Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

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vendredi 18 mai 2007

Mauvais temps pour la gauche

La campagne des législatives se présente sous de mauvais auspices pour la gauche en général et pour le Parti Socialiste en particulier. En effet, les règlements de comptes sont pour bientôt et chacun voit bien quels seront les adversaires internes de demain. En attendant, la gauche doit faire face à la nouvelle donne politique qui consiste à voir certaines des personnalités, parmi les plus populaires, à faire le pas et accepter des responsabilités au Gouvernement ou bien dans la majorité présidentielle.

L'entrée de Bernard Kouchner, figure emblématique et l'un des responsables politiques qui dispose de la meilleure image auprès de Français, ne va pas sans poser un problème majeur à un PS qui l'a toujours ignoré. La présence du "French Doctor" au Quai D'Orsay, mais pas seulement, de celui qui s'est illustré dans le Monde comme le défenseur infatigable des Droits de l'Homme et aussi comme l'administrateur du Kosovo dans la période la plus difficile que connut ce pays, est un plus incontestable pour le premier Gouvernement de Nicolas Sarkozy. La gauche a du mal à digérer cette nouvelle car elle a l'impression de s'affaiblir. Et cette situation, à la veille des législatives, représente un danger majeur qui risque de provoquer une démobilisation de son électorat. Mais derrière Kouchner, d'autres personnalités socialistes le rejoignent comme Max Gallo, Claude Allègre ou encore Hubert Védrine qui sont prêts à accepter des missions au service du Gouvernement de la France. Ajoutez à cela le pas de tango de Jean Michel Baylet qui était prêt à rejoindre la majorité mais qui a du reculer (je pense provisoirement) pour sauvegarder quelques circonscriptions négociées avec le PS. Je ne doute pas qu'une fois les législatives passées, les Radicaux de Gauche ne chercheront à renouer le dialogue avec la majorité.

La gauche n'arrive plus à reprendre l'initiative et les interventions désabusées de François Hollande ne trompent plus personne sur l'état de son désarroi personnel et de celui du parti qu'il dirige.

jeudi 17 mai 2007

Passation des pouvoirs

Au delà du décorum et du protocole Républicain parfaitement réglés, je garderai en mémoire le style, le discours et les premiers actes du nouveau Président de la République. Le style tout d'abord, bon enfant et décontracté. Un jeune fils scrutant le grand cordon de la Légion d'Honneur en attendant l'arrivée de son Président de père puis l'émotion perceptible aussi bien chez Nicolas Sarkozy que dans les yeux de cet enfant qui applaudit à l'arrivée du Chef de l'Etat. Cette image avait quelque chose de simple, hors protocole, d'émouvant et en même temps de réconfortant car il est utile de constater que les responsables politiques, d'aussi haut rang soient-ils, sont aussi des hommes avec leurs sentiments. Et puis l'image c'est aussi celle d'un jeune Président de 52 ans, c'est à dire d'une génération nouvelle en charge désormais des affaires de l'Etat.

Le discours ensuite qui confirme les propos que Nicolas Sarkozy nous a tenus en privé c'est à dire une volonté d'ouverture de la majorité vers des femmes et des hommes qui viennent d'horizons différents et qu'il entend respecter pour ce qu'ils représentent. C'est l'image d'une démocratie décomplexée, d'une démocratie où le dialogue sera ouvert et où le pragmatisme sera le bienvenu. J'en suis heureux car c'est toujours ce que j'ai moi même souhaité et qui hélas depuis tant d'années n'avait pu se réaliser.

Ce sont enfin les actes forts d'une première journée importante en symboles. Ce fut tout d'abord l'hommage aux jeunes résistants fusillés dans la clairière du Bois de Boulogne. Ce fut ensuite la visite à Angela Merkel pour relancer immédiatement la construction Européenne. Ces deux événements qui rappellent à la fois l'Europe des guerres mais surtout celle de la paix sont liés entre eux et symbolisent ce que les hommes ont pu faire de pire mais aussi ce qu'ils peuvent faire de meilleur. C'est un message d'espoir et aussi, pour l'Européen convaincu que je suis, un signe très encourageant sur la volonté de faire avancer l'Europe du Président de la République. Je suis heureux de ces messages qui augurent bien du quinquennat.

