Rudy SALLES

Député des Alpes Maritimes,
Conseiller Régional de Provence Alpes Côte d'Azur

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lundi 16 avril 2007

J-6: Royal fait grandir le doute socialiste

La campagne de Ségolène Royal aura connu plusieurs phases. Il y eut le premier tour de piste d'une candidate se voulant moderne, nouvelle, proposant des idées plus à droite que la moyenne de ses concurrents. Elle voulait pouvoir se présenter comme la seule "tombeuse" possible de Nicolas Sarkozy. Ceci préfigurait les primaires au sein du PS. Cette originalité emporta la décision des militants qui se mettaient à rêver d'une politique nouvelle et d'un PS en mutation. Ils préféraient donc Madame Royal à DSK et Fabius.

Une fois investie, la candidate a commencé à s'exprimer. Et là les militants mais aussi les observateurs de la vie politique comme les journalistes furent stupéfaits de la légèreté de l'analyse et des propositions de la candidate du PS. De la "bravitude" ressentie sur la grande muraille de Chine à l'admiration pour l'efficacité de la justice Chinoise en passant par les couacs du Proche Orient ou encore ses déclarations sur l'indépendance du Québec, certains se sont demandés s'il n'y avait pas eu une erreur de "casting". D'ailleurs les sondages ont immédiatement réagi à la baisse. Branle bas de combat au PS où l'on appelle en renfort les "éléphants". Ceux-ci viennent donc poser pour la photo de famille et le parti essaie de recadrer le discours. Mais les contradictions apparaissent et la campagne patine. Alors les "éléphants" se cachent à nouveau: où sont passés les Fabius, Jospin, Lang, etc?

Madame Royal décide à nouveau de faire "cavalier seul" dans sa Ségosphère. Mais la campagne patine toujours et le doute s'est installé dans la tête des socialistes qui considèrent désormais qu'elle n'a plus aucune chance d'être élue. C'est pourquoi de plus en plus de socialistes qui veulent se donner toutes les chances d'éliminer Nicolas Sarkozy s'apprêtent à voter utile dès le premier tour c'est à dire à voter Bayrou. Désormais la question est clairement exprimée par des voix fortes du Parti Socialiste que l'on ne peut pas qualifier d'opportunistes. Rocard comme Kouchner estiment que le moment est venu de mettre fin à une gauche archaïque otage de ses extrêmes et qui entretient une guerre de tranchée avec une droite dure. Ils estiment, que le regroupement des sociaux démocrates et des démocrates sociaux est non seulement possible mais qu'il faut le faire maintenant. Et pour le faire il est indispensable qu'un représentant de cette mouvance soit élu à la Présidence de la République. Le vote François Bayrou au premier tour est justement l'expression de ce changement profond de la politique Française à laquelle tant de Français aspirent.