Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

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Aux urnes Italiens

La sentence du Sénat Italien est tombée: le Gouvernement Prodi est minoritaire, le Premier Ministre est allé présenter sa démission au Président de la République et donc des élections auront bientôt lieu en Italie. Et l'on reparle du retour de Silvio Berlusconi, actuel chef de l'opposition, pour gagner cette future compétition électorale et donc pour reprendre le pouvoir. Finalement la vie politique Italienne ressemble à la nôtre en ce sens qu'il y a une grande longévité chez les responsables politiques. Prodi/Berlusconi est devenu un vieux feuilleton mais qui, dans la durée, n'a pas encore rattrapé le duel Giscard/Chirac ou Chirac/Mitterrand. D'autre pays ont pour tradition de renouveler leur personnel politique plus systématiquement. J'en veux pour preuve la Grande Bretagne qui s'est séparée de Margaret Thatcher de façon aussi soudaine qu'expéditive sans que celle-ci ne réapparaisse dans le paysage politique de ce pays. Helmut Khol, l'homme de la réunification Allemande, perdit une élection législative et ne fit plus entendre parler de lui. Même régime en Espagne qui a vu disparaitre du premier rang Aznar ou Gonzalez qui avaient pourtant connu de grands succès.

C'est peut-être sur ce sujet du renouvellement au plus haut niveau qu'il faudrait réfléchir dans le cadre de la réforme de nos institutions car le changement a ceci de bon qu'il remet du dynamisme et apporte de l'innovation. Il permet non seulement le changement des dirigeants mais aussi celui des équipes qui préparent les réformes. Je pense que cette vision est valable aussi bien pour nous que pour les Italiens. Reste pour nos amis transalpins à résoudre le problème de la fragilité de leurs institutions. En effet, de trop faibles majorités entrainent une instabilité gouvernementale nuisible à une action de moyen ou long terme. C'est une réflexion qui est actuellement à l'ordre du jour en Italie mais on peut s'interroger sur les capacités de mise en oeuvre d'une telle réforme car elle nécessite un esprit consensuel entre majorité et opposition, ce qui est toujours difficile à obtenir, sauf à minima. La France en fait l'expérience avec le projet de réforme institutionnelle voulue par le Président de la République que la gauche essaie de faire échouer.

Alors, pour terminer sur l'Italie, un pays avec lequel nous avons tant de points communs, est-elle entrée dans une nouvelle crise politique? Non c'est la démocratie qui fonctionne. Les Italiens feront leur choix librement et désigneront celles et ceux qui dirigeront le pays dans les mois et les années qui viennent. Et puis l'Italie cultive l'art de la politique à la Méditerranéenne où le débat ne saurait être esquivé, même avec ses excès. Mais ce pays possède notamment des ressources humaines considérables et nous étonnera toujours pour sa capacité de rebond. Alors que la campagne commence!

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Commentaires

1. Le samedi 26 janvier 2008 à 21:00, par claude raybaud

A l'émission C dans l'air, un intervenant faisait récemment remarquer qu'aux USA, si les électeurs puis les grands électeurs élisent mme Clinton en novembre prochain, les américains nés autour de 1978 (on a une conscience politique vers 10 ans environ) n'auront connu dans leur vie jusqu'à présent que deux familles de chefs d'Etat: les Clinton et les Bush. Bush père de 1988 à 1992, Clinton mari de 1992 à 2000, Bush fils de 2000 à 2008 et Clinton épouse de 2008 à 2012... En Israël, autre grande démocratie occidentale, Shimon Perez est resté très longtemps au pouvoir ou dans ses couloirs. La spécificité française en la matière doit donc être quelque peu nuancée.

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