mercredi 16 mai 2007

Jacques Chirac tire sa révérence

En ce 16 mai 2007 prend fin la longue, très longue carrière politique de Jacques Chirac. Tour à tour Député de Corrèze, Maire de Paris, Secrétaire d'Etat, Ministre, Premier Ministre et Président de la République, Jacques Chirac aura exercé à peu près toutes les plus hautes responsabilités que la République puisse offrir. Il restera de lui l'image d'une "bête politique" qui trouve son bonheur dans les campagnes électorales, un homme chaleureux, un organisateur mais aussi celle d'un Président qui n'aura pas rempli la feuille de route qu'il s'était assignée devant les électeurs. En effet, le premier septennat s'est soldé par deux ans de gouvernement cahotique, une dissolution ratée et une cohabitation forcée pendant cinq ans qui ne lui auront pas permis d'appliquer sa politique. Le quinquennat qui s'en est suivi s'est soldé, quant à lui, par un bilan en demi teinte avec un échec Européen qui viendra décridibiliser la fin de son mandat. Heureusement qu'il aura eu le courage de résister à Goerges Bush pour ne pas entrainer la France dans le conflit Irakien. Cette décision restera comme l'élément le plus important de ses 12 ans de mandat présidentiel.

Reste à parler de la longévité exceptionnelle de l'homme politique. Sa carrière s'est déroulée sur une période de 40 ans. Quand on y réfléchit, on a du mal à imaginer qu'il était déjà Premier Ministre du temps où Richard Nixon était Président des Etats-Unis et où Leonid Brejnev était Premier Secrétaire du Parti Communiste Soviétique! Depuis lors combien de changements sont intervenus dans tous les pays d'Europe et du Monde alors que chez nous c'était toujours les mêmes. On mesure le changement de génération qui vient d'intervenir à la tête de l'Etat.

Alors Chirac partant, c'est une page qui se tourne. Ca n'est pas seulement celle d'une nouvelle Présidence mais un changement profond qui progressivement va se mettre en place. Pour autant Jacques Chirac ne va pas s'arrêter là: il siègera au Conseil Constitutionnel où il rejoindra l'un de ses prédécesseurs Valéry Giscard D'Estaing puis il se consacrera probablement au développement d'une fondation. Souhaitons lui bon vent dans ses nouvelles activités! La vie continue...

mardi 15 mai 2007

Merci à Nicolas Hulot

Nicolas Hulot a réussi à sortir l'écologie du carcan dans lequel ce sujet se trouvait pris en otage. En effet, en dehors des "Verts", croyait-on, point de salut. Les Verts avaient même réussi à faire croire que seule la gauche était en mesure de s'emparer de l'environnement et du développement durable. Heureusement, Nicolas Hulot a mis le dossier sur la table et a contraint les différents candidats à la présidentielle à se positionner. Nicolas Sarkozy avait été signataire de la charte de l'envrionnement comme François Bayrou ou Ségolène Royal. Encore fallait-il que cet engagement public ne reste pas lettre morte. Mais comme justement cette orientation était prise en toute clarté en prenant les Français à témoin, il était évident qu'elle figurerait au programme du nouveau Président de la République.

C'est pourquoi l'on parle de la nomination d'Alain Juppé au poste de Ministre d'Etat chargé de l'ensemble des questions touchant à l'environnement et au développement durable, un super Ministère qui devrait prendre à bras le corps ces questions essentielles. Il faut dire que chaque jour, de nouvelles catastrophes nous rappellent l'Etat de la planète. Chacun comprend bien qu'il n'est plus possible de considérer la gestion des ressources naturelles avec la désinvolture que nous avons vécue depuis une cinquantaine d'années. Un reportage récent indiquait que la raréfaction de l'eau allait entrainer dans les années qui viennent le déplacement d'un milliards de personnes. Inutile de dire les conflits qu'une telle situation engendrera. C'est pourquoi, il est urgent que la France devienne leader en matière d'environnement et puisse impulser une dynamique nouvelle auprès des autres pays afin que chacun assume enfin ses responsabilités en la matière.

lundi 14 mai 2007

Good bye Tony

Tony Blair s’en va à un âge où l’on commence à peine en France à disposer de responsabilités importantes. Et encore, nous nous rapprochons des grandes démocraties que sont le Royaume Uni, l’Espagne ou l’Allemagne puisque le nouveau Président de la République Française a 52 ans et que ses principaux concurrents lors de l’élection présidentielle avaient peu ou prou le même âge que lui. Mais il faut reconnaitre que jusque là nous avions tendance à garder très longtemps les mêmes têtes.

Tony Blair s’en va donc, presque contraint et forcé, du fait de son impopularité croissante dans son pays. En effet, son charisme a été cité en exemple dans le monde entier. Il a réussi à maintenir les travaillistes au pouvoir pendant 10 ans alors que généralement ceux-ci ne faisaient que de brefs intérims. Mais intelligemment, à la suite de Margaret Thatcher qui avait entrepris des réformes libérales très profondes, il a eu le courage de ne pas les remettre en cause mais plutôt d’apporter sa touche sociale et de ne rien casser de ce qui marchait. C’est la fameuse « troisième voie » que l’on cherche désespérément à installer en France avec toutes les difficultés possibles. Alors d’où vient cette impopularité qui le contraint à jeter l’éponge ? Essentiellement de l’engagement de son pays dans l’affaire Irakienne. Les Britanniques n’ont pas compris cet entêtement à exposer leurs soldats dans un conflit inutile et incompréhensible. Ceci a suffi à faire chuter la coqueluche des sondages et des médias. Il s’en va donc avec cette aura internationale mais à cause de ce mur d’incompréhension qui s’est instauré entre lui et son peuple.

