lundi 30 avril 2007
Passion n'est pas raison
Je comprends que certains s'indignent de me voir prendre position pour Nicolas Sarkozy comme d'autres m'en félicitent. J'aurais préféré voter pour François Bayrou au second tour comme l'ensemble des 7 millions d'électeurs qui avaient apporté leurs suffrages à notre candidat. Mais le résultat final en a décidé autrement. Alors, compte tenu du programme économique de Nicolas Sarkozy, beaucoup plus proche du programme UDF que celui de Ségolène Royal, compte tenu également que je me sens plus de proximité pour le centre droit que pour la gauche et compte tenu enfin que je ne pense pas que Madame Royal ait l'envergure de diriger la France, j'assume pleinement mon choix.
Après la passion des premiers jours qui ont suivi le premier tour et l'émotion que chacun a pu ressentir dans son camp respectif, il convient de garder la tête froide et de se positionner pour l'avenir. François Bayrou a très bien résumé ce sentiment dans sa conclusion lors du débat avec Ségolène Royal: il a rappelé que Madame Royal ou Monsieur Sarkozy n'étaient pas ses ennemis. Il a souligné que les uns et les autres, étant de la même génération et incarnant des mouvements politiques majeurs, devraient dans l'avenir assumer leurs responsabilités pour le bien du pays. Après quelques invectives de part et d'autre, on sent une volonté d'apaisement qui me semble salutaire. Nicolas Sarkozy a même affirmé hier que François Bayrou est son ami avec qui il pourrait très bien travailler. Alors je ne participerai pas à une guerre de tranchée dont nos concitoyens ne veulent à aucun prix. François Bayrou a affirmé pendant toute sa campagne qu'il voulait rassembler et non diviser. Ce rassemblement se construira dans l'avenir grâce à des hommes et des femmes de bonne volonté qui oeuvreront dans ce sens. C'est dans cet esprit que je voterai pour Nicolas Sarkozy sans renier ce que je suis, sans renier la campagne de François Bayrou que j'ai menée avec ardeur et enthousiasme, sans renier le chemin qu'il a tracé. Ceux qui voudraient voir des manoeuvres dans ma démarche en seront pour leurs frais. La politique ne se fait pas pour soi, elle se fait pour servir des valeurs, un idéal. Et sur ce plan je n'ai jamais varié. Je suis au centre droit. Je peux comprendre que des gens de gauche ne partagent pas cette position mais il est indamissible qu'ils me refusent le droit de l'assumer. Pour ma part, je fais preuve de compréhension et de tolérance à l'égard de ceux qui ne pensent pas comme moi. C'est ma conception de la démocratie. Je serai heureux que chacun se respecte pour mieux accepter l'autre avec ses différences. Et qu'au final on juge les élus sur leurs actions, sur leur bilan, sur leur capacité d'écoute, sur leur volonté de ne pas trahir la confiance du peuple.
Ce billet, écrit à 01:17 par Rudy Salles dans la catégorie Politique a suscité :





