Ne dites pas à ma mère que je vote Bayrou, elle me croit militant au Parti Socialiste
Par Rudy Salles, lundi 26 mars 2007 à 06:33 :: Politique :: #356 :: rss
Je comprends de plus en plus les socialistes qui décident de voter Françaois Bayrou. Il ne s'agit pas pour eux de se renier ou de trahir leur camp. C'est même le contraire. Il s'agit de s'engager dans un vote de respect par rapport à l'idéal qui est le leur. En effet, nombre de socialistes ont milité à gauche pour défendre des valeurs de justice sociale et de protection des plus faibles. Ce sont là des notions qu'un humaniste ne peut renier. C'est parfois sur la façon d'y parvenir qu'il peut y avoir divergence entre ceux qui pensent qu'il faut tout faire remonter à l'Etat et nationaliser l'économie et ceux qui considèrent qu'il faut permettre à l'économie de marché de se développer et distribuer ensuite les richesses ainsi produites. Mais le temps a passé et, à l'épreuve du pouvoir, on ne peut pas dire que la façon de gouverner de la gauche et de la droite aient été à ce point différentes. La gauche est de moins en moins étatiste et la droite de moins en moins libérale. C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles les lignes politiques sont en train de bouger et que la plupart des citoyens se perdent dans les méandres des discours d'un l'un et l'autre camp.
C'est particulièrement vrai du coté de Ségolène Royal qu'on sent à la recherche de nouveaux slogans pour animer sa campagne à cours d'idées. On l'attend sur les thèmes sociaux, la voilà sur les thèmes de l'identité nationale. Il n'y pas honte à cela sauf que je considère pour ma part qu'il est inadmissible d'enfourcher ces sujets pour en faire des thèmes de campagne. La voilà soudain en train de faire chanter la Marseillaise à ses militants et de proposer la multiplication des drapeaux tricolores comme on multiplierait les petits pains. Et on pourrait hélas continuer de citer d'autre exemples du même type. Où est l'idéal socialiste dans ces postures?
C'est en réalité de synthèse dont les Français ont besoin. Puisque les différences entre les uns et les autres ont à ce point disparu, peut-on encore faire confiance dans ceux qui souhaitent entretenir cette opposition artificielle ou se complaire dans des postures de circonstances? Pour beaucoup de français, la réponse est non. Ils sont de plus en plus nombreux à considérer qu'il faut dépasser ces clivages artificiels qui n'ont d'autre justification que de maintenir des parti politiques qui entendent continuer à fonctionner comme avant.
Alors c'est vrai que des socialistes ou des UMP se sont posés depuis plusieurs mois la question de savoir si l'avenir s'incarnait dans leurs leaders naturels ou bien si le moment n'était pas venu de tracer une nouvelle voie. Et cette démarche n'est pas honteuse, elle est sincère, elle est le fruit d'une réflexion de la part de femmes et d'hommes qui ont la conviction que le moment est venu de relever les manches pour faire gagner la France. Et là chacun sait bien qu'il ne sert à rien d'opposer une partie des Français contre l'autre. En soutenant François Bayrou c'est manifester cette volonté de rassemblement. C'est une nouvelle façon de faire de la politique qui mérite franchement d'être essayée.
Commentaires
1. Le lundi 26 mars 2007 à 10:06, par impressions de campagne
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