Il n’en demeure pas moins populaire en France puisque, selon un sondage, 70% de nos concitoyens estiment que notre pays doit s’inspirer de ce que Tony Blair a fait dans son pays. Ceci traduit le désir de changement qui existe parmi les Français, une volonté de faire bouger les choses et les lignes, de faire avancer les idées, de réussir enfin là où les autres ont échoué. Ca n’est pas pour rien que Tony Blair a été le premier chef de Gouvernement à avoir été reçu par Nicolas Sarkozy. Ca n’était pas simplement pour parler d’Europe mais c’était surtout pour dire que ce qui a été possible outre Manche notamment en matière d’emploi peut devenir réalité chez nous dans les mois qui viennent. Ce dynamisme retrouvé qui conditionne la réussite de toute une politique est aujourd’hui une quête permanente de nos dirigeants. La visite de Tony Blair était un clin d’œil à cette volonté de changement exprimée pendant toute la campagne électorale. On ne fera pas du « Blairisme » en France mais une attitude volontariste qui s’y apparenterait ne serait pas pour déplaire à ceux qui espèrent que les choses vont enfin bouger.

dimanche 13 mai 2007

Libération d'Eric Damfreville: soulagement

La libération de l'otage Français Eric Damfreville qui était détenu en Afghanistan par les talibans est un immense soulagement. En effet, depuis plus d'un mois cet homme qui travaillait pour une organisation humanitaire était menacé de mort. Les conditions d'une éventuelle libération étaient exorbitantes puisqu'elles réclamaient l'évacuation de l'Afghanistan par les forces Françaises ainsi que la libération de prisonniers. La France avait tenté une médiation avec le Gouvernement de Kaboul pour examiner les conditions éventuelles d'une libération. Mais les autorités Afghanes refusaient une quelconque négociation avec les extrémistes talibans.

Bien qu'une première otage fut libérée il y a quelques jours redonnant un faible espoir, on pouvait craindre un dénouement dramatique puisqu'aucun élément nouveau ne pouvait prétendre changer les choses. Sauf qu'en France nous étions en campagne électorale ce qui a finalement servi le sort de nos otages. En effet, le nouveau Gouvernement Français aura à évoquer la situation Afghane et rien ne dit que notre participation à la force d'interposition restera identique à ce qu'elle a été jusque là. D'ailleurs, au cours de la campagne, Nicolas Sarkozy a indiqué que probablement il faudrait revoir les conditions de cette participation. Cette simple décaration d'intention semble avoir été entendue par les geoliers de nos otages qui ont commencé à relacher l'une puis l'autre. Il reste encore, pour que nous puissions nous réjouir totalement, à enregistrer la libération des trois autres otages Afghans qui accompagnaient les deux Français. C'est là une affaire plus difficile encore mais gageons que les premières libérations sauront inspirer les talibans à continuer car ce genre de terrorisme dessert complètement la cause qu'ils disent vouloir défendre.

samedi 12 mai 2007

Le calme avant la tempête

Officiellement tout va bien. Au PS on prépare dans une union (de façade) les prochaines élections législatives. DSK, Fabius, Hollande, Royal et les autres posent devant les photographes à la sortie de leurs réunions pour dire que tout va bien. En réalité le feu couve et, le moment venu, c'est à dire après les législatives, on verra tout ce monde s'agiter voire se combattre pour reprendre le leadership du PS. Mais de quel PS? Celui de Ségolène Royal avant le premier tour de la présidentielle qui prônait l'union de la gauche? Celui du second tour qui voulait se rapprocher du centre? Celui de DSK qui est le chantre de la social-démocratie? Celui d'Emmanuelli qui réclame un virage à gauche toute? Celui de Fabius qui, après avoir refusé de faire entrer des communistes dans son gouvernement en 1984 s'est rangé dans le camp du NON à l'Europe à leurs côtés? Celui de Mélanchon qui appelle à un rapprochement avec Besancenot, Buffet, Bové et Laguillet? La synthèse cette fois sera très difficile à opérer et l'implosion est plus probable qu'un éventuel essor. Le congrès de Rennes où les socialistes s'étaient entre-déchirés risque de n'être rien à côté de ce que le PS vivra après l'échec programmé des législatives.

