Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

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samedi 12 janvier 2008

Otages libérés: entre et espoir et inquiétude

C'est d'abord l'espoir qui l'emporte de voir ces deux femmes qui ont vécu six ans dans l'enfer vert de la jungle être enfin libres et pouvoir serrer leurs familles dans les bras. Des gestes de nos vies quotidiennes dont ces personnes, traitées comme des bêtes, ont été privées pendant si longtemps... La description des conditions de détention telles qu'elles peuvent les décrire dépassent l'imagination: des hommes et des femmes enchainés par le cou et attachés à un arbre pour dormir. Et dans le même temps, ce qui m'a beaucoup frappé, c'est de voir les guérilleros des FARC, leurs tortionnaires, être là, à visages découverts, saluer leurs victimes qui les saluaient à leur tour dans des gestes qui paraissaient presque amicaux. C'est ce que l'on appelle le syndrome de Stockholm qui veut que les victimes arrivent à s'attacher à leurs bourreaux car ceux-ci ont représenté pendant toute cette période leur unique univers.

Mais passé le moment de grande joie que constitue cette libération, je ne puis m'empêcher de penser à ceux qui restent détnus des FARC et notamment à Ingrid Betancourt pour la libération de laquelle la France toute entière se mobilise et au delà, l'ensemble de la communauté internationale. Certes les deux premières libérations qui viennent d'intervenir ont été faites sans contrepartie et c'est la première fois que cela se produit. Mais Pour Ingrid Betancourt les choses sont plus compliquées. En effet, ce premier geste a valeur de symbole pour montrer que des libérations sont possibles. Mais l'otage Franco Colombienne sera placée par les FARC à "un prix" beaucoup plus élevé. En effet, c'est la détention d'Ingrid Betancourt et la mobilisation sans précédent qu'elle a entrainé qui a permis de faire parler de la situation politique en Colombie et des actions des FARC. Une fois Ingrid libérée, les feux de l'actualité se détourneront et les guerilleros retomberont dans l'anonymat malgré les centaines d'otages qui croupissent dans la jungle. Ils risquent donc de vouloir faire durer le suspens encore longtemps afin de négocier la libération de centaines de guerilleros détenus cette fois dans les prisons Colombiennes ce qui sera très difficile. Il faut donc poursuivre de toutes nos forces le combat pour la libération d'Ingrid Betancourt car sans cette mobilisation, on est sur qu'il ne se passera rien.