mercredi 21 mai 2008
Réforme constitutionnelle : c’est parti.
Le débat qui s’ouvre au Parlement sur la réforme constitutionnelle est une occasion à ne pas manquer. La responsabilité n’est pas seulement du côté de la majorité, elle est aussi du côté de l’opposition. En effet, chacun s’accorde à dire, et depuis très longtemps, que nos institutions méritent réformées. L’évolution de la 5ème République, la mise en place notamment du quinquennat présidentiel ont changé la donne sans que le législateur ne soit allé au bout des réformes. De majorité en majorité, on parle de cette réforme indispensable sans que personne n’ose l’affronter. Quelles en sont les raisons ?
Tout d’abord il faut souligner la frilosité des gouvernants. Toucher à « l’édifice » semble hors de portée de ceux qui accèdent au pouvoir. Ils le proposent avant d’y parvenir mais une fois installés, alors ils s’en accommodent. Ce fut le cas de François Mitterrand qui se fit le pourfendeur de la 5ème République dans un ouvrage resté célèbre dans les annales intitulé « le coup d’Etat permanent ». A cette époque nos institutions n’avaient aucune grâce à ses yeux. Mais une fois au pouvoir il s’en satisfaisait et n’engageait aucune réforme institutionnelle. La seconde raison ce sont les pesanteurs politiciennes. En effet, pour parvenir à une réforme des institutions il faut soit un référendum, soit une décision du Parlement réuni en Congrès à Versailles. Dans le cas du référendum, il y a le risque que le peuple réponde par un vote de mauvaise humeur et se moque de la question posée. Dans le cas du Congrès du Parlement il faut soit le soutien de l’opposition, soit sa neutralité. Or l’opposition craint toujours de montrer une connivence avec le pouvoir. Et ainsi une réforme, la meilleure soit-elle, peut-elle être ainsi bloquée.
Cette fois le Président de la République a promis la réforme et entend la mener à son terme. L’opposition est tiraillée entre soutenir un progrès institutionnel et notamment le renforcement du pouvoir du Parlement et se démarquer pour tenter d’empêcher le Gouvernement de faire aboutir son projet. J’espère que l’opposition comprendra qu’il ne s’agit pas d’une réforme pour une majorité mais d’un projet permettant de moderniser nos institutions quelles que soient les majorités. L’intérêt général l’emportera-t-il ? Nous serons fixés dans quelques jours. J’espère, quant à moi que la raison saura marquer nos débats parce que nos concitoyens attendent de nous des actes et pas seulement des paroles.
Ce billet, écrit à 06:56 par Rudy Salles dans la catégorie Politique a suscité :