Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

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La météo nous révèle nos imprudences

Les intempéries qui sévissent depuis quelques années sur l'ensemble de la planète et ces jours-ci en France et même dans notre région nous révèlent les souffrances qui ont été infligées à la planète par les hommes. Les ouragans, les averses intempestives, les inondations, les chutes de grèle comme on n'en avait jamais vu viennent désormais ponctuer l'actualité avec les conséquences dramatiques que cela représente sur la vie de millions de personnes dans le monde mais aussi sur la désorganisation de la société.

Il aura fallu attendre malheureusement de trop longues années avant que les gouvernants mais aussi les populations prennent conscience de la fragilité de l'éco système. C'est aujourd'hui chose faite dans un certain nombre de pays comme la France, par exemple, qui prennent désormais des mesures de protection. Mais hélas nombre d'autres pays, et pas des moindres, continuent de polluer sans limite. C'était le cas jusqu'à présent, des Etats Unis d'Amérique qui apparaissaient comme le premier pollueur mondial. Mais la prise de conscience dans ce pays se développe rapidement et des personnalités comme Al Gore, ancien vice président Américain, joue un rôle déterminant dans ce domaine. Hélas d'autres pays au développement rapide comme la Chine sont devenus aujourd'hui des pollueurs majeurs et inquiétants. Enfin, certains pays en voie de développement, qui n'ont pas les moyens ni l'expertise, se trouvent aussi parmi les grands pollueurs notamment concernant les fleuves qui sont devenus des égouts à ciel ouvert.

C'est pourquoi il est urgent que cette prise de conscience se généralise car plus personne n'est à l'abri des catastrophes générées par les atteintes à l'environnement. Les grands pays développés doivent assumer leurs responsabilités afin, non seulement de protéger la partie de planète dont ils sont directement les gestionnaires, mais aussi de veiller à ce que le reste du Monde ne soit pas meurtri comme c'est encore hélas le cas. Il s'agit d'une course de vitesse car au rythme où vont les choses, la Terre est condamnée à mourir et ses habitants avec. Je n'ai pas pour habitude d'être pessimiste mais réaliste. Et si ce modeste billet contribut à sensibiliser quelques réfractaires, alors je n'aurai pas perdu mon temps.

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Commentaires

1. Le samedi 31 mai 2008 à 17:37, par claude raybaud (assoc. droits des pietons)

Une fois n'est pas coutume, je mettrais un léger bémol au billet de Rudy Salles!

Certes il faut tout faire pour que notre monde soit plus propre, plus économe en énergie. Je crois d'abord au nucléaire de façon transitoire, puis au solaire lorsque cette technologie sera entrée dans sa phase industrielle, donc abordable pour tous sans aide spécifique de l'Etat. Je crois aussi beaucoup à la limitation légale des déchets en amont : emballages inutilement volumineux pour des raisons marketing (les logiciels ou les plats cuisinés par exemple), les bulletins de propagande municipale papier (on a vu que celle de J. Peyrat n'a servi à rien puisqu'il a été largement battu en dépit d'une abondante litterature gratuite diffusée à tous les foyers niçois depuis des années) etc... Il faudrait également limiter par une charte des Nations Unies les cultures d' agro carburants, cultures qui restreignent d'autant les surfaces cultivables de produits alimentaires dont aura besoin l'humanité.

Mais je ne pense pas en revanche qu'il faille s'alarmer plus que de raison sur le climat. Beaucoup de catastrophes naturelles qui autrefois étaient inconnues des hommes nous parviennent uniquement grâce aux moyens modernes d'information. Ensuite, personne ne connait vraiment la nature du climat que nous aurons dans 50 ans, c'est de la prospective basée sur des extrapolations. Rien ne dit que dans 50 ans nous n'entrerons pas dans une nouvelle phase de refroidissement -comme nous en avons connues beaucoup durant la simple période historique - qui, elle, serait alors beaucoup plus dramatique qu'un réchauffement (moindres récoltes, disettes..). Rappelons-nous de la décrue glaciaire généralisées qui a sévi entre 1920 et 1960 suivie par un renouveau des glaciers entre 1960 et 1980 sans rapport logique avec la courbe ascendante du développement économique du monde.

