vendredi 11 avril 2008
OGM: la crise de nerfs

Pour avoir présidé plusieurs séances consacrées aux OGM, je puis témoigner de l'extrême tension qui a existé dans l'hémicycle pendant ces longues heures de débat. Les anti OGM étaient très mobilisés et utilisaient tous les artifices que leur permet le règlement de l'Assemblée Nationale pour ralentir le rythme de la séance. Ils cherchaient tous les prétextes pour provoquer des incidents. De l'autre côté il n'y avait pas les pro OGM mais des Députés qui s'interrogent et qui veulent simplement que, sur cette question où la science pose tant d'interrogations, la loi ne soit pas muette et puisse organiser un peu les choses. Le drame sur un tel sujet c'est que la gauche ait cherché à politiser à outrance le débat. C'est regrettable car la question des OGM n'est pas un sujet de gauche ou de droite, c'est un sujet de société sur lequel chacun devrait pouvoir voter en son âme et conscience, ce que nous avons fait d'ailleurs au sein du Nouveau Centre.
Je reconnais que pour la Secrétaire d'Etat en charge de ce projet de loi la tache a été rude. Le débat était non seulement long et agité, mais il était aussi très technique. Il faut donc non seulement maitriser son sujet mais aussi savoir contrôler ses nerfs. Et c'est sur ce dernier point que Nathalie Kosciusko Morizet a craqué. Pour l'avoir rencontrée mercredi matin, à la suite d'une ultime nuit de débat, j'ai vu une femme combative mais sur le visage de laquelle se lisait une certaine lassitude. On est Ministre, on n'est est pas moins une femme ou un homme avec ses faiblesses, avec ses doutes, avec ses sentiments. C'est peut-être aussi cela l'envers du décor de la politique où on cultive souvent l'art de ne pas laisser paraitre ce que l'on ressent au fond de soi. Mais quand on laisse exprimer sa colère, cela peut provoquer une crise. C'est ce qui s'est passé à la fin de ce débat difficile. Le Premier Ministre a rappelé tout le monde à la raison, l'incident est clos. Mais il nous rappelle que dans la politique, dans ce monde de brutes, il y a des êtres sensibles qui parfois peuvent craquer.
Ce billet, écrit à 06:10 par Rudy Salles dans la catégorie Politique a suscité :