mercredi 25 avril 2007
Il y a 92 ans, le génocide Arménien
Hier, comme chaque 24 avril, je participe à la commémoration du génocide Arménien. Il y a deux ans, j’accompagnais François Bayrou à Erevan, capitale de l’Arménie pour cette commémoration. Nous nous étions rendus devant le mémorial de granit gris pour rappeler la mémoire des 1,5 million d’enfants, de femmes et d’hommes qui avaient été exterminés parce qu’ils étaient nés Arméniens. Ce monument en forme de cratère au centre duquel brule une flamme éternelle, fut envahi durant deux jours par une foule silencieuse, émue et recueillie. Nous étions parmi ces familles qui, chaque année, rendent hommage à leurs anciens si tragiquement éliminés. Chacun des participants venait une fleur à la main pour la déposer au bord de ce monument. Le 24 avril au soir, il y avait une hauteur de fleurs de plus de trois mètres, comme pour fleurir les tombes que ces martyrs n’ont jamais eus.
Hier je n’étais pas à Erevan, mais à Nice, sur la Promenade des Anglais. L’air était doux, la mer et le ciel se confondaient dans un bleu tendre. Nous avons marché sur plus d’un kilomètre nous séparant du Monument aux Morts de pierre blanche pour déposer à notre tour les gerbes de la France officielle. Mais notre présence n’était pas qu’officielle, elle était amicale et fraternelle à l’égard d’un peuple qui a beaucoup souffert et qui a toujours fait face à ses difficultés avec dignité. Devant nous de jeunes enfants représentant à la fois la France de demain mais aussi l’Arménie de toujours, portaient fièrement les drapeaux Français et Arméniens comme pour montrer la proximité de ces deux pays amis. En cette année de l’Arménie en France, j’étais heureux de voir ces liens se concrétiser par une telle solidarité jusque dans l’histoire. En cet instant, je pensais à la discussion puis au vote de la loi reconnaissant le génocide Arménien en 2001, première loi votée par l’Assemblée Nationale au XXIème siècle. Ce fut l’un des plus beaux et des plus émouvants débats auquel j’ai assisté au Parlement. Pour une fois, il n’y avait pas d’opposition idéologique mais un consensus pour reconnaitre les souffrances subies par tout un peuple. A la fin de notre vote, le public venu nombreux dans les tribunes avait applaudi, ce qui ne se fait jamais. Mais cette reconnaissance historique méritait bien une petite entorse dans le règlement.
D’autres combats doivent être menés pour défendre la cause Arménienne. Nous avons voté un texte à l’Assemblée pour lutter contre le négationnisme. Il n’a pas encore été examiné par le Sénat. Je souhaite que la prochaine législature permette de parachever ce travail de mémoire auquel, avec le peuple Arménien, je suis très attaché.
Ce billet, écrit à 00:46 par Rudy Salles dans la catégorie Politique a suscité :