallu un Peuple courageux, un Gouvernement gérant bien l'argent, et une situation nouvelle (pays sortant de la colonisation) pour que l'Irlande s'en sorte. D'ailleurs, il faut être cohérent. On ne peut pas prétendre trouver détestable qu'un Peuple fonde son vote en fonction de critères mercantilistes...Et l'accuser dans le même temps de n'avoir pas voté "oui" pour cette raison !

La France est notre pays. Les parlementaires ne se gènent pas pour la critiquer, souvent en dire du mal. Pour quelle raison les citoyens n'auraient pas droit de libre arbitre en la matière, vis à vis de l'UE?

Les Irlandais se sont exprimés par référendum. Un référendum, c'est dire "oui", ou "non". Si vous voulez des référendums où l'on dit "oui" ou "oui", vous vous êtes trompés d'époque. Mais bon, l'UE admire sans doute l'exceptionnelle "démocratie" de l'URSS (elle aussi très enviée!) : qui voulez vous pour Président? Staline, Staline, ou Staline?

3. Le jeudi 17 juillet 2008 à 02:32, par Tanta Victorina :: site

Hé... Rudy...
Li pas mandà dire la frema !!!

Que li respouòndre ahura ?

Es ben embarrassà !

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