Mais s'il n'y avait que cela pour animer la gauche "plurielle". Quand on pense qu'à la suite de tractations avec le PS, le Parti Communiste qui n'a pas atteint les 2% de voix escompte obtenir près de 18 sièges à l'Assemblée Nationale! Elle est belle la démocratie représentative... Et enfin les "Verts" qui essaient désespérément de sauver leurs trois sièges que le PS tente de protéger, notamment à Paris en calmant les ardeurs de leurs propres candidats. Tout cela sera réglé, provisoirement et sur le papier, d'ici quelques jours c'est à dire au moment du dépôt des candidatures. Mais une fois les élections terminées, les règlements de compte promettent d'être sanglants. La suite des événements ne sera pas un long fleuve tranquille mais ressemblera d'avantage à l'un des cours d'eaux impétueux de nos montagnes un jour d'orage quand les rivières en furie emportent tout sur leur passage. Et bien, je leur souhaite bien du plaisir!

vendredi 11 mai 2007

Confusion

La création d'un "mouvement démocrate" dans la précipitation sème la confusion. En effet, la politique du "ni-ni", la distribution des bons et des mauvais points était possible et même nécessaire dans l'ancienne législature où l'UDF avait été tenue écartée par Jacques Chirac à la création de l'UMP. En 2007, la donne est totalement différente. Tout d'abord le score formidable obtenu par François Bayrou au premier tour de la présidentielle amène le nouveau Président de la République non seulement à en tenir compte mais à souhaiter que nous participions avtivement à l'effort de redressement du pays. Il ne nous demande pas en échange d'adhérer à l'UMP ni ne nous contraint à aucune autre forme de sujétion. Il nous propose la création d'une nouvelle majorité ouverte et pluraliste où nous restons ce que nous sommes.

Je regrette que François Bayrou n'ait pas tenu entre les deux tours une position équidistante entre la gauche et la droite. Sa déclaration dans le Monde indiquant qu'il ne voterait pas pour Nicolas Sarkozy est venue rompre cet équilibre et a choqué son électorat du centre droit. C'est d'ailleurs pour cela que les premiers sondages pour les prochaines législatives ramènent les scores de l'UDF aux alentours de 9%, soit la moitié du score obtenu au premier tour de l'élection présidentielle. Il eut fallu, selon moi, se donner du temps pour structurer cette nouvelle formation politique et que le premier acte ne soit pas le départ des Députés, ceux que l'on a appelé les "bédoins" qui n'ont ménagé ni leur peine, ni leur engagement, ni leur amitié envers François Bayrou et leur famille politique. Je ne jette la pierre à personne. Nous avons toujours de l'amitié, nous partageons toujours des valeurs, nous sommes unis par des combats menés en commun mais nous faisons aujourd'hui une analyse différente relativement à ce qu'il faut faire pour redresser le pays. Le mouvement démocrate sera, je l'espère, une force de proposition et non une force d'opposition. Il distribuera les bons et les mauvais points. Pour ce qui nous concerne, nous irons "au charbon" avec la majorité présidentielle pour tenter de relever les défis auxquels la France est confrontée. Pouvait-on attendre 2012 pour le faire au risque de voir notre pays aller encore plus mal ou convenait-il d'assumer tout de suite nos responsabilités, tels que nous sommes, sans nous renier, au sein d'une équipe plus large qui partage la même volonté d'action? J'ai fait ce choix et j'en suis fier.

jeudi 10 mai 2007

François Mitterrand élu Président de la République...il y a 26 ans.

Le 10 mai restera une date emblématique dans la vie politique de notre pays. En effet, pendant les 23 premières années de la Vème République, la gauche avait toujours été dans l'opposition. François Mitterrand lui-même avait fortement contesté nos institutions en estimant qu'elles avaient été faites pour empêcher la gauche de parvenir au pouvoir. Et pourtant, c'est avec ces mêmes institutions qu'il a été élu en 1981, réélu en 1988 et que Lionel Jospin s'est retrouvé Premier Ministre en 1997. Finalement, à l'épreuve des faits, nos institutions se sont montrées beaucoup plus souples qu'on avait voulu le croire, même si certaines réformes seraient nécessaires pour rendre le jeu politique plus ouvert qu'il ne l'est.

