Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

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L'obligation de référendum sur l'entrée de la Turquie confirmée

Dans le projet de réforme de la Constitution que l'Assemblée Nationale vient de discuter, l'obligation de soumettre à référendum l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne a été confirmée. En effet, certains proposaient que cette consultation soit levée pour autoriser le Parlement à décider tout seul de l'admission de ce pays. Ceci était une mesure sur laquelle nous -les parlementaires de la majorité- ne voulions pas céder. En effet, nous sommes un certain nombre à considérer que l'Europe doit se fixer des frontières. Tous les pays de la planète ne peuvent pas se revendiquer Européens. Certes Istanbul est une ville située à la limite orientale de l'Europe mais l'Anatolie se trouve en Asie. Cela signifie que la plus grande partie du territoire de ce pays n'est pas située sur notre continent. Il y a aussi une autre considération importante, la Turquie est, et de loin, plus peuplée que le plus peuplé des pays Européens l'Allemagne. Ainsi, si ce pays accédait à l'Union Européenne, il serait le plus peuplé et donc le plus représenté au Parlement Européen, devant la France qui est pourtant l'une des grandes puissances Européennes et l'un des Etats fondateurs. Et enfin, si nous acceptions l'entrée de la Turquie au sein de l'Union Européenne, au nom de quel principe pourrions-nous refuser demain l'admission du Maroc, de la Tunisie ou de l'Algérie? Nous voyons bien que nous sortirions très largement des limites naturelles de l'Europe.

C'est pourquoi, l'Assemblée Nationale, dans sa grande sagesse, a décidé que les pays dont la population représentant plus de 5% de la population totale de l'Union Européenne ne pourraient pas être admis à rejoindre l'Union sans que cette décision ne soit tranchée par le peuple Français. Je me félicite de cette décision qui honore notre Assemblée et qui traduit le sens des responsabilités des Députés. Nous avions pris cet engagement devant nos électeurs, nous tenons nos promesses. Je pense qu'en agissant ainsi, on donne une nouvelle chance à l'Europe car on renforce l'idée d'intégration Européenne, un idée essentielle pour affronter les défis du futur.

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Commentaires

1. Le vendredi 30 mai 2008 à 09:20, par claude raybaud (assoc. droits des pietons)

Comme le dit Rudy Salles, refuser l'entrée de la Turquie dans l'union européenne ne signifie pas rejeter les turcs ou la Turquie en tant que telle. J'étais en Turquie l'été dernier: dans les campagnes, tous les immeubles sont équipés de panneaux solaires pour l'eau chaude, les villes sont modernes et bien tenues, Istanbul commence à se couvrir de gratte ciels ultra modernes dans les quartiers de Maslak et de Levent. Les usagers du tramway qui disposent de plus de places assises sont bien mieux traités que ceux du tramway de J. Peyrat, les personnes à mobilité réduite également. Mais dans le même temps, on est frappé de voir aux quatre coins de la ville de gigantesques drapeaux turcs, exprimant ainsi un certain nationalisme. L'état de développement de la Turquie n'a donc rien à voir avec son entrée dans l'union. Le Kazakhstan, riche pays pétrolier grand comme 5 fois la France et dont la frontière ouest se trouve aux portes de la Turquie, se développe également très vite depuis la chute de l'URSS. Pourquoi ne pas l'intégrer dans l'Union Européenne? Alors oui, des partenariats multiples peuvent être engagés, mais pas forcément des unions politiques .

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