Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

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Tony Blair ringardise le PS

Il fut très habile pour l'UMP d'inviter Tony Blair à son Conseil National. En effet, l'ancien Premier Ministre Britannique est travailliste mais il est justement celui qui a su faire évoluer son parti, qui a su le faire sortir d'un carcan idéologique dépassé pour lui donner les moyens de répondre aux grands défis de la société telle qu'elle est. Le "Labour" est devenu sous son impulsion le "New Labour", c'est à dire un parti progressiste, capable d'engager les réformes profondes dont la Grande Bretagne avait besoin sans s'arrêter aux vieux débats politiciens du passé. Ainsi n'a-t-il pas jeté la politique de Margaret Thatcher aux orties au prétexte qu'elle avait été un Premier Ministre Conservateur, que certains qualifiaient même d'ultra conservateur, mais il a su conserver de la politique de son prédécesseur ce qui marchait. Il fut l'un des premiers à consédérer qu'il n'y avait pas de vérité absolue à gauche ou à droite et que parfois il fallait faire la synthèse pour trouver la voie de la vérité. C'est ce que d'aucuns ont appelé la troisième voie, que François Bayrou avait proposé dans la campagne du premier tour de l'élection présidentielle et que Nicolas Sarkozy s'efforce de mettre en forme depuis qu'il est Président de la République.

Ainsi, Tony Blair, très en verve et en Français, sans oublier les accents du légendaire humour Britannique, vint rappeler à Paris quelques vérités sur la politique à mener. Car avec l'Europe d'aujourd'hui on peut aisément comparer les politiques d'un côté ou d'un autre des frontières, il n'y a désormais plus grandes différences. Et les bonnes recettes de nos voisins peuvent nous être utiles et vice versa. Tony Blair rappela qu'il était Travailliste. Il a souligné qu'aux Etats Unis il serait Démocrate et qu'en France il serait probablement...au Gouvernement! Dans ce trait d'humour il souligna qu'en France il serait au Parti Socialiste mais aux côtés de ceux qui voudraient le réformer. Il s'en tint là et se garda bien de dire qui incarne cette réforme au sein du PS. François Hollande qui après 10 ans de gestion du PS s'essouffle à la recherche d'un consensus improbable et qui n'est même pas capable de faire prendre à son parti une position sur l'Europe. Ségolène Royal, starlette du Poitou, qui passe son temps à tenir des conférences de presse pour n'avoir rien à dire. Quelqu'un pourrait avoir la bonté de lui dire que les Présidentielles sont finies. Arnaud Montebourg qui a érigé la "provoc" en système afin de rester dans la lumière médiatique. Henri Emmanuelli ou Jean Luc Mélenchon qui rêvent d'une gauche dure et qui s'accommoderaient très bien d'une alliance avec la Ligue Communiste Révolutionnaire.

Bref, la venue de Tony Blair, sa réussite pendant 10 ans à la tête d'une Grande Bretagne rénovée, compétitive et gagnante, sa vision ambitieuse et son ouverture d'esprit allant jusqu'à accepter de traverser le "Channel" pour venir dialoguer avec la droite Française, voilà qui a du faire grincer des dents au Parti Socialiste Français. En effet, Tony Blair a jeté une lumière crue sur un PS ringardisé et incapable de se remettre en question.

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Commentaires

1. Le mardi 15 janvier 2008 à 12:54, par Christophe

Sur le plan national, son bilan est plus que discutable. Le chômage a baissé mais la population s'est beaucoup appauvrie. De nombreuses personnes ont été effacées des listes du chômage. Les services publics généraux, les transports en communs et les services de santé sont dans un triste état. N'oublions pas que de plus en plus d'anglais viennent se soigner en France...

Sur le plan international, malheureusement pour lui, Tony Blair reste l'un des artisans de la guerre en Irak. Il a assisté son cousin transatlantique sans la moindre hésitation ni le moindre scrupule. Son titre caricatural de "caniche de Bush" est révélateur de cet épisode où il s'est basé sur les mensonges désormais avérés de Bush pour faire entrer son pays et donc une partie de l'Europe dans un conflit dont on ne mesure toujours pas l'ampleur des conséquences.

Enfin, récemment, il vient faire campagne en France pour marquer des points en vue de la future bataille pour la présidence de l'Europe. Son "atlantisme" me laisse sceptique. Il a été le premier allié des américains dans des circonstances qui auraient méritées un peu plus de réflexions et de précautions. Je ne vois pas comment il pourrait représenter l'Union européenne.

Je lui préfère la personnalité de Gordon Brown qui est moins médiatique mais beaucoup plus pragmatique.

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