Par ailleurs, le 10 mai 1981, l'arrivée de François Mitterrand s'accompagnait de l'entrée de quatre Ministres communistes au Gouvernement. Je me souviens encore du choc que ces nominations avait provoqué. Il faut se projeter dans cette période qui était celle du mur de Berlin et de la toute puissante URSS. La présence de 4 Ministres communistes jetait soudain sur la France un regard international inquiet, comme si notre pays changeait de camp. Et puis le temps a passé. François Mitterrand réussit à se maintenir, malgré la cohabitation, parvint à affaiblir le PC jusqu'à le faire pratiquement disparaitre, laissa l'extrême droite se développer jusqu'à perturber considérablement l'équilibre politique de notre pays. Ainsi fut la France sous le long règne de Mitterrand que les historiens n'ont pas fini de décortiquer. Et le point de départ de cette page de notre histoire politique fut le 10 mai 1981 dont on fête aujourd'hui le 26ème anniversaire.

mercredi 9 mai 2007

La France entre deux Présidents

Jusqu'à la passation des pouvoirs qui aura lieu le 16 mai prochain, la France compte deux Présidents. Il y a bien sur le Président Jacques CHIRAC qui est le Président de la République en exercice. Il dispose de la plénitude des pouvoirs rattachés à sa fonction jusqu'au moment où il transmet effectivement ses responsabilités à son successeur. Et puis il y a le Président de la République élu Nicolas SARKOZY qui prendra réellement ses fonctions le 16 mai prochain mais qui jusque là n'exerce pas les responsabilités.

Mais alors que font l'un et l'autre jusque là? Jacques CHIRAC poursuit son travail de Président de la République. En fait, compte tenu de la proximité de la fin de son mandat, on dit qu'il "gère les affaires courantes". Mais qu'adviendrait-il en cas de crise grave, en cas de conflit par exemple? Il est théoriquement le seul maître à bord et doit assumer la totalité de ses responsabilités. Néanmoins, on peut imaginer que dans pareille situation il en parlerait avec son successeur et règlerait les problèmes en liaison avec lui, étant entendu que dès le 16 mai ce sera à Nicolas SARKOZY à prendre le relais.

Nicolas SARKOZY, quant à lui, prépare la suite des événements. En effet, dès la passation des pouvoirs, il sera en charge de la totalité des prérogatives du Président de la République. Il devra, en particulier, procéder à la nomination d'un Premier Ministre puis d'un Gouvernement. Ensuite il devra s'assurer de disposer d'une majorité à l'Assemblée Nationale afin de pouvoir mettre en oeuvre sa politique. Dès lors, il fera face à l'ensemble des problèmes qui concernent notre pays: la préparation du budget de la Nation, le budget de la Sécurité Sociale, la relance de processus Européen, etc, autant de sujets qui seront à l'ordre du jour dès l'été prochain qui sera studieux. Les courtes vacances que Nicolas SARKOZY vient de s'attribuer doivent être consacrées à cette préparation. Je ne crois pas d'ailleurs que le mot de vacances soit approprié.

mardi 8 mai 2007

8 mai 1945

Il y a 62 ans, la seconde guerre mondiale s'achevait par l'armistice signé le 8 mai 1945. Avec cette terrible guerre qui avait endeuillé près de 60 millions de familles dans le monde dont 6 millions de juifs, un cycle de la terreur s'achevait. La France et l'Allemagne qui se retrouvaient régulièrement face à face, leurs armes pointées pour se détruire allaient devenir les meilleurs alliés du monde, capables de s'entendre sur les dossiers les plus difficiles, capables aussi de créer des liens forts allant jusqu'à la fraternité.

Il y a quelques années, j'avais accueilli à mon cabinet une jeune stagiaire Allemande qui étudiait les sciences politiques. A l'occasion d'une cérémonie du 8 mai, je lui avais proposé de m'accompagner au monument aux morts de Nice. Je me souviens de son regard devant les centaines de noms gravés sur la pierre blanche qui rappelaient les victimes de guerres dont son pays avait été tenu pour responsable. Je sentais de la gêne dans ses yeux alors qu'elle même n'avait rien à voir avec ce passé cruel. Mais je me disais que les événements ultérieurs avaient bien fait les choses puisque désormais la paix s'était durablement installée et avait permis en outre à l'amitié de se développer entre nos peuples.

Tout ceci grâce à la volonté de quelques hommes, des visionnaires, qui avaient imaginé la construction Européenne. Un rêve pour les uns, une chimère pour d'autres, une réalité aujourd'hui dont nous devons assurer l'avenir. Ce sera d'ailleurs l'un des chantiers urgents du futur Président de la République car l'Europe n'est pas un sujet mineur, c'est même la plus belle aventure humaine qui fut lancée au XXème siècle. Il convient pour nous de ne pas nous arrêter en chemin car un tel projet doit être mené à son terme si on ne veut pas revenir en arrière. C'est à l'Europe que je penserai aujourd'hui quand je déposerai ma gerbe de fleurs devant le monument aux morts.

lundi 7 mai 2007

Sarkozy Président!

