Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

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UDF: avis de décès

C'est avec une très grande tristesse que j'assiste à la disparition de MA famille politique. L'UDF avait été créée en 1978, j'y avais adhéré en 1982. Tous les combats politiques que j'ai menés depuis, je les ai menés sous ses couleurs. Les campagnes de Giscard, de Barre, de Bayrou aux Européennes, aux Présidentielles, j'y ai participé de façon très active et j'en suis fier. Pour moi l'UDF était la famille centriste libérale, sociale et Européenne, un mouvement politique précurseur qui a fait avancer la société Française. C'est grâce à l'UDF que finalement ces idées ont été portées et même reprises aujourd'hui par la plupart des partis politiques de gouvernement. Je suis fier de cet héritage.

C'est bien pourquoi je ne comprends pas la nouvelle ligne de François Bayrou qui a décidé de mettre un terme à cette belle aventure, une aventure que nous avons portée ensemble et qui lui a permis de faire 18% des voix aux dernières élections Présidentielles. Au lieu de capitaliser sur ce score et de le faire fructifier en pesant dans le débat politique Français, en pesant au sein de la majorité avec un groupe politique fort, il a choisi une aventure solitaire en se coupant des amis qui l'ont toujours soutenu. Nous les parlementaires proches de François Bayrou qu'on appelait les "bédoins", nous sommes qualifiés de traitres, de renégats au simple motif qu'on assume de rester dans la ligne qui a toujours été celle de l'UDF. Je regrette cette situation. Je regrette cet entêtement qui conduit François Bayrou à critiquer les élus qui le quittent sans se poser les questions lui permettant de comprendre pourquoi ces départs, pourquoi cette hémoragie. François Bayrou a du talent, des idées, de l'audace, du courage mais il peut se tromper et je crois sincèrement qu'il est dans l'erreur. Une famille politique doit se conduire collégialement, démocratiquement et non pas dans un tête à tête avec sa conseillère Marielle de Sarnez. Cette dernière ne manque pas de talent non plus mais elle a un défaut à mes yeux: elle ne connait pas la France. Elue sur des listes et pas sur son nom, sa vision de notre pays s'arrête souvent au périphérique Parisien. La capitale des bobos enfante du MoDem, tandis que François Bayrou se coupe du réseau des élus locaux implantés dans tous nos territoires. C'est une triste nouvelle pour l'UDF que je suis et que je reste. Mais je continue le combat sous une autre forme. Je suis désormais Nouveau Centre et j'oeuvrerai sans relâche pour que le centre-droit continue d'exister.

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Commentaires

1. Le dimanche 2 décembre 2007 à 17:47, par MaxF

M. Santini vient de déclarer "L'UDF, c'était en 1988, 130 députés,......En 2007, c'est 2 députés,...". Il oublie de compter la vingtaine de députés Nouveau Centre qu'on peut ajouter vu leur appartenance à l'UDF encore récemment
Mais pourquoi si peu de députés maintenant ? A cause de Bayrou ? D'ailleurs que sont-ils devenus tous ces députés ? Prenons un exemple : Pierre Méhaignerie (UDF 1995-2002) ? Ou est-il maintenant ?
Certains ont décidé que le "centre" était inutile et ont tout fait et continue à tout faire pour l'éliminer. Il faut reconnaître l'efficacité de cette action.
La question qui se pose et qui finalement doit être celle qui divise tous les centristes : centre indépendant ou non ?
Est-ce que le ralliement du Nouveau Centre à l'UMP a une utilité ? Est-ce que le Nouveau Centre est écouté et entendu ?
Pourquoi distinguer le Nouveau Centre de l'UMP ? Pourquoi ne pas se fondre ? (Ce qui permettrait aux députés du Nouveau Centre d'être beaucoup plus acceptés par les députés UMP...)
Est-ce que des accords d'idées sont plus importants que les promesses de poste ?
Beaucoup de questions pour lesquelles on n'entend pas de réponse....

La présidentielle a apporté un souffle nouveau pour les centristes : 6 820 914 électeurs pour Bayrou et son programme. Incroyable ! En 2002, aucun candidat n'avait obtenu autant de voix. Et combien de nouveaux adhérents pour le centre ? Un énorme capital qui n'a pas vraiment été exploité correctement....

Ce qui est le plus triste, et qu'on peut reprocher à l'ensemble des haut-politiques du centre c'est vraiment ce manque de concertation, discussion. Quelque chose qui apparait très bien dans votre billet. On se demande si les centristes ont perdu réciproquement leurs numéros de téléphone.

Comme vous le dites, beaucoup des meilleures idées et des meilleures visions pour l'avenir ont émané du centre. Espérons que ça continue.
Mais que souhaiter pour les formations politiques du centre ? De se retrouver ?
Que se passera-t-il aux prochaines municipales ? Est-ce que l'étiquette "Majorité Présidentielle" définira les règles entre les centristes ou est-ce que l'étiquette "Centriste" prévaudra ? Combien verra-t-on d'affrontements centristes contre centristes ?

Le problème du politicien du centre c'est qu'il doit faire attention en permanence à ne pas vaciller excessivement d'un côté ou de l'autre.

2. Le dimanche 2 décembre 2007 à 21:55, par Roland :: site

Je suis d'accord avec tout ce que je viens de lire. J'ai moi aussi adhéré à l'UDF parce que j'y ai entendu la promesse de réaliser de la politique autrement. Cette plitique, nonpas fondée sur les choix d'un homme seul, mais d'aun groupe dans lequel je me suis reconn.
J'ai rejoint FB lorsqu'il était au plus bas, parce que ces hommes qui l'ont "trahi" m'ont convaincu de le faire.
J'ai quitté FB parce que je ne pouvais pas croire que le changement pouvait être réalisé sur les bases d'un homme qui n'a pas réussi à tenir ses promesses (je suis plus explicite sur mon site). J'ai regretté que mes amis d'hier ai perdu mon numéro de téléphone, moi qui les avais au téléphone plusieurs fois par semaine. Comme si mon choix avait d'un coup brusque rompu des ponts que je croyais s'être bâti.
Mais il paraît que rien n'est jamais joué en politique, alors, on verra.
En ce qui concerne mes choix, ils sont toujours fait en fonction de ma vision des choses. Et tant que cette vision est conforme aux orientations prises par les personnes en qui j'ai placé ma confiance, je reste avec elles.

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