Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

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mercredi 12 décembre 2007

Je n'ai pas serré la main de Kadhafi

Que le président Libyen soit reçu officiellement à Paris n'est pas à contester. En effet, la Libye est un grand pays Méditerranée qui fut longtemps fermé sur lui-même et livré aux démons du terrorisme. Ces attitudes Libyennes étaient inacceptables et nous les avons toujours condamnées. Pour autant ce pays essaie de rentrer dans le giron des pays respectables. Le passé est très lourd et il n'est pas question d'oublier les victimes du DC 10 d'UTA ou du boeing 747 de la Pan Am. Mais dès lors que ce pays décide de tourner la page de ce passé et s'engage désormais à lutter contre le terrorisme, il vaut mieux, me semble-t-il, le lui permettre plutôt que d'empêcher cette évolution. D'autre part, la libération des infirmières Bulgares a probablement été obtenue au prix de cette visite officielle à Paris à laquelle le Colonel Kadhafi tenait. Quant aux contrats commerciaux qui ont été signés entre la France et la Libye, il convient de ne pas faire d'angélisme ni d'entretenir de faux semblants. La France ne fait pas exception à la règle. Elle n'est pas le premier pays à commercer avec ce pays. D'autres grandes démocraties le font depuis plus longtemps que nous sans que cela ne soulève de polémique.

Pour autant, j'ai trouvé la visite à l'Assemblée Nationale plus déplacée. Bien sur, elle est prévue au protocole Républicain des visites officielles. Mais je pense que le Président de l'Assemblée aurait du recevoir seul le Colonel Libyen dans son bureau. En tant que Vice Président de l'Assemblée Nationale j'était prévu dans les personnes devant accueillir Kadhafi. J'ai refusé de me rendre à cette réception et donc de lui serrer la main. Pour moi le protocole doit être respecté mais il faut savoir aussi donner des gestes forts pour faire comprendre à nos visiteurs que des contentieux demeurent. Et puis la mémoire ne s'efface pas aussi rapidement. Ce geste ne changera peut-être pas le cours des choses mais au moins il est en accord avec ma conscience et en cohérence avec les actions que je mène en faveur des droits de l'homme. Ceci n'exclut nullement mon souhait de voir la Libye progresser dans ce domaine, c'est même tout le contraire.