Comme une majorité de Français, je me réjouis de l'élection de Nicolas SARKOZY à la Présidence de la République. La victoire est nette car non seulement son résultat est sans appel mais aussi et surtout parce que les Français ont massivement voté donnant de la démocratie Française une magnifique image. Nous gardions à l'esprit les dernières élections de 2002 qui avaient placé LE PEN au second tour. Ce résultat avait été un choc pour beaucoup d'entre nous et avait stupéfait les pays étrangers qui s'interrogeaient sur la solidité de la démocratie Française. Le résultat du 6 mai 2007 vient rendre à notre pays ses lettres de noblesse démocratique et le peuple des électeurs doit en être félicité.

Désormais je me retrouve dans la nouvelle majorité Présidentielle et j'attends avec impatience le moment où nous allons pouvoir commencer à participer à cet effort de redressement nécessaire à notre pays. Nous devrons le faire avec un esprit libre, en sachant nous remettre en question de façon à pouvoir répondre à la très grande attente de nos concitoyens. Car les problèmes qui attendent le nouveau Président et sa majorité sont très importants: la dette publique, les déficits, l'avenir des retraites, les banlieues, l'exclusion, l'école, la formation de nos jeunes, l'emploi, la protection de la planète, etc. Nicolas SARKOZY a raison de vouloir s'entourer d'une majorité large et composée de femmes et d'hommes venant d'horizons politiques différents unis par la volonté de faire les réformes qui s'imposent.

Cette campagne est terminée. Une autre s'ouvre, celle des législatives. Comme nous l'avons dit pendant toute la campagne, aussi bien celle du premier tour que celle du second, il faudra donner au nouveau Président une majorité lui permettant de mettre en oeuvre sa politique. Je suis convaincu que dans un mois les Français sauront confirmer leur choix du 6 mai.

dimanche 6 mai 2007

Faisons triompher la démocratie

En ce 6 mai 2007, les Françaises et les Français vont élire leur Président pour les cinq prochaines années. Il n’est pas question pour moi de vous donner des consignes de vote puisque la campagne électorale est terminée et que les bulletins vont tomber dans les urnes toute la journée. En revanche je veux vous inciter vivement à voter et à le faire massivement.

En effet, le 22 avril dernier, suivant les votes des uns et des autres, il y a eu des joies mais aussi des déceptions. Mais il y a eu une satisfaction générale devant l’affluence de nos concitoyens dans les bureaux de vote. Avec 85% de taux de participation, des records ont été atteints sous la Vème République. Rappelez-vous les scrutins précédents où l’on constatait que les Français boudaient les urnes. Les commentaires allaient bon train : « les Français n’aimaient plus la politique », disait-on alors. Je n’ai jamais été d’accord avec cette formule car je considérais que les Français aimaient la politique mais qu’ils avaient l’impression que la politique ne les aimait plus. L’enseignement de 2007 aura été cette réconciliation entre les Français et la politique. C’est là une excellente nouvelle pour la démocratie dont nous ne pouvons que nous réjouir.

Cet effet « 1er tour », nous allons avoir l’occasion de le confirmer ce dimanche en allant, une fois de plus, voter massivement. Ce sera notre façon à nous, citoyens de ce pays, de dire à nos dirigeants de demain qu’ils auront la légitimité nécessaire pour pouvoir gouverner. Car, ne nous y trompons pas, l’avenir s’annonce difficile. Il faudra faire face aux enjeux qui seront devant nous. Un pouvoir mal élu serait un pouvoir faible et donc empêcherait de réaliser les grandes réformes dont la France a besoin. Ce sera aussi notre façon à nous, citoyens de ce pays, de dire hors de nos frontières, que nos représentants légitimés par le suffrage universel, auront la capacité de tenir bon dans les négociations internationales et de représenter la France.

C’est pourquoi je vous recommande d’aller voter massivement et de donner à la démocratie le triomphe qu’elle mérite.

samedi 5 mai 2007

Veillée d'armes

Ce samedi, la campagne présidentielle est officiellement terminée. Cela n'empêchera pas les militants de continuer à vous aborder, à tenter de vous convaincre. Accueillez-les avec courtoisie parce que leur travail est difficile mais tellement nécessaire. Pour ce qui concerne les électeurs, ils vont pouvoir souffler un peu. Il faut dire que chacun commence à se sentir saturé par l'abondance des informations qui arrivent de toute part, à jet continu. Il est temps que cette longue campagne s'achève pour qu'une nouvelle se déroule, beaucoup plus courte, celle des élections législatives.

