lundi 26 novembre 2007
PS: Avant la rénovation improbable...la décomposition.

Le PS réuni à l'initiative de François Hollande à Avignon se décompose sous nos yeux. Cette réunion qui devait être celle de la rénovation, s'est déroulée en l'absence de la plupart des figures emblématiques, historiques ou nouvelles de ce parti. La faute, la responsabilité en reviennent, selon moi, d'abord à François Hollande qui s'accroche à son poste de Premier Secrétaire jusqu'au terme de son mandat. Juridiquement nul ne peut l'en empêcher. Mais politiquement cette attitude fige, paralyse un PS qui ne se relève pas de ses échecs de 2007. Mais au delà de ces simples péripéties électorales, ce sont les problèmes de fond du PS qui demeurent en l'état. En effet, le PS va-t-il conserver ses alliances traditionnelles avec le PC ou bien va-t-il les remettre en question? Il se trouve que par le passé ces accords pesaient électoralement bien plus qu'il ne lui coûtaient. Aujourd'hui c'est exactement le contraire. Le PC ne représente plus rien si ce n'est le passé! L'entente avec le PC tire donc le PS vers le bas et plombe toute image moderniste qu'il pourrait avoir l'intention de se donner. Néanmoins, se couper du PC c'est se couper de son aile gauche. Il y a bien la tentation de serrer la main à l'extrême gauche de Besancenot mais c'est alors se postionner avec des radicaux plus terribles encore que ne le fut le PC de la grande époque. Dès lors, le PS se priverait d'un important électorat modéré de centre gauche. Enfin, il y a la solution de se recentrer mais alors c'est l'implosion d'un PS qui avait difficilement réussi son union sous l'impulsion d'un Mitterrand à Epinay qui faisait figure de chef, ce qui n'est pas comparable avec la situation de François Hollande aujourd'hui.
Le PS est donc condamné à se décomposer sous nos yeux. Les Fabius et autres Valls prennent leurs distances et travaillent de l'extérieur pour accélérer la chute de la maison Hollande. Ségolène Royal, essaie d'exister mais a du mal à tracer une nouvelle voie. DSK analyse la situation de l'autre côté de l'Atlantique sans commentaire. Laurent Fabius juge la situation avec condescendance et mépris. Valls et la nouvelle génération veulent se démarquer et attendent leur heure. Les militants, quant à eux, doutent que l'avenir du PS soit encore possible. Et à Nice le PS est à l'image de cette ambiance nationale. La guerre des courants est exacerbée puisque, pour les prochaines municipales, le PS présentera deux liste. Et qu'on ne vienne pas nous parler de problèmes de fonds là où il n'y a que des querelles de personnes, d'égos et d'ambitions. La décomposition du PS se vérifie donc au quotidien tant au niveau national que sur le terrain. Et pendant ce temps François Hollande fait comme si de rien n'était...C'est suréaliste!
Ce billet, écrit à 06:46 par Rudy Salles dans la catégorie Politique a suscité :