jeudi 22 mai 2008
Le PS tente sa mue.
Après que Ségolène Royal ait tenté un rapprochement avec le MoDem et que DSK s’affiche, et depuis longtemps comme social-démocrate, voilà Bertrand Delanoë vanter les mérites du libéralisme. Oh, bien sur il ne s’agit pas du « libéralisme dévoyé par la droite » affirme-t-il mais du libéralisme néanmoins. Ainsi la lente mue du Parti Socialiste continue-t-elle. Mais vers quel horizon peut-elle amener ce parti qui passe son temps à faire le grand écart idéologique. En effet, à quoi cela sert-il de faire de telles déclarations quand, dans le même temps, on passe des alliances avec le Parti Communiste, qu’on dirige avec lui les villes, les départements, les régions et même l’Etat quand la gauche est au pouvoir ? Quelle signification peut avoir un tel positionnement quand on cherche à établir des liens avec la LCR de Besancenot ?
En fait ce sont là des postures politiques tendant à « ratisser large » politiquement mais qui ne règlent pas le problème du tiraillement dans lequel le PS se trouve depuis ces vingt dernières années. C’est si vrai que plus personne n’est en mesure de dire ce qu’est la gauche aujourd’hui. Sur l’Europe, sur l’économie, sur le social, ce sont des fossés qui séparent à peu près tous les courants socialistes sans compter leurs partenaires.
Alors la campagne qui s’ouvre pour le leadership du parti apparait plus comme une querelle d’égos, une bagarre de personnalités, ce qui permet masquer les vraies dissensions idéologiques. Les signaux qui sont donnés par les prétendants sont une volonté affichée d’apparaitre comme des « modernes » face aux archaïques de leur propre famille. Le problème est que les modernes ne sont pas majoritaires, ils sont même les otages des archaïques qui en fin de compte sont ceux qui pèsent dans les choix stratégiques et politiques du PS.
Ce billet, écrit à 00:21 par Rudy Salles dans la catégorie Politique a suscité :