Mais l'heure n'est pas à évoquer ce sujet qui viendra en son temps. L'heure est donc à l'utilme réflexion avant le vote de demain qui engagera notre pays pendant les cinq prochaines années. Alors je vous souhaite de faire le "bon choix pour la France" comme disait un ancien Président de la République avec son accent Auvergnat. Et vous invite à nous retrouver demain et dans les jours qui suivent afin d'échanger sur les questions de l'actualité.

vendredi 4 mai 2007

Fin de campagne

Ce vendredi 4 mai est le dernier jour de la campagne Présidentielle. Dans 48 heures, les jeux seront faits et la France aura, pour cinq ans, un nouveau Président de la République. En cet instant je pense aux longs mois que l'on vient de vivre avec toutes les équipes de bénévoles qui ont travaillé sans compter. Je me souviens de la première réunion publique de François Bayrou à Lille le 14 décembre. La salle contenait 2.000 places...on n'était pas surs de la remplir. Et puis ce fut l'affluence, il fallut refuser du monde. Dès lors, la campagne s'envola. Les salles furent de plus en plus grandes jusqu'à Bercy où près de 20.000 personnes se pressaient pour entrer. Je pense à ces petits déjeuners du mercredi matin avec les Parlementaires autour de François Bayrou où nous faisions le point sur la campagne, donnions notre point de vue, échangions nos impressions. Je pense aux réunions hebdomadaires de la "cellule terrain" qui avait pour mission d'animer la campagne au plus près de la population. Je pense à ces millers de mails échangés, à ces milliers d'affiches collées, à ces millions de tracts distribués. Je pense aussi à ces "bains de foules" avec ces visages souriants qui regardaient le candidat avec espoir et enthousiasme. Et puis je pense au premier tour, à ce formidable score mais aussi à l'impossibilité de poursuivre jusqu'au second tour.

Alors il fallut en tirer les conséquences et poursuivre le combat pour le second tour. Car jusque là, le destin de la France n'est pas encore joué. Et comme je ne suis pas un spectateur de la politique de mon pays mais un acteur, j'ai décidé de soutenir Nicolas Sarkozy pour permettre à la France d'être gouvernée car je n'ai, en effet, aucune confiance dans Ségolène Royal et ses amis. Dès lors je suis à nouveau en campagne, pas de la même façon car je ne suis pas dans le dispositif de campagne comme je l'étais avec François Bayrou mais je suis un élu, un citoyen engagé pour faire gagner mon pays. Présent au dernier meeting de campagne de Nicolas Sarkozy à Montpellier, j'y retrouve les mêmes salles pleines de visages enthousiastes, les militants qui ont fait des heures de cars pour arriver dans le hall des expos sous une pluie battante. Et je suppose que les mêmes impressions se sont retrouvées autour de tous les candidats avec plus ou moins de force selon l'ampleur des phénomènes qu'ils auront suscité.

Les Français ont fait de cette campagne une belle et grande fête Républicaine. Dimanche soir la France aura un Président. Les Français auront, quant à eux, donné une belle démonstration de démocratie.

jeudi 3 mai 2007

Duel final: avantage Sarkozy

Le grand débat qui précède le second tour de l'élection présidentielle a eu lieu. Nous en avions été privés en 2002 à cause de la présence de Le Pen au second tour. Le dernier débat de ce type remontait donc à 12 ans en arrière. Depuis 1995, le décor a changé. La présentation ressemblait hier soir enfin à une émission de télévision de notre temps et non à un échange télévisé du temps de l'ORTF. Par ailleurs je trouve que le débat fut intéressant et de qualité. Pas ou presque pas d'invective, mise en présence des deux candidats sur des sujets importants qui concernent la vie quotidienne des Français. Ce débat a donc été utile à la compréhension des programmes respectifs des candidats.

J'ai été heureux de retrouver nombre de propositions qui avaient été intégrées dans le programme de François Bayrou comme l'Etat Impartial et donc la nomination des responsables des organes de contrôle sous la responsabilité du Parlement qui devrait l'approuver avec une majorité qualifiée. D'autre part la lutte contre la dette publique qui fut la priorité de l'UDF pendant toute la campagne ou encore la défense des retraites ont également été au coeur du débat.

Mais sur l'ensemble de ces grands sujets je dois dire que Nicolas Sarkozy a une vision beaucoup plus précise sur les solutions à apporter que Ségolène Royal. En effet, il ne suffit pas de lancer quelques propositions généreuses si on ne dit pas comment on les finance. Et sur la dette publique et les retraites qui sont des sujets majeurs, Madame Royal est restée très imprécise, floue, approximative, bref ne donnant aucune assurance que ces questions seraient abordées et réglées. Je remarque que ce débat s'est déroulé essentiellement sur les questions économiques ce qui veut dire qu'aujourd'hui ces problèmes sont majeurs et conditionnent tout le reste. C'est la raison pour laquelle j'ai apporté mon soutien à Nicolas Sarkozy au second tour car son programme est réaliste alors que celui de Madame Royal reste dans quelques vagues généralités. Ce débat aura donc été utile pour mettre à jour deux orientations entre celui qui fait appel au pragmatisme et au réalisme et celle qui fait de l'angélisme mais qui ne se donne pas les moyens de réaliser ses projets si ce n'est en faisant appel à d'avantage d'impôts alors que les Français ne peuvent plus payer. Cette émission m'a donc renforcé dans l'idée que Nicolas Sarkozy est aujourd'hui le plus qualifié pour affronter les défis de la France. C'est pourquoi je me sens renforcé dans mon choix du second tour sans me renier, en toute liberté, mais aussi en conscience et en assumant pleinement mes responsabilités.

