Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

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lundi 10 décembre 2007

Pour une nouvelle relation Europe-Afrique

Le sommet de Lisbonne avait pour préoccupation de définir les contours d'une nouvelle relation entre l'Europe et l'Afrique. Les Chefs d'Etats Africains étaient présents, même les plus contestés comme Mugabe, ce qui a entrainé l'absence de la délégation Britannique. Il ne s'est pas dit que des choses agréables au cours de cette réunion. Certains Chefs d'Etats Africains renvoient systématiquement la responsabilité de leur situation à la colonisation et donc demandent aux Européens réparation. Même s'il peut y avoir des raisons historiques à ces prises de position, je pense qu'il faut tout de même savoir raison garder et que chacun fasse son auto-critique. En effet, la situation dramatique de l'Afrique trouve aussi ses racines dans la mauvaise gouvernance de certains Etats peu ou pas démocratiques et dont les Chefs se sont enrichis sur le dos de leurs peuples.

Dire ceci ne résout rien mais renvoie chacun à ses responsabilités. Pour ce qui concerne les Européens, ils doivent aussi assumer les leurs. Quand, de ce coté de la Méditerranée, on parle de nos relations avec l'Afrique en mettant l'accent uniquement sur les problèmes d'immigration et en faisant de cette question un sujet central, on traite des conséquences et non des origines de cette situation. Il faut donc avoir le courage de parler d'avantage de coopération, d'aide au développement, afin de permettre aux peuples Africains de pouvoir vivre chez eux dans des conditions acceptables. Car on ne pourra voir un continent Européen développé et riche face à une Afrique pauvre et malade très longtemps. Inmanquablement une telle situation amènerait à une impasse et se traduirait par une immigration massive que l'on n'imagine même pas. C'est pourquoi il est urgent que l'Europe se mobilise sur cette importante question du développement de l'Afrique et établisse avec elle des relations d'une nature nouvelle. L'avenir du continent Africain concerne les Africains eux-mêmes qui doivent se donner les moyens de prendre leur destin en main mais il passe aussi par une nouvelle relation entre l'Europe et l'Afrique qui doit se baser sur une politique de coopération et de co-développement dans un climat de confiance retrouvé. Le sommet de Lisbonne n'est qu'un début de réponse à cette question essentielle de la relation Euro-Africaine. Il va désormais falloir donner de la consistance à une telle initiative.