Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

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mercredi 11 juin 2008

Grèves peu suivies

De nouvelles grèves sont venues à nouveau perturber le trafic SNCF. Mais on peut dire que celles-ci se sont soldées par un échec ayant été fort peu suivies. En effet, il y a tout d'abord un problème de lisibilité. Plus personne ne sait au juste pour quel motif certains cheminots font grève. Ils répondent à des mots d'ordre de leurs syndicats mais savent-ils encore pourquoi. Il y a en outre, un vrai "ras le bol" des usagers qui ont le sentiment d'être pris régulièrement en otage. Combien d'heures de travail perdues, de journées désorganisées, de vies de famille perturbées à cause de l'activisme de quelques uns. Cette exaspération est à son comble. D'habitude, quand on interroge les usagers sur les quais des gares devant des voies vides de trains, il y a toujours des gens compatissants qui disent vouloir comprendre les motivations des grévistes. Pour la première fois, je n'ai pas entendu une personne donner raison à cette grève.

Enfin, la grève a été un échec parce que nombre de cheminots en ont assez d'arrêter de travailler et de voir leurs salaires amputés à la fin du mois. Peut-être prennent-ils conscience que certains syndicats les instrumentalisent! Je souhaite, pour ma part, que la grève ne soit pas le préalable à toute négociation comme le font aujourd'hui certaines organisations syndicales. Le droit de grève est inscrit dans la Constitution, il doit donc pris en considération. En revanche, il devrait être l'arme ultime quand tout le reste à échoué. Il faut donc privilégier le dialogue social et la négociation avant de se lancer dans une grève qui est toujours pénalisante pour les usagers comme pour les salariés. Les syndicats abusent de ce moyen car il est médiatique et permet de faire de la publicité à leurs actions. La négociation et le dialogue sont par essence plus discrets. Mais ne vaut-il pas mieux l'efficacité dans la discrétion plutôt que l'échec tonitruant? Chacun aura compris que je suis pour la première solution plutôt que pour la seconde. Et je pense que nous devons être nombreux à penser ainsi dans le pays...