Présidentialisation
Par Rudy Salles, lundi 16 juillet 2007 à 00:33 :: Politique :: #442 :: rss

Au lendemain d'une élection présidentielle et à quelques mois d'une réflexion importante relative à la réforme de nos institutions, le mot "présidentialisation" va souvent revenir au centre des débats. La Constitution de la Vème République ne fixait pas réellement les frontières entre le système présidentiel et le régime parlementaire dans notre pays. En effet, à l'usage et notamment du fait de la cohabitation, l'exercice du pouvoir a été à géométrie variable. Tantôt les grandes décisions étaient prises à l'Elysée, tantôt elles relevaient du Premier Ministre. Quant au Parlement, chacun s'accorde à penser qu'il dispose d'un pouvoir très limité: il n'est pas maître de son ordre du jour, il confirme en les amendant -à la marge- les textes de lois proposés par le Gouvernement.
Avec l'instauration du quinquennat, des réformes s'imposent. En effet, les élections législatives qui suivent l'élection présidentielle, viennent confirmer le pouvoir du Président de la République en lui donnant une majorité. Bien sur, rien n'empêcherait le peuple Français de donner une majorité différente et d'imposer une cohabitation entre l'Assemblée et le président de la République. Néanmoins, on a du mal à imaginer que les Français voteraient dans un sens puis, un mois plus tard, se déjugeraient pour voter dans un autre sens.
C'est pourquoi cette réforme est indispensable pour redéfinir clairement le partage des responsabilités entre les différentes autorités. Nicolas Sarkozy se dit favorable à ce que le Président gouverne alors que jusqu'à présent la Constitution indiquait que cette prérogative revenait au Premier Ministre. Or si dans la lettre la Constitution donne cette indication, les Français savent bien qu'en réalité c'est le Président qui gouverne. Et je dirais même que le peuple le comprend, l'accepte et même le réclame. En effet, c'est le Président de la République élu par l'ensemble des Français qui détient la légitimité. Son Premier Minsitre a, de fait, le rôle d'exécutant. Ce n'est peut-être pas la lettre de la Constitution mais c'est son esprit. Il convient donc de mettre en adéquation le texte à la réalité de la pratique. Il faudra dans le même temps renforcer le rôle du Parlement pour lui permettre d'exercer son pouvoir de contrôle et aussi faire en sorte que l'ensemble des sensibilités politiques soient représentées. C'est un vaste chantier qui n'intéresse pas le grand public qui a d'autres préoccupations mais néanmoins c'est un peu comme le règlement de copropriété qui règle, jusque dans les moindres détails, la vie en commun.
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