Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

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jeudi 13 mars 2008

L'incompréhensible stratégie du MoDem

Nous avions défendu avec François Bayrou au premier tour de l'élection présidentielle, l'ouverture politique, une vision pour l'avenir, la nécessité d'avoir un projet, la volonté de travailler en pleine lumière en dehors des accords politiciens d'arrière boutique. Le président de l'UDF affirmait aussi sa volonté d'indépendance. Celle-ci approche aujorud'hui de ses limites. En effet, pour être totalement indépendant, il faut avoir la capacité de gagner les élections. Malgré un beau score au premier tour de la présidentielle, François Bayrou ne fut pas en mesure de se maintenir au second. Dès lors, au lieu de négocier en toute lumière un accord de gouvernement, il se contentait de dire qu'il ne voterait pas Sarkozy, façon d'indiquer à l'opinion publique -sans le dire- qu'il soutenait sa concurrente. Cette attitude décevait bon nombre de ceux qui lui avaient accordé leur confiance au premier tour ou encore qui avaient soutenu ses combats et ceux de l'UDF pendant des années.

Au lendemain des présidentielles, il annonçait que les municipales allaient être, pour le MoDem, une élection déterminante. Les listes MoDem se sont multipliées mais ont obtenu de très mauvais résultats. De ce fait, l'UDF qui étaient considérée comme une force d'appoint à 20% des voix étaient une famille politique qui pesait alors que le MoDem à 3% n'est plus qu'un grain de sable qui vient simplement gripper la machine. Car au lieu d'affirmer une ligne politique claire, le MoDem se comporte entre les deux tours comme un groupuscule qui lutte pour sa survie en tentant de jouer le rôle des faiseurs de rois. Les risettes faites à Delanoë au premier tour et l'attente d'un hypothétique appel téléphonique qui ne viendra pas entre les deux tours donne de Marielle de Sarnez une image peu glorieuse. Et puis il y a l'aspect règlement de comptes. En effet, à Marseille l'objectif est de déquiller Gaudin, à Saint Etienne il faut faire la peau du Maire sortant ex UDF, à Strasbourg, ville traditionnellement UDF le MoDem s'est marginalisé et ne figurera pas au second tour, à Blois, ville UDF mais où le Maire est aujourd'hui Nouveau Centre, le MoDem a l'obsession de le faire battre, etc.

Je n'ai jamais eu beaucoup de goût pour la politique politicienne et je dois dire que les postures du MoDem me navrent. Je ne reconnais pas le panache, la transparence voire l'honnêteté intellectuelle que j'avais tant appréciés ches François Bayrou. Ayant pour lui de l'amitié et du respect, je constate avec regret que depuis le mois de mai dernier nos routes se sont vraiment séparées. Je suis un élu du centre droit, j'assume cette position, j'assume aussi mes alliances avec l'UMP sans complexe. En revanche ces amitiés à géométrie variable, ces soutiens "à la tête du client" ne sont pas dignes de celui que j'avais soutenu. Je ne regrette pas les combats que j'ai menés à ses côtés jusqu'au premier tour de la présidentielle mais je regrette encore moins de l'avoir quitté. En effet, le MoDem est devenu un bateau ivre et son capitaine semble avoir perdu la boussole. Je rappelle à tous les militants UDF, navrés de cette dérive, que les vrais héritiers de l'UDF sont au Nouveau Centre et qu'en nous rejoignant, ils se retrouveront dans leur famille politique. Faire de la politique c'est construire un projet, non démolir en permanence tout ce qui se trouve autour de soi. C'est pourquoi je sais que le centre va se restructurer autour de notre formation et qu'ainsi nous pourrons à nouveau peser dans le débat démocratique et faire avancer les idées libérales, sociales et Européennes auxquelles nous sommes tant attachés.