mercredi 2 mai 2007

Second tour: Le Pen s'abstient

C'est là une bonne nouvelle. En effet, les frontières entre l'extrême droite et la droite Républicaine sont nécessaires pour que la démocratie puisse fonctionner hors toute ambiguité. On peut en effet souhaiter plus de sécurité, lutter contre l'immigration clandestine, aimer la France et le faire savoir tout en combattant le Front National. Car enfin, doit-on rappeler que le mouvement de Jean Marie Le Pen a pris de l'importance sous la Présidence de François Mitterrand. En effet, le Président Socialiste qui était un "vieux renard", savait très bien que la présence d'un FN fort viendrait troubler le jeu politique de notre pays jusqu'à empêcher la droite Républicaine de revenir au pouvoir. Dans nos régions méridionales, nous en avons souffert plus que dans n'importe quelle autre région de France. Chacun se souvient des scores obtenus à Nice par exemple. En 1993, alors que je me battais contre Le Pen dans ma circonscription, le Président du FN obtenait 27% au premier tour. Aux Présidentielles en 2002 il était même arrivé en tête de tous les candidats, c'est à dire devant Chirac et Jospin.

François Mitterrand et la gauche ont bien profité de ce phénomène en s'appuyant sur des triangulaires avec le Front National pour faire élire des Députés. Ils ne proposaient pas alors de retrait réciproque pour éviter le risque de voir un candidat du Front élu. Il y eut ainsi une certaine complicité tacite entre la gauche et l'extrême droite dont je me souviens parfaitement. De même que je me souviens des déclarations récentes, il y a environ deux mois, de François Hollande à la télévision. Alors que les journalistes lui demandaient ce qu'il pensait de la position de François Bayrou en troisième position dans les sondages, il réagissait vivement en disant que le troisième homme ne pouvait être que Jean Marie Le Pen comme si cette information le rassurait. Je n'oublierai pas cette déclaration qui résume l'état d'esprit de François Hollande bien plus que les déclarations d'aujourd'hui en forme de "sauve qui peut' qui trouvent toutes les qualités à François Bayrou.

C'est pourquoi je suis satisfait des déclarations claires de Jean Marie Le Pen qui appellent à l'abstention pour le second tour car au moins personne ne pourra se prévaloir de quelque collusion que ce soit entre l'extrême droite et la droite Républicaine. Nicolas Sarkozy et ceux qui votent pour lui se félicitent de cette clarté.

mardi 1 mai 2007

Après les promesses, il faudra passer aux actes

Dès le 7 mai au matin, il faudra tourner la page de l'élection présidentielle et s'atteler à résoudre les problèmes qui pèsent sur la France. Le temps des promesses électorales sera terminé, celui des réalisations commencera. Je discutais hier avec un responsable de l'Education Nationale qui me disait que les problèmes relatifs à l'école étaient très importants et qu'il faudrait agir vite. Il insistait sur le fait que les différents candidats avaient beaucoup insisté sur ce sujet et aussi beaucoup promis.

François Bayrou en avait une de ses priorités. Et pour cause, les problèmes des banlieues, les problèmes de l'intégration, les problèmes de la déchirure sociale qui existent dans notre pays ne peuvent trouver de solutions durables que dans l'excellence de la formation des élèves sur l'ensemble du territoire. Il ne doit plus y avoir les écoles des beaux quartiers et celles des quartiers défavorisés. Il doit y avoir tout simplement l'école de la République qui donne les mêmes chances à l'ensemble des enfants, quelles que soient leurs origines sociales.

Mais pour réussir ce pari ambitieux, il faut pouvoir assainir la situation financière de la France. Un pays qui affiche 1.200 milliards d'Euros de dette et dont la totalité des recettes de l'impôt sur le revenu sert à rembourser les seuls intérêts de cette dette, ne peut plus faire face à ses obligations. C'est un discours que nous avons martelé lors de la campagne de François Bayrou et qui doit être au coeur des préoccupations de nos futurs dirigeants. C'est bien pourquoi je soutiens Nicolas Sarkozy au second tour parce que son programme économique est infiniment plus proche de celui de François Bayrou et donc infiniment plus réaliste que celui de Madame Royal. Et c'est justement du redressement des finances publiques que notre pays pourra se relever et remplir ses missions. L'enjeu est considérable. C'est pourquoi la décision que les citoyens prendront le 6 mai prochain est si importante pour l'avenir de la France.