mercredi 2 mai 2007
Second tour: Le Pen s'abstient
C'est là une bonne nouvelle. En effet, les frontières entre l'extrême droite et la droite Républicaine sont nécessaires pour que la démocratie puisse fonctionner hors toute ambiguité. On peut en effet souhaiter plus de sécurité, lutter contre l'immigration clandestine, aimer la France et le faire savoir tout en combattant le Front National. Car enfin, doit-on rappeler que le mouvement de Jean Marie Le Pen a pris de l'importance sous la Présidence de François Mitterrand. En effet, le Président Socialiste qui était un "vieux renard", savait très bien que la présence d'un FN fort viendrait troubler le jeu politique de notre pays jusqu'à empêcher la droite Républicaine de revenir au pouvoir. Dans nos régions méridionales, nous en avons souffert plus que dans n'importe quelle autre région de France. Chacun se souvient des scores obtenus à Nice par exemple. En 1993, alors que je me battais contre Le Pen dans ma circonscription, le Président du FN obtenait 27% au premier tour. Aux Présidentielles en 2002 il était même arrivé en tête de tous les candidats, c'est à dire devant Chirac et Jospin.
François Mitterrand et la gauche ont bien profité de ce phénomène en s'appuyant sur des triangulaires avec le Front National pour faire élire des Députés. Ils ne proposaient pas alors de retrait réciproque pour éviter le risque de voir un candidat du Front élu. Il y eut ainsi une certaine complicité tacite entre la gauche et l'extrême droite dont je me souviens parfaitement. De même que je me souviens des déclarations récentes, il y a environ deux mois, de François Hollande à la télévision. Alors que les journalistes lui demandaient ce qu'il pensait de la position de François Bayrou en troisième position dans les sondages, il réagissait vivement en disant que le troisième homme ne pouvait être que Jean Marie Le Pen comme si cette information le rassurait. Je n'oublierai pas cette déclaration qui résume l'état d'esprit de François Hollande bien plus que les déclarations d'aujourd'hui en forme de "sauve qui peut' qui trouvent toutes les qualités à François Bayrou.
C'est pourquoi je suis satisfait des déclarations claires de Jean Marie Le Pen qui appellent à l'abstention pour le second tour car au moins personne ne pourra se prévaloir de quelque collusion que ce soit entre l'extrême droite et la droite Républicaine. Nicolas Sarkozy et ceux qui votent pour lui se félicitent de cette clarté.
Ce billet, écrit à 06:24 par Rudy Salles dans la catégorie Politique a suscité :