Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

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jeudi 24 avril 2008

Tempête dans un verre d'eau

La réforme des institutions promise par Nicolas Sarkozy arrive à l'ordre du jour. On aura l'occasion d'en reparler dans les jours qui viennent tant le sujet va susciter des passions souvent d'ailleurs disproportionnées. En effet, chacun convient, en privé, que nos institutions doivent être réformées. Chacun estime qu'il faut donner plus de pouvoir au Parlement par exemple. Mais dès que le sujet est abordé alors l'opposition cherche à s'oppposer par principe alors qu'au fond elle est d'accord. Je remarque que c'est là un mal typiquement Français qui consiste à s'opposer pour tenter de bloquer tout progrès même si, au fond, on n'a pas vraiment d'arguments. Dans d'autres pays, sur des questions de ce type, le compromis est en principe facile à trouver mais chez nous...

Je veux saluer, pour ma part, le fait que le Président de la République ait tenu les promesses du candidat et qu'il engage la réforme des institutions. En effet, ses prédécesseurs avaient bien évoqué le sujet mais s'étaient bien gardés d'y toucher. Cela fait 20 ans que je suis Député et j'ai toujours entendu parler de cette réforme nécessaire sans qu'elle ne voie le jour! J'entends ici ou là des protestations de la part de la gauche qui s'oppose à ce que le Président de la République puisse venir prendre la parole dans l'hémicycle de l'Assemblée Nationale. Mais pourquoi donc une telle position? Ainsi les Chefs d'Etats étrangers pourraient-ils le faire et pas le Président Français. Vaut-il mieux pour rendorcer le Parlement que les Députés apprennent, par le journal, ce que le Président de la République a à leur dire? Et puis voter une telle mesure sera l'expression du bon sens et conduira à la levée d'une hypocrisie. En effet, le président ne peut, à ce jour, venir parler devant la représentation nationale mais peut faire lire un discours par le Président de l'Assemblée...

Je demande à l'opposition de ne pas s'entêter à faire de la politique politicienne et d'essayer de retrouver la voie du bon sens que nos concitoyens n'ont cessé d'avoir. Car les Français ne comprennent rien à ce débat qui prend les allures de tempête dans un verre d'eau.