La réforme des institutions face aux pesanteurs et aux arrières pensées
Par Rudy Salles, mardi 30 octobre 2007 à 07:53 :: Politique :: #526 :: rss

Dès son élection, le Président de la République a mis en place une commission présidée par Edouard Balladur afin de proposer des réformes institutionnelles. Ce ne sont pas là des questions qui touchent nécessairement le grand public mais ce sont des sujets importants qui visent à rendre le fonctionnement des institutions de la Vème République plus efficace. A la sortie de ces travaux, ce ne sont pas moins de 77 propositions qui ont été retenues par la commission Balladur allant de la fonction du Président de la République au pouvoir d’initiative du Parlement en matière législative. En fait, cette commission a voulu pointer les dysfonctionnements Républicains et apporter des solutions pour que nos institutions fonctionnent mieux. Parfois même, les propositions qui nous sont proposées consistent à mettre par écrit ce qui existe de fait. Par exemple, quand on parle de la Présidentialisation du régime, ça n’est ni plus ni moins qu’une officialisation de ce qui se fait en réalité. L’élection du Président de la République au suffrage universel rend la fonction prééminente par rapport à toutes les autres. Il était donc incongru de lire dans la Constitution que c’était le Premier Ministre qui déterminait la politique de la Nation alors qu’en réalité c’est une prérogative exercée réellement par le Président de la République.
Mais voilà, faire des propositions de bon sens ne suffit pas à les faire adopter automatiquement par le Parlement. En effet, la révision constitutionnelle impose de passer par un examen et un vote devant le Congrès du Parlement, c'est-à-dire par les deux chambres, Assemblée Nationale et Sénat, et avec une majorité qualifiée des 3/5ème. Dans ces conditions, la majorité toute seule n’y suffit pas, il faut un consensus beaucoup plus large. C’est alors qu’interviennent la politique politicienne, les calculs des uns et des autres, les pensées et arrières pensées qui peuvent bloquer toute avancée institutionnelle. Et nous n’en sommes pas loin quand j’entends les commentaires du Parti Socialiste. Je ne suis pas sur qu’ils rejettent fondamentalement ce type de réformes mais ils ne veulent surtout pas apporter un quelconque soutien à un projet proposé par le Gouvernement. La différenciation aura la peau dure jusqu’au bout. C’est à désespérer des grandes réformes qui ont nécessairement besoin du consensus le plus large. Cette réforme risque donc d’accoucher d’une réformette et ainsi va la République des petits pas. La France mériterait mieux que des petits pas, elle mériterait un grand dessein autour duquel les Français se rassembleraient. Mais, quand bien même le peuple serait d’accord, ce serait sans compter avec les petits calculs des partis qui, pour exister n’hésitent pas à bloquer les réformes.
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