mercredi 25 juillet 2007
La fin d'une trop longue attente
La condamnation à mort d'infirmières Bulgares et d'un médecin Palestinien par un tribunal Libyen avait semé la consternation dans le monde. En effet, qui pouvait croire un instant que ces pauvres condamnées aient pu introduire le virus du sida chez des enfants qu'ils étaient sensées soigner. Ces faits ne pouvaient être qu'imaginaires et constituaient, une fois de plus, une provocation. Une provocation ignoble qui a provoqué la détention dans les geoles libyennes d'innocents pendant de longues années de terreur. Car dans cette folie qui ne repose sur aucun fondement, tout était envisageable, y compris l'exécution des détenus.
Le sort des otages, car c'est de cela qu'il s'agit, est toujours incertain et nul ne sait au juste comment ça peut se terminer. Et que le preneur d'otage soit dans ce cas précis un Etat qui se donne des moyens judiciaires pour habiller le tout ne change rien à l'affaire. L'inquiétude fut à son comble pendant toutes ces longues années.
En ce moment précis je pense à d'autres victimes des dirigeants Libyens qui ont eu moins de chance, les passagers du vol UTA dont l'avion a été abattu en plein désert. Là encore, les victimes étaient parfaitement innocentes et elles ont payé de leur vie pour répondre à des visées criminelles qui s'apparentent à du terrorisme. La Libye a été longtemps montrée du doigt pour de telles actions. Elle a voulu en sortir et redevenir un interlocuteur sur la scène internationale. Mais l'affaire des infirmières Bulgares était là pour rappeler le vrai visage du régime politique de Tripoli.
Mais comme des vies humaines n'ont pas de prix, l'Europe et la France ont tout mis en oeuvre pour obtenir l'extradition des condamnés. Le colonel Khadafi a fait monter les enchères. Il aura fallu passer par ces "négociations" pour parvenir à faire sortir de l'enfer ces malheureux. La France, le Président en personne, son épouse, se sont investis selon des méthodes originales et nouvelles qui ont pu surprendre certains mais qui au total auront eu le mérite de l'efficacité. Je me félicite à mon tour de cette libération mais si je regrette qu'il nous soit imposé de dialoguer avec des tels personnages. Mais le bonheur de ces vies sauves doit l'emporter sur toute autre considération. Je souhaite d'ailleurs que dans les mois qui viennent voire dans les semaines prochaines de nouvelles initiatives puissent être prises pour obtenir la libération d'Ingrid Bettancourt. Ce sera là aussi un pari très difficile car discuter avec les FARC est encore plus périlleux que de parler avec un colonel-président. Mais, je le répète, une vie humaine n'a pas de prix et c'est l'honneur des démocraties de commencer par libérer des innocents avant toute autre considération puis de promouvoir les principes humanistes afin que les preneurs d'otages d'aujourd'hui laissent la place demain à des démocrates.
Ce billet, écrit à 00:32 par Rudy Salles dans la catégorie Politique a suscité :