samedi 31 mars 2007
Les promesses revues à la baisse
Il fallait bien aguicher les électeurs en leur promettant de leur donner davantage tout en baissant les impôts. C’est exactement ce qu’a fait Nicolas Sarkozy qui distribue des promesses à longueur de journées mais qui dans le même temps proposait la baisse de la fiscalité. Dès le début de la campagne électorale, François Bayrou qui dénonce ce genre de discours et qui rappelle la lourdeur de la dette évaluée à 1.200 milliards d’euros, recevait des sourires moqueurs de la part de ces bonimenteurs. Et pourtant, nous faisions valoir qu’il y a cinq ans Jacques Chirac avait formulé les mêmes promesses mirobolantes qui ne furent tout simplement pas tenues. Elles ont été remisées au magasin déjà fort rempli des propositions démagogiques auxquelles les deux partis jumeaux UMPS sont abonnés.
Mais devant la pression des faits et des démonstrations en tous genres qui apportent la preuve de ce que ces promesses sont irréalisables, Nicolas Sarkozy vient de retirer ces belles promesses. Ainsi la baisse des impôts a-t-elle vécu ! Pierre Méhaignerie qui avait tiré la sonnette d’alarme le premier sur cette incongruité avait il y a quelques mois été invité à se taire et à ne plus apparaitre dans la campagne, étant qualifié d’oiseau de mauvaise augure. Décidément toute vérité ne semble pas toujours bonne à dire…
C’est curieux comme le candidat de la droite comme la candidate de la gauche ont des problèmes avec le réalisme politico économique qui pourtant devrait être une ligne de conduite commune aux candidats sérieux. Rappelez-vous il y a quelques semaines de la démission d’Eric Besson chargé de chiffrer le projet de Madame Royal. Il a même décidé de quitter la politique étant tellement écœuré par les procédés mensongers utilisés par la candidate et par son entourage. Ceci est décidemment révélateur de la bonne dose de démagogie qui continue d’habiter les programmes et les méthodes de l’UMPS. Je crois que nos concitoyens ont compris qu’il s’agit de manœuvres électorales et de rien d’autre.
Et de ce fait les électeurs sont de plus en plus réticents aux promesses électorales qui ont la durée de vie de ce que dure une campagne. Après, une fois l’élection terminée, ils sont blasés de voir qu’il n’y a aucun lien entre les beaux discours et les actes. C’est pourquoi la sincérité de François Bayrou fait la différence. Il est non seulement urgent de changer les équipes qui nous dirigent mais aussi les méthodes et de remettre de la vérité dans les relations entre ceux qui gouvernent et ceux qui sont gouvernés. C’est ce que j’appelle remettre de l’éthique dans la politique.
Ce billet, écrit à 06:07 par Rudy Salles dans la catégorie Politique a suscité :