Ceci étant dit, cela n'empêche nullement de réduire l'émmision de CO2 et autres gaz toxiques qui sont de toute façon néfastes pour notre environnement. Travailler pour un monde à la fois plus propre et plus performant pour tous doit rester un objectif majeur de l'action politique.

2. Le samedi 31 mai 2008 à 23:14, par Alexis Carlotti

Bonjour,

Je me présente tout d'abord : Alexis Carlotti, doctorant en Astrophysique à l'Université de Nice Sophia.

Certes, il est simpliste, et même complètement faux, d'attribuer *tout* les "dérèglements" du climat au réchauffement planétaire et à l'influence qu'exerce directement l'homme sur celui-ci.

En revanche, il est extrêmement probable qu'une partie de ces dérèglements soient liés à cette modification globale du climat. Les analyses des climats passés et les modèles climatiques développés à partir de ceux-ci montrent de façon indubitable qu'en dépit des variations naturelles du climat, celui-ci change réellement.

L'Europe, à travers l'Italie et la France, entretient une base en Antarctique destinée d'une part à des études astrophysiques (le ciel y est extrêmement pur) et d'autre part à des études glaciologiques. C'est grâce à la base Concordia que nous pouvons "remonter dans le temps" et connaitre la composition gazeuse de l'atmosphère terrestre depuis 800000 ans (programme EPICA). J'insiste, cette composition est connue sur près d'un million d'années. C'est beaucoup. Jamais, au long de cette si longue période, la concentration en CO2, en méthane et en d'autres gaz dit "à effet de serre" n'a augmenté si rapidement qu'au cours des 100 dernières années. La variation de la température suit presque parfaitement la même courbe.

Je regrette de jouer les Cassandre, mais si : il faut s'alarmer sur le climat.

On peut arguer que les modèles sont imprécis ou encore en phase de maturation, pourtant, même développés par différentes équipes sur différents continents, ils vont tous dans le même sens.

Notre génération subira les conséquences sans pouvoir réellement revenir en arrière, et ce sera probablement aussi le cas pour la génération suivante. Les actions engagées maintenant auront des effets, oui, mais à long terme, dans les siècles à venir. Si le laps de temps en question peut sembler long, il faut se rappeller que le réchauffement actuel a débuté au début du siècle. Et les premiers degrés gagnés sont dus à la pollution engendrée par l'industrialisation de nos pays. La pollution que nous engendrons nous aujourd'hui est plus forte encore et ses conséquences ne seront visibles que dans quelques dizaines d'années. L'ironie est là : on a voulu nier le phénomène en disant que l'action de l'Homme ne serait jamais assez puissante pour changer le climat, ce qui était faux. En revanche l'Homme n'est pas assez puissant pour enrayer les conséquences de ces actes, en tout cas pas de façon rapide.

Le réchauffement planétaire n'est pas une hausse globale et arbitraire de la température. Certaines régions verront leur température diminuer, d'autres augmenter. Ce n'est qu'en faisant la moyenne à l'échelle du globe que l'on tombe sur une augmentation. De plus la température est loin d'être la seule variable à prendre en compte : la pluviosité par exemple est fondamentale. Si vous dites à un habitant de notre région qu'il risque de faire un peu plus froid dans 50 ans mais que la sécheresse sera plus importante, je doute qu'il soit ravi. Je ne m'attarderai pas plus sur tout cela mais je tiens juste à rajouter que le niveau de la mer aussi changera. Ce ne sera pas un tsunami, ni même une marée. Pourtant il suffit de voir que les calottes polaires fondent, plus rapidement que prévu d'ailleurs, pour comprendre que toute cette glace ne fera pas que s'évaporer.

Le réchauffement ne sera pas non plus linéaire et monotone. Il connaitra des accélérations et des ralentissements, des reculs temporaires. Là encore c'est une moyenne, sur le temps cette fois, qui montre un réchauffement.

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