Good bye Tony
Par Rudy Salles, lundi 14 mai 2007 à 00:03 :: Politique :: #407 :: rss
Tony Blair s’en va à un âge où l’on commence à peine en France à disposer de responsabilités importantes. Et encore, nous nous rapprochons des grandes démocraties que sont le Royaume Uni, l’Espagne ou l’Allemagne puisque le nouveau Président de la République Française a 52 ans et que ses principaux concurrents lors de l’élection présidentielle avaient peu ou prou le même âge que lui. Mais il faut reconnaitre que jusque là nous avions tendance à garder très longtemps les mêmes têtes.
Tony Blair s’en va donc, presque contraint et forcé, du fait de son impopularité croissante dans son pays. En effet, son charisme a été cité en exemple dans le monde entier. Il a réussi à maintenir les travaillistes au pouvoir pendant 10 ans alors que généralement ceux-ci ne faisaient que de brefs intérims. Mais intelligemment, à la suite de Margaret Thatcher qui avait entrepris des réformes libérales très profondes, il a eu le courage de ne pas les remettre en cause mais plutôt d’apporter sa touche sociale et de ne rien casser de ce qui marchait. C’est la fameuse « troisième voie » que l’on cherche désespérément à installer en France avec toutes les difficultés possibles. Alors d’où vient cette impopularité qui le contraint à jeter l’éponge ? Essentiellement de l’engagement de son pays dans l’affaire Irakienne. Les Britanniques n’ont pas compris cet entêtement à exposer leurs soldats dans un conflit inutile et incompréhensible. Ceci a suffi à faire chuter la coqueluche des sondages et des médias. Il s’en va donc avec cette aura internationale mais à cause de ce mur d’incompréhension qui s’est instauré entre lui et son peuple.
Il n’en demeure pas moins populaire en France puisque, selon un sondage, 70% de nos concitoyens estiment que notre pays doit s’inspirer de ce que Tony Blair a fait dans son pays. Ceci traduit le désir de changement qui existe parmi les Français, une volonté de faire bouger les choses et les lignes, de faire avancer les idées, de réussir enfin là où les autres ont échoué. Ca n’est pas pour rien que Tony Blair a été le premier chef de Gouvernement à avoir été reçu par Nicolas Sarkozy. Ca n’était pas simplement pour parler d’Europe mais c’était surtout pour dire que ce qui a été possible outre Manche notamment en matière d’emploi peut devenir réalité chez nous dans les mois qui viennent. Ce dynamisme retrouvé qui conditionne la réussite de toute une politique est aujourd’hui une quête permanente de nos dirigeants. La visite de Tony Blair était un clin d’œil à cette volonté de changement exprimée pendant toute la campagne électorale. On ne fera pas du « Blairisme » en France mais une attitude volontariste qui s’y apparenterait ne serait pas pour déplaire à ceux qui espèrent que les choses vont enfin bouger.
Commentaires
1. Le mardi 15 mai 2007 à 21:05, par M. Hulot
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